Berline0.33 - Planned obsolescence Après m'avoir pété une épaule avec Flying above scarecrows, les Berline0.33 reviennent me casser les genoux avec Planned obsolescence. Signe que le groupe en a dans le bide, ils n'ont gardé aucun morceau de leurs EPs et à raison parce qu'ils avaient largement de quoi faire un album excellent : la preuve, c'est les 9 titres de cet album. Deuxième constat : ils ont gardé cette orientation de prod' qui me plaisait déjà beaucoup sur l'EP. Troisième constat : les influences (The Jesus Lizard, The Fall, Joy Division mais pas tant que ça pour ce dernier...) sont toujours bien présentes et c'est carrément pas pour me déplaire.
Dans Planned obsolescence, on retrouve tout ce qu'on aime chez les Berline0.33 : le chant hybride et incantatoire d'Emilie, les riffs "Duane Denisonien", la section rythmique frondeuse, les ambiances morbido-joussives et des morceaux qui tiennent toujours le haut du panier en terme de qualité. L'album commence très fort avec "Guardian of trash" : un morceau agressif ou le travail sur la voix est particulièrement abouti. On en redemande et ça tombe bien, ce n'est que le début d'un album qui a encore pas mal de choses à offrir. Notamment, "Checkpoint" et son riff lizardien, "Painkillers and neonlighting" dont la retenue finit par exploser ou la basse très granuleuse (Bleach related?) et le climat pesant de "Socialite". "Untouchable" et sa mélodie de clavier rappelle méchamment de l'excellent The Fall : vicieux et entêtant comme c'est pas permis. Et plus tu avances dans l'album, plus tu morfles comme si tu étais enfermé dans l'abri de jardin de Tony Soprano avec deux-trois autres hommes de mains du nom d'"Angst" (quelle progression !), "Compagny" et "Anaesthesia". Ouille.
Après deux Eps dont on comprend, rétrospectivement, la nécessité dans la marge de progression, Berline0.33 livre l'album que l'on attendait d'eux. Beau disque. Bel artwork. Bel objet. Tu l'achètes hein ?