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Benjamin John Howard est un auteur-compositeur anglais de musique folk né en 1987 en Angleterre. Il quitte ses études de journaliste pour se lancer très tôt dans la musique, assurant notamment les premières parties de Angus & Julia Stone et publiant deux EP. Son premier album Every kingdom (2011) lui vaut une nomination au Mercury Prize et deux Brit Awards (dont le "Meilleur Artiste Solo"). On peut entendre quelques-uns de ses titres dans des séries télévisées (Dr. House, The Walking Dead, Antigone 34). Guitariste talentueux au jeu technique, il a sorti son second album I forget where we were en octobre 2014.

Ben Howard / Chronique LP > I forget where we were

Ben Howard - I forget where we were Auteur d'un premier LP en 2011 (Every kingdom), la musique de Ben Howard se résumait parfois, pour les mauvaises langues, à un générique de série télévisée pour ado : des chansons mid-tempo aux accents connus, teintées de choeurs lumineux et d'une mélancolie toute relative. Pour son second album, l'Anglais a eu la bonne idée de ne retenir que le versant sombre et progressif de son parcours ; en ce sens I forget where we were nous en présente une évolution inattendue et fascinante. À l'écoute de ces 10 titres on retrouve les sonorités folk/bluegrass, la voix apaisée et les progressions lentes de ses précédentes compositions (comptez 5 minutes minimum pour chaque titre), néanmoins le contenu flirte désormais davantage avec le recueillement, aux antipodes des refrains fédérateurs de son premier essai ("In dreams", "Evergreen" ou la judicieusement mal nommée "Time is dancing"). Choix étonnant, et à saluer, de la part d'un artiste sur la pente ascendante depuis 2013 (son album est n°1 au Royaume-Uni, sa tournée quasiment sold-out).

L'ajout d'effets très bien exploités (delay et distortion sur la guitare notamment) offre également une palette sonore plus étendue. Ben Howard est un bosseur et ça s'entend : à 27 ans, malgré sa maîtrise impressionnante de la guitare, il ne sombre jamais dans la démonstration. Soutenu discrètement par une petite sélection d'instruments (batterie, contrebasse, violoncelle, guitare lap-steel), il a choisi d'enregistrer quasi intégralement l'album dans des conditions live, offrant pendant une petite heure un feeling impeccable. Un choix qui permet sans doute de rendre ce second enregistrement aussi hypnotique et fantomatique. Seules deux éclaircies ("She treats me well", "Conrad") permettent de calmer temporairement la tension dramatique, dont l'apogée, à tout point de vue, est atteint avec les 8 minutes de "End of the affair". Un second disque maîtrisé, complémentaire du premier, mais qui (espérons-le) ne constitue pas encore l'album de la maturité pour un artiste qui a définitivement beaucoup à offrir, et ne semble pas parti pour se reposer sur des lauriers légitimement mérités.