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Biographie > Dans les bras de Morphée...

Après avoir oeuvré pendant plusieurs années au sein de The List Exists (dreamy pop), Max Lewis et Mirza Ramic, fondent Arms and Sleepers courant 2006 du côté de Cambridge dans le Massachusetts (USA). Un projet musical que le groupe veut comme étant sans limite de genres, entre indie-pop, électro doucereuse et "folktronic" et qui se concrétise en décembre 2006 par la sortie d'un premier essai discographique : un EP 7 titres, Bliss was it in that dawn to be alive, qui voit le jour sur le label Fake Chapter Records. Le groupe tourne aux Etats-Unis au printemps et durant l'été 2007 avant de sortir un EP éponyme en édition ultra-limitée à une centaine d'exemplaire via Milkweed Records. Un prologue à l'enregistrement du premier long-format de ce duo décidément prolifique : Black Paris 86', un disque qui voit le jour le 23 novembre 2007 outre-Atlantique et le 18 janvier 2008 en Europe chez le label allemand Expect Candy Records.
Depuis ce premier album, Arms and Sleepers enchaîne les sorties à un rythme ahurissant, Matador, le deuxième effort "long-play" du projet, sorti en 2009 étant précédé par un EP (The motorist) et un split avec The American Dollar, puis suivi par un disque de versions alternative et B-sides de l'album. En 2010, Max & Mirza sortent un opus instrumental sobrement intitulé Instrumentals et enregistrent leur troisième album (The organ hearts), qui sort courant 2011, en même temps que Nostalgia for the absolute...

Arms and Sleepers / Chronique LP > Swim team

Arms and Sleepers - Swim team Après 2 grosses années de pause, le duo ambient Arms and Sleepers revient aux affaires avec un album de musique lounge lumineux et coloré. Bande-son d'une soirée où des jeunes ultra-civilisés sirotent des cocktails sur une terrasse en hyper centre en discutant art et cul-ture, l'opus est aussi ouvert que divers. On y découvre des atmosphères agréables où la nervosité colle à l'image des pépites soniques du Chapelier Fou ("Swim team"), des mouvements trip hop ("Mingus Mapps"), une épaisseur rondouillarde mais trippante ("Tetro" et une dynamique qui me rappelle Kavinsky même si je manque clairement de références dans ce domaine) comme une légèreté instrumentale ("Unbound") et d'autres plus répulsives comme ce "Hummingbird" aux traficotages redondants ou le chancelant "Better living thru chemistry". Durant ses vacances, Arms and Sleepers a du gribouiller plein d'idées et a certainement eu du mal à en écarter certaines, préférant livrer une compilation de leurs envies sonores plus qu'un album construit autour d'une idée directrice, reste à savoir si c'est une bonne ou une mauvaise chose... A toi de voir.

Arms and Sleepers / Chronique LP > The organ hearts

Arms and Sleepers - The organ hearts Ils sont déjà de retour discographiquement parlant les Arms and Sleepers ; et ce pour le plus grand plaisir des trop rares suiveurs de ce duo pas tout à fait comme les autres. Toujours aussi prolifiques et inspirés, toujours via Expect Candy, Max & Mirza livrent, avec The organ hearts, assurément leur album le plus pop à ce jour, le plus limpide et lumineux également. Pas le moins électronique de leur discographie non plus non plus, la pop organique du duo se diluant de plus en plus dans un substrat digital aussi jouissif qu'électrisant. Un disque en 3 parties, composées de quatre pistes chacune et qui, sur la première d'entre elle, entre un "Kepesh" et un "Tusk" littéralement tubesques, prend le temps de développer des atmosphères ambient/shoegaze enivrantes ("The afternoon child"), quand bien même le côté sucré de certaines tentations un peu mainstream sur certains passages très pop/electro branchée peut parfois heurter ("I sing the body electric").
Sur la deuxième partie de l'album, Arms and Sleepers laisse parler ses penchants trip-hop, avec notamment "A smile in Sofia" ou "Antwerp", sur lequel il joue avec la géographie comme les beats les plus enjôleurs, flirtant avec l'oeuvre de Portishead ou d'Hooverphonic sans toutefois en atteindre l'intensité, avant de rendre hommage à l'immense John Barry (compositeur majeurs de l'histoire du cinéma) sur l'élégante "Reprise", précédée du non moins classe interlude "Série noire". L'exercice de l'intermède bref et fugitif que l'on retrouve, mais avec une réussite moindre, en introduction de la troisième et dernière partie de The organ hearts, qui voit le groupe la jouer old-school sans avoir le temps de créer quelque chose de réellement intéressant ("Yersterday's child"). Un petit raté qui n'entame pas pour autant le cheminement artistique du duo qui avec "Kiss tomorrow goodbye" remonte la pente quand bien même il reste encore à des années lumières de Matador, album pour lequel, il avait su littéralement se transcender. Finalement, c'est avec le jazzy et feutré "Atelier" puis avec "Airport blues", armé d'un groove transcendant, qu'Arms and Sleepers parvient à se sublimer en livrant deux magnifiques pépites dont il a le secret. Histoire de boucler en beauté un disque, certes, clairement en deça de son prédécesseur, mais régulièrement émouvant.

Arms and Sleepers / Chronique LP > Matador

Arms and Sleepers - Matador Deuxième album long-format pour le prolifique duo Arms and Sleepers qui, depuis Black Paris 86, n'a pas vraiment chômé, enchaînant les sorties (EPs, splits) et ne s'arrêtant jamais de composer en même temps qu'il multiplie les tournées de parts et d'autres de l'Atlantique. Onze nouvelles compositions navigant à vue entre trip-hop, indie-pop, ambient et folkotronic pour peindre des panoramas musicaux qui, depuis "Orly" jusqu'à "L'Orizzont", traversent le royaume des songes de manière à faire voyager l'auditeur dans un autre monde. Une pluie d'arpèges de piano qui courent sur des rythmiques synthétiques, beats trip-hop virevoltants autours d'une mélodie feutrée et enivrante, (l'éponyme "Matador", le très beau "The Architekt"), ornements indie-pop flirtant avec des nappes ambient/electronica vaporeuses, le duo composé par Max Lewis et Mirza Ramic fait des merveilles, agrémentant ses "tableaux" de quelques bricolages sonores dont ils ont le secret (le sublime "Helvetica").
Le mélange de pop électronique satinée et de trip-hop cotonneux, le chant, haut-perché, les arrangements scintillant dans la stratosphère, tout est ici fait pour emmener l'auditeur dans des sphères musicales irréelles, proche d'un Radiohead sous Xanax ou d'un Sigur Ros à deux voix ("Twentynine Palms"). Un petit essai jazz feutré et envoutant plus tard ("The international") et voici qu'Arms and Sleepers exprime un peu plus son amour pour les paysages enivrants bercés par des harmonies fragiles. "Simone", un peu convenu, n'est certainement pas ce que le duo a pu produire de mieux mais sa séquelle immédiate, "Kino", est un petit bijou du genre. Un subtil et magnifique interlude "Words are for sleeping" et les ombres qui bercent l'album reviennent faire leur apparition sur un "The paramour" aux vibrantes fulgurances nu-jazz, avant que la conclusion de ce Matador ne vienne perdre l'auditeur dans un "L'Orizzont" fantomatique à l'étrangeté brumeuse. Epilogue idéal d'un disque frisant régulièrement le génie mais ayant aussi la légère maladresse de trop flirter avec lui sans jamais l'atteindre véritablement. Beau et frustrant à la fois.

Arms and Sleepers / Chronique LP > Black Paris 86


arms_and_sleepers_black_paris_86.jpg Invitation à l'errance noctambule dans les dédales parisiens de son titre, le premier album du duo Arms and Sleepers est une oeuvre riche et d'une étonnante variété qui, entre clair et obscur, noir crépusculaire et blanc immaculé, nous offre une multitude de dégradés de gris... Mais avant de se promener dans la supposée plus belle ville du monde, l'auditeur découvre Tokyo, cette mégapole composant l'air urbaine la plus densément peuplée du globe, où la foule bien qu'omniprésente ne peut entraver ce sentiment de solitude mélancolique qui transparaît à l'écoute de "Greetings from Tokyo". Un titre, mêlant electronica épileptique et pop vaporeuse aux tendances shoegaze, se nourrissant de ces paradoxes pour mieux les transcender. Second titre de l'album, "A mission to Prague" nous transporte sur le vieux continent. Un voile de mélodies brumeuses et incertaines flottent sur des instrumentations ambient "folkotronic" comme pour mettre en relief l'architecture de cette cité aux 550 tours, qui mêle avec bonheur styles roman, gothique, baroque, cubiste... De la République Tchèque, on s'envole de nouveau pour un voyage bien plus court cette fois, plus exactement vers "Lausanne" et son cadre naturel idyllique. Des villes qui sont autant de représentations de cultures et de modes de vie qui ont inspiré la paire Max Lewis / Mirza Ramic, laquelle livre là un morceau lumineux, porté par une mélodie fragile et des rythmiques chirurgicales pilotées par un clavier cristallin. Elegant et envoûtant, Arms and Sleepers compose des titres de pop-électro somnambule et d'ambient folk onirique sur lesquels viennent se greffer quelques touches plus jazzy, l'éponyme "Black Paris 86" se dévoilant ainsi comme l'un des climax de cet album. Une véritable pépite musicale à ranger entre Sigur Ros, Portishead et Boards of Canada, sur laquelle le groupe pose des mélodies synthétiques pour nous emmener vers des contrées encore inconnues, propices aux rêveries hypnotiques. Le temps s'est arrêté, "Seems (If ever") puis "71 Fragments of a chronology of chance" développent leur trip-hop délicat et feutré, tout en nuances et variations de couleurs. La palette artistique des deux américains semble infinie, "Warm" nous plongeant avec déléctation dans un univers d'ambient électro voluptueux où les mélodies éthérées ("I was a climber", "Butterflycatcher"...) fusionnent littéralement avec des arrangements classieuses et jazzy (le très court "Like a typewriter from a moving train", "Rooftops/lanterns") avant se s'élever sur le plus lunaire "We're all Paris now". En l'espace de 12 titres, Arms and Sleepers a tout simplement enfanté d'un petit miracle musical. Magique.