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Biographie > L'homme des bois

Originaire de Brest, c'est avec Silence Radio qu'Antoine Pasqualini aka Arch Woodmann a fait ses premières gammes dans un rock influencé par Fugazi. Arrivé sur Paris pour développer une carrière solo après un EP de 5 titres, le Breton s'entoure d'amis pour concocter un premier album folk aux saveurs post-rock intitulé Draped horse blue licorne argentée feather blue et sorti à la rentrée 2008. Après une salve d'encouragements du public et de la presse spé, Arch Woodmann poursuit son aventure sur Monopsone Records avec un deuxième album ambitieux, Mighty Scotland, présent dans les bacs depuis le début du mois de novembre.

Review Concert : Arch Woodmann, Ensemble au BBMix (Oct. 2011)

Review Concert : Arch Woodmann, Arch Woodmann à La Flèche d'Or (déc. 2010)

Arch Woodmann / Chronique EP > Life forms found on a life boat

Arch Woodmann - Life forms found on a life boat Revenir aux sources, à une écriture spontanée, à une méthode d'enregistrement plus brute et synthétique, celle qui en son temps faisait le charme de Draped horse blue, licorne argentée, feather blue. Telle à été la ferme volonté d'Arch Woodmann au moment d'aborder la création de son nouvel effort, un EP intitulé Life forms found on a life boat. Une envie qui s'est assez vite conjuguée avec la débrouillardise, l'expérience en sus. Composé et enregistré de façon ambulante et au gré des désirs entre sa Bretagne natale, Paris, sa ville d'adoption, et sa nouvelle adresse, Bordeaux, ce 5 titres, initialement prévu pour être un troisième album, est le résultat d'une belle prise de liberté qui n'a pas été sans risque. Arch Woodmann a, en effet, fait appel à de bonnes âmes charitables pour financer le mixage, le mastering, la fabrication et la promotion de son nouveau disque via la société de collectes de fonds Kiss Kiss Bank Bank (1). Un effort qui en valait vraiment la peine.

Life forms found on a life boat est une œuvre qui balaie en premier lieu un doute, celui de la capacité du groupe à poursuivre, sans anicroche, sur sa lancée qui jusqu'à présent fut (trop) belle. Renouvelée avec l'arrivée du trompettiste Mathieu Hauquier (Petit Fantôme, Botibol) et du guitariste Benoît Guivarch (Carp, Landscape, Overhead, Grand Luxe), la formation prouve qu'elle a ce besoin constant d'aller toujours de l'avant, de muter et donc de ne jamais se reposer sur ses lauriers. Antoine, chef d'orchestre à la griffe artistique reconnaissable, stimule à nouveau nos sens grâce aux mélodies imparables de sa pop-folk aussi bien cotonneuse qu'aérienne. Drapé d'artifices élaborés de notes de claviers, de sons de xylophone, d'airs de trompettes (les séquelles d'Arch Woodmann Ensemble?), de guitares cristallines ou de chœurs parfaitement exécutés et frissonnants, ce nouvel EP regorge de pistes aux ambiances relativement variées, tantôt chaloupées ("What did you see"), oniriques ("Speed and metal"), intimistes ("Little man's room"), guillerettes ("That summer") et brumeuses ("Home taping"). Pour notre plus grand plaisir.

Cet EP enivrant se présente comme une sorte d'avant-propos du prochain album qui paraîtra en cette fin d'année ou au plus tard au début 2013. Difficile donc de ne pas être impatient et de douter de la suite après ce que la bande d'Archie vient de nous offrir.

(1) On apprendra bien plus tard que le projet de financement n'a pas été concluant, le groupe a donc finit par payer la réalisation de cet EP.

Arch Woodmann / Chronique LP > Mighty Scotland

Arch Woodmann - Mighty Scotland Nombreux sont les musiciens ayant pris leurs envols en solo après avoir fait leurs classes en groupe. Tout comme Troy Von Balthazar ou Ben Kweller, Arch Woodmann fait partie de ce cercle même si ce Breton d'origine n'est jamais vraiment un être abandonné. C'est justement accompagné d'une dizaine d'amis qu'il a enregistré son deuxième album, Mighty Scotland, en sept mois et ce dans plusieurs lieux. Chansons mûres certes mais mâtures également. Et c'est bien là où réside l'intérêt de cet opus. Arch a très bien digéré ses influences, celles menant au post-rock, à la noise et au folk, si bien qu'il nous transporte dans un univers ambivalent, nourri de sons acoustiques et électriques. Mighty Scotland, c'est une bonne grosse demi-heure d'ambiances finement façonnées tant au niveau des instruments que de la voix. Si le titre "Waves" ouvre le bal d'une façon décousue, c'est bel et bien sur les deux suivants que sont "Five blessing" et "Duities and fruities" qu'Arch Woodmann délivre deux véritables hits d'obédience indie-pop en puissance. La suite est représentative d'une succession de morceaux à la fois mélancoliques ("From those lands", "Tiny Dangers"), sinueux ("Drive drive drive", "Tricks", "This is the why") ou totalement sombres et pesants à l'image du dernier, "Three weeks and a painted wall". Arch dénote son goût aventureux, comme savent le faire d'ailleurs certaines de ses influences (de Godspeed You! Black Emperor à Akron/Family), en réussissant à trouver le bon rapport "intérêt/prise de risque". Ne nous fions pas aux apparences, Arch Woodmann n'est pas qu'un "folkman" à la voix cristalline, c'est bien plus que ça. Si les mélodies ou certaines ballades acoustiques sont bien présentes, elles sont généralement vite suivies par des titres bien plus punchy. Il est d'ailleurs intéressant de noter que chaque chanson acoustique pourrait s'adapter en électrique et vice-versa ("Duties and fruities" ayant déjà été jouée en acoustique). Malgré sa relative courte longueur, Mighty Scotland est une œuvre bucolique réussie et épatante mais flexueuse. Et ça, visiblement (cf. la pochette), le petit Archie en a fait les frais !