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Biographie > Biffy (the vampire slayer)

Biffy Clyro c'est ce groupe de power-pop alternative dont tout le monde ou presque a parlé en 2007 dans les milieux autorisés... jusqu'à proclamer Puzzle, son 4ème effort studio : "album de l'année" (dixit le magazine Kerrang!, véritable institution outre-Manche). Mais avant ça, il y a eu trois autres albums pour ce trio écossais composé de Simon Neil (chant, guitare) et des jumeaux James (basse) & Ben (batterie) Johnston. Fondé en 1998, Biffy Clyro n'a depuis cessé de connaître un succès grandissant dans son Ecosse natale avant de s'essayer à aiguiser ses griffes dans toutes les salles de concert du Royaume-Uni et de sortir pas moins de trois albums en trois ans. (Blackened sky, The vertigo of bliss et Infinity land entre 2002 et 2004. À la sortie de son troisième opus et d'une longue tournée, Biffy Clyro décide de reprendre son souffle et de s'accorder le temps d'un repos mérité avant de s'atteler à l'écriture de son 4ème album. Bien leur en a pris, puisque Puzzle, sorti courant 2007 via Beggars Banquet connaîtra un succès retentissant chez nos amis anglo-saxons avant de progressivement s'affranchir des frontières géographiques.

Review Concert : Biffy Clyro, Biffy fait parler la poudre @ Belfort (oct. 2010)

Biffy Clyro / Chronique LP > Opposites

Biffy Clyro - Opposites Si Only revolutions, leur précédent album, avait déjà enfoncé le clou dans une direction que les Ecossais semblaient assumer et maîtriser (à savoir un rock très calibré, très bien composé, alliant puissance rageuse et mélodies à fleur de peau le tout teinté de quelques réminiscences barrées de leur débuts), Opposites l'enfonce encore plus loin, au risque de détruire la planche (ou le mur selon le support dans lequel vous aimez planter des clous).
Déjà, il s'agit d'un double album. Quel est l'intérêt aujourd'hui, à l'heure du numérique, de sortir une production aussi longue ? De plus, l'exercice est tellement dangereux qu'il faut vraiment avoir des tubes en stock où un concept bien rôdé pour réussir ce pari. On écarte l'appât du gain (ce double album n'étant pas vendu plus cher qu'un album simple) et on entame l'écoute de ces 20 titres en espérant que le trio a dû être sacrément inspiré.

Techniquement ici, pas de surprise : la production est très léchée (et tient difficilement le pari de la longueur) et l'exécution parfaite. Pour les compositions, on retrouve ce qui fait de Biffy Clyro un bon groupe : des bonnes mélodies, des passages puissants et... de moins en moins de folie, avouons-le, au profit de l'efficacité immédiate (certains diront facilité). Le groupe tape autant dans le grandiloquent, dans la musique de stade, dans l'ultra fédérateur avec des arrangements discutables (les cornemuses de "Stingin' belle", les claviers de "Biblical", les cuivres de "Spanish radio"...) que dans des chansons plus pop et plus ou moins inspirées avec une qualité très inégale au niveau des textes. Par contre, à n'en pas douter, certains morceaux s'annoncent dévastateurs en live. Au final, on passe de bons moments, parfois un peu coupables mais ne boudons pas le plaisir de voir Biffy Clyro sortir un album qui est en passe de le faire exploser sur la scène internationale, si on met de côté les failles de cet album. D'une part sa longueur : le deuxième album étant moins intéressant que le premier, un condensé d'une douzaine de titres aurait largement suffit. D'autre part, le choix des arrangements, de la production voire du style choisi ne manquera pas de susciter l'incompréhension des uns comme l'approbation des autres.

En clair, Opposites semble finalement un nom d'album pas si mal choisi.

Biffy Clyro / Chronique DVD > Revolutions / Live at Wembley

Biffy Clyro - Revolutions / Live at Wembley Biffy Clyro est un des groupes les plus populaires d'Outre-Manche, c'est un fait. Le trio a su fédérer bon nombre de fans au prix de beaucoup de sueur et et nombreuses tournées depuis... 1995 ! La reconnaissance est venue donc sur le tard et on est loin de la mention "groupe du moment". Leur dernier album qui a mitigé bon nombre des fans de la première heure a été un franc succès. Il a permis au trio écossais d'asseoir considérablement sa popularité en devenant tête d'affiche de pas mal de festivals anglais (dont l'énorme T in the Park le plus gros festival d'Ecosse) et de prestigieuses salles comme le Wembley Arena dont il est question ici. Et ce DVD va faire surgir une nouvelle interrogation. Un concert filmé peut-il être bon avec une réalisation plus que discutable ?

Ce DVD est le concert d'une heure trente enregistré en juin 2010 devant quelques 12 500 personnes. Au programme, 19 titres qui ne retracent principalement que les deux derniers albums et un peu de leur débuts. Rien d'original a priori. On lance la lecture (un peu fébrile quand on connait l'efficacité du groupe en concert) et là deux choses sautent aux yeux et aux oreilles. Commençons par les yeux car c'est là où le bât blesse. C'est trop produit. La photographie est superbe et les détails précis mais c'est bourré de ralentis inutiles qui cassent le rythme. Alors, des fois ça marche et ça rend le concert épique (surtout sur le final de "Mountains") mais la plupart du temps ça en devient (très) agaçant. Pendant une heure trente, on fatigue et pas qu'un peu. On pourra dire qu'il y a là une tentative de changer la formule classique du concert en vidéo mais justement, pour moi la formule classique marche très et je n'ai pas envie de me bouffer des ralentis façon MTV pendant tout le long du show. Pour un clip c'est très bien mais pas pour un concert. On notera quelques tentatives de mise en scène qui, bien que préparées, étaient dispensables (sauf le final de "Mountains" encore une fois). Bien tenté mais raté.

Venons en aux oreilles, le son est d'une incroyable propreté, le tout a été remixé au poil de fesses près. Presque trop à mon goût, surtout quand on connait le côté rugueux du trio. Alors qu'on devine la puissance que devait dégager le groupe à Wembley, on est surpris de voir qu'une production un peu plus douceâtre a été appliquée en post-production. Où est passé la folie et la hargne qu'on peut voir sur chacune des vidéos live du groupe sur Youtube (et sans chercher plus loin qu'en tapant "Biffy Clyro" live en mots clés) ? Elle est là bien présente mais trop cachée. Alors soyons honnêtes, sur presque tous les morceaux ça le fait. Et haut la main. Le groupe a-t-il été conscient du décalage ? On peut se le demander. En effet, en bonus se trouve pour moi le meilleur de BC à savoir quelques chansons de leur concert au T in the Park mentionné plus haut. Et là on retrouve l'énergie qu'on aime, le chant poussé avec un côté plus simple dans la mise en scène. Il y a bien sûr quelques interviews entre les chansons qui plairont à ceux que ça intéresse et que les autres éviteront avec soin. Donc vingt minutes de live avec une réalisation classique mais efficace.

Un CD audio est fourni avec le DVD. Il s'agit ni plus ni moins de l'enregistrement audio du concert à Wembley. Au début, on se dit qu'il n'y a pas le même son que sur le concert en vidéo.. Après vérification, on constate qu'il s'agit bien de la même chose que sur le DVD. C'est alors affligé qu'on repense alors au concert qu'on a vu plus tôt et qu'on se dit que la réalisation bien qu'audacieuse n'a pas rendu honneur à la musique de Biffy Clyro. Une déduction s'impose alors : comme en cuisine, la vue joue un rôle important pour apprécier un concert et au final ce DVD montre une chose : une production visuelle peut gâcher le plaisir. Le cd en montre une autre : Biffy Clyro est un groupe incroyable en concert. Le rendez-vous est pris à Rock en Seine 2011 avec leur potes Foo Fighters pour qui ils ouvrent désormais les concerts aux Etats-Unis.

Biffy Clyro / Chronique LP > Puzzle


biffy_clyro_puzzle.jpg Sensation de l'année au Royaume-Uni, voici donc ce fameux quatrième album signé Biffy Clyro, consacré "meilleur disque 2007" par le magazine Kerrang!, véritable institution outre-Manche... qui semble pour le coup être en manque de sensations fortes. Car une fois passée une intro baroque plus que poussive au départ, puis finalement particulièrement agaçante, Biffy Clyro enclenche le démarreur et envoie dans le tuyaux son "Living is a problem because everything dies" aux accents très "Foo Fighters". Solide, efficace, c'est sympa et bien troussé, même si l'intro entâche un peu le résultat. Place ensuite au single, modèle de tube sensé exploser les charts et les radio avec son cocktail power-pop aux allures de The Knack en mode "new generation".
Une rythmique éléctrisante, des guitares clinquantes et une mélodie fédératrice, encore une fois, c'est bien fait mais ça n'a rien de véritablement transcendant. Pas plus que ne le sera "Who's got a match ?" autre single conçu sur un gimmick rythmique éculé mais plutôt bien utilisé. La première vrai réussite de ce Puzzle arrive avec "As just dances 2/15ths". Un titre très pop, doux et calme qui parvient sans mal à s'affranchir de l'ombre un peu trop imposante d'un Coldplay ou d'un Editors pour faire parler un songwriting savamment ciselé. Retour aux guitares acérées sur "Whole child ago" ou "Now I'm everyone", deux titres tristement quelconque que vient doper "The conversation...". Grosse prod chargée en effets, cocktail power-pop/rock détonnant qui, comme sur "Living is a problem because everything dies", évoque la musique de Dave Grohl et sa bande, Biffy Clyro accouche de son deuxième vrai tube... et enchaîne avec le très bon et catchy "Semi-Mental 4/15ths". Les écossais durcissent le ton et font parler la puissance avec un titre rock rentre-dedans et sulfureux à souhait. Les riffs sont plus tranchants, le propos plus rock, le groupe muscle son Puzzle mais retombe un peu dans ses travers en ne proposant ensuite que des pop-songs insipides ("Love has a diamater", le single "Machines") ou des pseudo-brulôt rock vaguement influencé par Silverchair ("Get fuck stud", "Folding stars"). Il n'y a guère que le désenchanté et grandiloquent "9/15ths" pour sortir du lot. Bien trop peu pour un album qui ne parvient pas à sortir d'un certain conformisme rock et des poncifs archi-revus malgré une poignée de très bon titres et un artwork particulièrement réussi. Décevant...