rock Rock > Beehoover

Biographie > Be Edgar

Duo allemand composé de Ingmar Petersen et Claus-Peter Hamisch, Beehoover est un groupe dont la motivation principale est de sonner à 2 comme le ferait une groupe normal composé de 4 membres (basse/batterie/guitare/chant). Ne parvenant pas à trouver la ou les bonnes personnes leur permettant de compléter le line-up, les deux ont finalement décider de faire avec et de transformer cet inconvénient en point fort. Après avoir en vain chercher un guitariste, puis s'être essayé au format trio avec un chanteur sur une première démo 3 titres parue en 2004, Beehoover décide de tout faire en duo, quitte à assumer l'enregistrement studio, la prod mais également le mixage ; et sort alors son premier EP autoproduit intitulé A mirror is a window´s end. Après avoir signé un deal avec Exile on Mainstream Records, le groupe sort en 2006 son premier album long-format : The sun behind the dustbin et remet le couvert deux ans plus tard avec l'album concept Heavy zoo.

Review Concert : Beehoover, Du stoner à la pelle à la Chimère (mars 2011)

Beehoover / Chronique LP > Heavy zoo

beehoover_heavy_zoo.jpg "Lock away your children and send away your mother in law : the Heavy zoo is coming to town", c'est ce qu'on peut lire à l'arrière du deuxième album signé Beehoover. Une petite bombe stoner/metal/rock aux effluves sludge/doom finement disséminées, signée par un duo qui fait aussi mal que la plupart des groupes du genre évoluant à 4 ou 5 (souvent avec deux guitares). Un torrent de riffs qui s'abat sur une batterie qui assure un tempo lancinant, un chant rocailleux et hargneux qui en met plein les tympans : le bestiaire made in Beehoover en impose. Avec un phénoménal sens du groove, le duo teuton fait imploser les habituelles certitudes liées au genre et ne se prive pas pour appuyer là où ça fait mal. A priori à deux, ça va être assez difficile de sonner comme ou 4 (voir plus), surtout quand on pratique un stoner métallique de cet acabit... Et pourtant "Solitude in bloom" vient nous assurer du contraire.
Guitares acérées, basse vrombissante, gros tampon rock'n rollesque, placage stoner à hauteur d'épaule, le groupe enchaîne sans coup férir en alignant les petites mines à fragmentation que sont l'éponyme "Heavy zoo" ou le bien nommé "Pain power" (tout un programme...). La machine tourne désormais à plein régime, les cadences sont élevées, mais les allemands sont solides et ne baissent pas le rythme. Beehoover tranche dans le gras, la jouant un brin hardcore sur "Esophagus Overdrive" avant de changer de répertoire sur "Spirit and crown". Plus space-rock psychédélique, le groupe travaille ses atmosphères et, avant de lâcher quelques riffs bien taillés dans le marbre, s'offre quelques passages instrumentaux évoquant le son des canadiens d'Electric Magma. Un folk crépusculaire sur le très dépouillé "My funeral procession", un "I desert" embrumé par des effluves psychotropes avant un retour du côté des explosions de guitares avec le très solide "Dance like a volcano", Beehoover varie les plaisirs sans pour autant perdre l'auditeur en route. Lourd, rugueux, abrasif, "Stanislav Petrov" vient parachever l'oeuvre de ce duo qui livre avec cet Heavy zoo, un disque puissant et foncièrement heavy (comme quoi le titre n'a rien de racoleur). Une plaque qui nous offre un petit nettoyage à sec des conduits auditifs. Foutrement efficace.