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Biographie > qui est Arman Melies ?
C'est sous ce pseudonyme cinématographique que Jan s'est échappé d'Enola, il enregistre son premier EP en avril 2003 et le sort à la fin de l'été, il s'appelle Le long train lent et les beaux imbéciles, il permet à son auteur de donner quelques concerts de plus et d'assouvir ses envies scribatoires...
Au printemps 2006, il nous inflige Les tortures volontaires, un nouveau régal.
En avril 2008 : jackpot ou tout au moins Casino...
Oli
Octobre 2003
mis à jour Mars 2008
Arman Melies / Chronique LP > Casino
Se lovant dans l'intemporel, Arman Melies n'est pas un homme de révolution mais sans pour autant rester figé sur ses précédents succès, il fait évoluer son univers par petites touches. Un peu plus d'orchestrations, un peu plus d'effets sur le chant, un son d'ensemble plus souple et arrondi, ce Casino n'a pas vocation à nous heurter, bien au contraire. Matelassé de partout, on s'y sent comme dans un cocon, dorloté et choyé comme un bambin malade. Mais ce surplus de bien-être nuit un peu à l'accroche, celui qui ne connaît pas (encore) Arman Melies pourrait avoir du mal à pénétrer dans sa bulle, l'oreille étant moins percutée par les notes de guitare ou la sonorités des mots. On retrouve cette volonté de douceur dans le visuel qui tout en gardant la même ligne graphique que le précédent, est un peu moins mystérieux, certes on garde l'idée de collage et d'associations rétro mais tout semble plus clair, plus chaud et pastélisé. Arman Melies veut séduire davantage sans occulter son travail passé, c'est un tour de force ambitieux et risqué mais qui est réussi car le charme opère toujours. Sûr de son fait, il ose même transfigurer "Lovely lovers" (d'Eli Medeiros et Jacno) en "Amoureux solitaires". Méconnaissable, le morceau n'en est que plus savoureux. Davantage que par le passé, Arman Melies joue sur la rythmique quand il chante : ses mélodies sont fractionnées ("Casino", "Belem", "Papier carbone") et font -lentement- ressortir certains mots (Quelle faille, La rupture, L'empire perdu, Intranquilles... sur "Belem" par exemple), cette autre façon de jouer avec les vocables s'ajoute aux précédentes qu'il n'a pas oubliées (Je me terre et je me tairais). Enfin, avec "Diva", il conserve aussi sa "tradition" de terminer l'album par une longue plage instrumentale, le chant n'apparaît qu'au début du titre, laissant le champ libre aux claviers pour le terminer en beauté.
Oli
Juillet 2008
Arman Melies / Chronique LP > Les tortures volontaires
Arman Melies est le seul à jouer dans sa catégorie alors chaque nouvel album est un petit bonheur, en quelques secondes, on se retrouve plongé dans son univers qui semble inoxydable et figé dans le temps. La musique d'Arman Melies évolue-t-elle ? Certainement, mais uniquement par petites touches : un instrument par ci, un arrangement par là, hop un peu plus de rythme, une ambiance plus marquée de ce côté là, des lignes de chant plus aventureuses (et ô combien délicieuses) de ce côté ci, Jan va plus loin et avec plus d'assurance, en témoigne le "Géopolitique des brumes" qui referme l'opus, un long titre instrumental, incroyablement riche et à la mélodie pourtant simple et évidente... C'est là aussi, encore et toujours l'atout majeur d'Arman Melies : savoir faire beau et classieux avec du simple en ajoutant de nombreuses couches sans pour autant dénaturer et entacher les mélodies. Musicalement irréprochable, l'ex-leader d'Enola est aussi attachant par son ton et ses textes, son style particulier et facilement identifiable, à ce propos, les artworks sont particulièrement bien choisis. Certains textes sont assez étranges, les mots se mélangent pour leur beauté plus que pour leur sens et on les écoute avec l'apparition d'images mentales fortes et poétiques : les mandibules des caïmans n'ont plus ce sel étincelant du temps béni des colonies ("Les alizés"), le rythme donné aux mots installe une brume dans nos esprits, on ne sait plus trop où on est ni que penser du fond... Jan joue également avec les mots, les associations étant assez intéressantes, notons entre autres Au pied des fadaises qui répond au haut des falaises ("Fuir (la belle échappée)" qui fait écho à "L'échappée belle" de Néons blancs et asphaltine) ou Sur nos joues à la chaire rosie d'anciens feux iront même abdiquer ("Sur nos fronts").
Les tortures volontaires sont une véritable offrande au dieu de la pop-folk mélancolico-nostalgique mais jamais un supplice n'aura été aussi agréable...
Oli
Juin 2006
Arman Melies / Chronique LP > Néons blancs et asphaltines
Arman Melies était un créateur, Arman Melies aussi... La preuve avec le nombre de nouveaux titres qu'il nous offre cet automne, après le 8 titres Le magasin pittoresque paru chez Hinah, voici Néons blancs et asphaltines un album de 12 plages très poétiques et doucement mises en musique par les soins du leader d'Enola. Et dans le monde intemporel d'Arman Melies, tout est beau... et surtout la nostalgie. Alors que les mots jouent avec nos tympans (Néons blancs et asphaltines ont dévoré les collines, ...), les idées sont sombres mais les images sont douces... La nostalgie se mêle à la dépression mais tout se fait dans le calme et quelque part la sérénité, Arman Melies est conscient qu'il vit à cheval entre un monde onirique et une réalité attristante. Nostalgique de ce monde et de ses sentiments du passé, il nous promène avec calme dans ses pensées au gré de rythmes lents et d'accords parfaits. Les arrangements sont millimétrés, le soin qui y est apporté apporte de la légèreté, même quand les couches d'instruments sont plus nombreuses ("Le phare", "San Andreas"). Si c'est par les textes et les sonorités que l'on est touché, Néons blancs et asphaltines laisse aussi de la place à 4 titres instrumentaux ("La logique des éoliennes (part 1)", "La logique des éoliennes (part 2)", "Hollisong" et le dernier plus caché), tous empreints d'une délicatesse assurée et d'une tonalité appaisante...
Arman Melies nous régale donc avec ce premier album qui confirme tout le bien qu'on pense de lui, une poésie musicale à savourer sans limite.
Oli
Décembre 2004
Arman Melies / Chronique EP > Le long train lent et les beaux imbéciles
Jan ou plutôt Arman Melies ne surprend personne avec ce mini-album, on connaissait son talent d'écriture avec Enola, il ne l'a pas perdu en s'adonnant à ce plaisir solitaire. Les amateurs du groupe se retrouveront dans Arman Melies, sauf ceux qui évitent les morceaux minimalistes et mélancoliques. Une batterie discrète, une guitare acoustique mise en avant, des petits craquements ("Les lucioles et la météorite"), quelques sonorités basses ou appuyantes et la voix de Jan, voilà ce que l'on trouve sur Le long train lent et les beaux imbéciles. Les textes ont donc une grande importance, ils sont très poétiques ("La peau des nuits), chantés posément, presque parlés parfois ("Un pont sur la mer", "En face") et forment un joli couple avec la guitare claire et chaleureuse qui ne nous abandonne jamais. Elle réconforte Jan, donne du rythme et du volume ("En face"), nous berce et garde sa douceur en live ("Un pont sur la mer" nous est offert en version live en septième plage). Graphiquement, les traits d'Enola se retrouvent également dans Arman Melies qui apparaît comme un approfondissement de certains sentiments, plus personnels et peut-être aussi plus touchants. De la musique de nuit, délicate, arrondie, voilà qui nous change et surtout nous fait du bien.
Oli
Octobre 2003