Artonwall - Marmelade Jacuzzi Réglages des grattes, entrée de la batterie, le chanteur qui s'éclaircit les cordes vocales, un joyeux boxon sonore, un peu rock, un peu punk, complètement sur le fil du rasoir et qui annonce un album plutôt borderline... "Swallow jacuzzi" fait alors son entrée et règle la mire. Après un "Gev" sludge dépravé (???) qui était là pour introduire les instruments, faire en sorte que les musiciens s'ébrouent bruyamment, la suite est plus "classique" dans la forme. Moins déjantée, plus calibrée pour éclater les enceintes, une ligne directrice assumée et en avant les guitares. Ärtonwall fait pulser les grattes, break hyper efficace, groove omniprésent, les Suisse démontrent qu'ils savent ce qu'ils font et sont venus avec sous le bras quelques compos furieusement bien troussées. Show devant.
On annonçait du rock, il y en a, on évoquant du stoner/fuzz, un peu de patience, ça arrive. Et quand ça vient, ça fait pas semblant. "Beyond" révise les codes du genre comme un élève à la fois doué mais studieux, ce qui n'enlève évidemment rien à la qualité du titre. Instinctif et maîtrisé, rageur et appliqué, le groupe envoie du bois et évoque autant les cultissimes QOTSA que les très bons Truckfighters (leur nouveau voisin de label...). Un petit coup de mou sur "When I've got something to learn", titre assez aride renvoyant aux morceaux les plus épurés tout droit sortis des Desert sessions et Ärtonwall repart au charbon avec The Big Hit de l'album : "Every rope". Sous la double influence des Reines de l'âge de pierre et des Maîtres de la réalité (merci Chris Goss), les Suisses accouchent ici d'un tube absolu. Heavy, rock et bien sablonneux, le groupe dépoussière la mécanique en respectant à la lettre les vieilles traditions du genre. Basse vrombissante, batterie métronomique et riffs qui sentent la rocaille, un petit soupçon de punk, une bonne grosse rasade de stoner rock en mode "fuzz total" et c'est reparti pour un tour.
"Absolute convention", "Normally !" : mélodies addictives, groove enfiévré, un soupçon de power-pop façon Foo Fighters, du gros stoner à la StoneWall Noise Orchestra, guitares incendiaires et coolitude de rigueur ("Plate", l'énorme "One shot"...), les Suisses mettent tout ce qu'ils ont dans les chaussettes et réussissent souvent leur coup. Et alors que l'on se dit que l'on vient peut-être de découvrir avec cette nouvelle structure qu'est Ishii Kamikazi Records (responsable de Marmelade jacuzzi mais également de l'album Drive fast and crash ! des Feuerzeug), une belle alternative au monopole Buzzville Records sur la scène stoner/rock du vieux continent, les Ärtonwall ne peuvent se retenir d'en rajouter encore une dernière couche. Un ultime coup de semonce avec "A little part of tame" et l'assurance de se dégourdir les écoutilles bien comme il faut. Keep on rock'in !