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Retracer la biographie d'AudioSlave peut au choix prendre quelques lignes ou faire l'objet de différents ouvrages... On optera pour l'option "quelques lignes" puisque la plupart des ouvrages ont déjà été écrits... Soundgarden a rendu les armes avant le revival grunge, laissant aux seuls Pearl Jam le lourd fardeau de l'héritage vivant du son de Seattle. Son frontman Chris Cornell a bien tenté une aventure en solo mais ce n'était pas vraiment ça, ses rock songs n'avaient pas réellement d'âme... Rage Against The Machine a par contre subi un clash à son sommet, après 3 albums de compositions studio dont un qui marque l'histoire du Rock, ils s'attaquent à des reprises avec Renegade et ne se dirigeant plus tous les quatre dans la même direction, ils décident de se saborder, Zack de La Rocha s'en va monter son projet solo, laissant ses comparses Tom Morello (guitare), Tim Commerford (basse) et Brad Wilk (batterie) composer de la musique dans leur coin... RATM étant un des plus grands groupes des années 90, les rumeurs vont bon train sur le remplacement de Zack, Chris Cornell jammant avec les ex-Rage, n'en est d'abord qu'une de plus et puis elle se confirme. Ils composent ensemble, un nouveau groupe va naître (d'abord appelé Civilian), le net s'empare de versions démos, l'album serait prêt plus rapidement que prévu... Mais c'est à nouveau le clash, le groupe n'est pas content de ce qu'il produit et décide de renoncer. Stupeur, émoi, respect. Mais AudioSlave, car c'est finalement ce nom qui sera choisi (après moultes aventures et dénominations) refait surface et mi-novembre, leur album éponyme fleurit. Une nouvelle flamme ranime les cendres de deux groupes cultes, la pochette est plus qu'explicite.

Audioslave / Chronique LP > Revelations

audioslave_revelations.jpg Déjà un nouvel album ! Voilà ce que l'on peut appeler de l'expéditif. Quelque chose comme une quinzaine de mois à peine se sont écoulés depuis Out of exile, la seconde offrande du all-stars band né de la fusion transversale de trois ex-RATM et d'un Soundgarden, et voilà qu'Audioslave semble avoir été touché par une grâce divine pour enquiller direct après sa tournée mondiale, la douzaine de titres composant donc ce Revelations. Comme quoi quand Chris Cornell disait peu après la sortie d'Out of exile avoir déjà du matériel audio tout prêt à enregistrer, il ne se la jouait pas. Encore fallait-il que ces nouveaux morceaux soient à la hauteur des précédents efforts du groupe. Alors, suspens insoutenable, roulement de caisse claire et verdict tant attendu après dix-sept écoutes successives et sans pause (sic) : oui le résultat est à la hauteur des espérances.
La question étant de savoir où étaient justement placés les espoirs concernant ce nouvel album studio. On va faire court, les nostalgiques de l'époque Rage Against The Machine / Soundgarden en seront pour leurs frais, la bande de Chris Cornell reprend encore et toujours ce qui a fait le succès de ses deux premiers opus. Alors quid d'une révolution AudioSlave ? Pour le grand bouleversement, on repassera, l'efficacité de la griffe du quartet de luxe ayant été largement démontrée, le groupe n'a pas changé sa ligne de conduite d'un iota. Et ce n'est pas plus mal. Evidemment, pous les amateurs de pop ou rock ultra indé, Revelations n'est pas forcément à conseiller, les productions Subpop ou Ipecac étant sans doute plus en phase avec leurs aspirations musicales. Pour les autres, les amateurs de gros son rock qui balance ses riffs comme un nouveau-né englouti sa biberon de 3h du mat, des titres tels que "One and the same" ou l'excellent "Sound of a gun" font du bien par où ils passent. Mélodies faciles mais qui se gravent d'elles-même dans la tête dès les premières écoutes, riffs gorgés d'éléctricité et section rythmique ultra-rodée (évidemment...), la leçon a été bien apprise et le son d'AudioSlave est reconnaissable entre mille. Parfois trop du reste, tant il faut bien le reconnaître qu'un tout petit chouilla de renouvellement aurait été largement bienvenu.
Maîtrisant son sujet, le groupe assure mais se garde bien de prendre des risques. Au risque de livrer quelques titres un peu quelconques. Il nous offre ainsi un aperçu un peu paresseux de ce à quoi devrait ressembler le nouvel album solo de Chris Cornell ("Until we fall"), un single ultra-calibré et sans imagination ("Original fire"), mais également une excellente et "grooviesque" ballade caniculaire ("Broken city") et quelques titres de pur rock bétonnés au soli "made in Morello" qui envoie du bois ("Somedays", "Share of things to come"). Rien à redire à ce niveau, ça balance sévère, la paire Brad Wilk/ Tim Commerford fait son job sans ciller ("Jewel of the summertime", "Wide awake") pendant que Cornell assure le show au micro (l'excellent "Moth"). Finalement, on voudra bien être exigeant en tiquant sur l'aspect mainstream de la musique du groupe, Revelations est un bon album de rock mainstream et au beau milieu de cette démonstration de force et d'efficacité implacable, la seule chose qu'il aura manqué, c'est sans doute un petit peu de folie...

Audioslave / Chronique LP > Out of exile

audioslave : out of exile Deuxième opus du all-star band AudioSlave, au sujet duquel tout aura plus ou moins été écrit dans la presse dite "spécialisée", Out of exile débarque dans les bacs au printemps 2005 avec pour objectif de réitérer le carton commercial qu'avait été le premier effort du groupe. Dès les premiers riffs de "Your time has come", il ne fait aucun doute que si trois ans séparent les deux albums d'AudioSlave, le groupe n'a pas changé grand-chose à ce qui a fait le succès de son premier disque.
Et ça marche toujours aussi bien, sinon mieux, parce que le groupe n'a peut-être pas modifié radicalement son approche musicale mais les solos de Tom Morello sur "Your time has come" ou l'éponyme "Out of exile" apportent le petit plus qui fait la différence. Le guitariste à la casquette au jeu et riffs inimitables depuis Rage Against The Machine nous gratifie de quelques lignes de gratte étourdissantes dont lui seul à le secret. Et avoir un Tom Morello au sein de son line-up, ce n'est pas donné à n'importe quel groupe.
Mais Out of exile, ne se limite, heureusement, pas aux performances de son génial guitariste, les deux autres ex-RATM Brad Wilk (batterie) et Tim Commerford (basse) sont également largement à la hauteur de leur réputation pendant que Chris Cornell assurent une performance vocale de haute volée. L'ancien frontman de Soundgarden sait utiliser au mieux sa voix pour transcender des mélodies apparemment simples mais au final, d'une efficacité étourdissante ("Heaven's dead", ou le single "Be yourself").
Bien évidemment, AudioSlave n'a pas la prétention de révolutionner l'histoire du rock avec ce second album et propose ici un rock calibré FM, mais inspiré et parfaitement exécuté (en même temps, vu le passif des quatre, le contraire aurait été honteux). Aussi, si certains titres ne sont, soit pas franchement indispensables ("Dandelion"), soit un peu mou du genou ("Yesterday to tomorrow", "The curse"), le quartet a su également insuffler à cet album une petite dose de complexité purement technique et joyeusement foutraque ("The worm" et ses solos de gratte qui partent dans tous les sens, "Man or animal"...).
Entre hits absolus, tels que l'énormissime "Doesn't remind me" et sa partie instrumentale d'anthologie, et morceaux sympathiques à défaut de rester dans les annales du rock, AudioSlave revient sur le devant de la scène avec un album fort bien troussé et toujours efficace. D'autant que la prod signée Rick Rubin (Rage Against The Machine, SOAD...) est, une fois encore, irréprochable.
Il ressort de cet Out of exile une impression de facilité étourdissante, mais qui ne cache au final qu'une chose, le talent de quatre musiciens hors-norme qui savent mieux que personne composer des titres rock simples mais que l'on ne peut s'empêcher de faire tourner en boucle sur la platine...

Audioslave / Chronique LP > Audioslave

audioslave_audioslave.jpg La première minute de cet album éponyme d'AudioSlave pourrait faire croire à un nouvel album de Rage Against The Machine puis le son de la voix de Chris Cornell se fait entendre et la magie opère... Les deux entités fusionnent comme on n'aurait pas osé l'imaginer, et ça marche, c'est dingue, mais ça marche... On peut (et on va) se perdre en comparaison passé des groupes / présent d'AudioSlave, et ce qu'il en ressort, c'est que la voix de Soundgarden prend le pas sur la musique de RATM. Certes, les coups de batterie et de basse, bien lourds, et quelques riffs du jeu de Tom Morello sont identifiables ("Set it off", "Bring em back alive") mais le tout s'efface sur le chant et les effets de Chris Cornell qui a modéré les ardeurs de ses trois comparses et donne à AudioSlave une qualité et une pureté mélodique que n'a jamais vraiment recherché Rage. "Like a stone", "I am the highway", "Getaway car" ... sont autant de titres qui portent la marque de Soundgarden, en ont le goût, la couleur, la légèreté, il y a fort à parier que Chris Cornell ait composé de nombreuses parties guitare avec Tom Morello, ou alors les ex-Rage avaient bien caché leur jeu ! Nous, on récupère une galette de plus d'une heure de gros rock, entre grunge et stoner, un album chaleureux avec en plus de la flamme de la pochette, le brûlant "Shadow on the sun" qui après une intro assez calme se lâche sur le refrain et la fin du titre où la rage transforme la voix de Chris... Un Chris très en forme qui me rappelle parfois Richard Patrick et Filter, notamment sur "Gasoline", très aigu, détaché puis concerné et energique.
AudioSlave frappe très fort et dépasse les espoirs de ceux qui croyaient à ce projet si incensé sur le papier, le groupe decevra peut-être les fans les plus durs de Rage Against The Machine mais ravira à coups sûrs ceux de Soundgarden !