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Biographie > Rise of new heavy rock

En plein revival post-punk rock new wave machin chose avec des wagons de groupes tirés en avant par les locomotives The Strokes, Interpol ou The Rapture, les irlandais de The Answer déboulent en 2004 sur les scènes du Royaume-Uni avec leur gros riffs chargés de rock heavy blues hérités des 70's. Mais bon, faut reconnaître que des groupes qui envoient du son façon Led Zep et autres Black Crowes, ça a plutôt eu tendance à courir les rues ces 30 dernières années. Sauf que The Answer n'est pas un groupe "suiveur", ces irlandais ont des cojones et ont décidé de se réapproprier le son de leurs modèles pour le doper avec une prod énormissime, une maestria technique irréprochable et un groove monstrueux. Courant 2005, débarquent donc dans les bacs spécialisés les premiers maxi du groupe, (Keep believin', Never too late) puis Into the gutter) l'année suivante. Les gens de chez Kerrang! en souillent leurs calcifs, les irish rockeurs de The Answer ne le savent pas encore, mais ils viennent alors de poser une véritable mine dans la fourmillière rock anglo-saxonne. Une hype est née. Le groupe signe chez PIAS et entame alors la deuxième phase de ce qui sera la domination de l'industrie musicale internationale par le riff pur et dur, en sortant son premier album : Rise. Quatre lettres, un titre simple et un album qui va faire assurément de gros dégâts sur les platines des amateurs du genre.

The Answer / Chronique LP > Everyday demons

The Answer - Everyday demons Du rock, du vrai, old-school à souhait, qui sent la poussière, le bourbon pour balancer du riff jusqu'à plus soif, le premier album de The Answer réussissait le tour de force de nous clouer au siège en respectant son concept à la lettre : parce que oui, le revival 70's démolissait alors tout sur son passage. Deux ans et demi après, revoici les mêmes Irlandais, toujours armés de leur Gibson Les Paul, portés par l'envie d'en découdre... l'effet de surprise en moins. Le résultat a pour titre Everyday demons et dépose délicatement sur la platine, sa petite douzaine de compos bien amplifiées et qui foutent du solo de gratte un peu partout sur les enceintes. Rock'n roll baby.
On s'attend à une plaine cargaison de riffs qui crachent le feu poussés par une section rythmique qui imprime un tempo sans se soucier de savoir si tout le monde suit : on est servi. The Answer reprend à la lettre ce qui avait fait l'efficacité du premier album. Un peu trop d'ailleurs. Car les Irlandais proposent ce qu'ils ont déjà démontré savoir faire avant. A écouter "Demon eyes", "Too far gone" ou "On and on" on sent bien que le groupe ne change pas d'un iota sa trajectoire musicale. C'est rock 70's, bluesy et très agréable à écouter mais dans le fond, le groupe nous lâche un Rise: Episode 2 entre les conduits auditifs. Et s'il n'en reste pas moins que l'album s'écoute avec un vrai plaisir d'amateur de rock 100% cool, on se dit que les gusses auraient pu se triturer un peu plus la soupière pour nous surprendre un peu. Bon sinon, niveau soli de gratte, là, ça envoie et on peut imaginer ici les battle de hair-guitar géantes lors des shows du groupe.
Pour ou contre ? La question ne se pose pas, d'autant qu'on évite quand même facilement le four monumental qu'a été le deuxième album des Black Stone Cherry... Enfin sauf sur "Cry out" et "Pride" où là, ça commence à sérieusement sentir la défaite. Mais les The Answer rattrapent tout ça en deux coups de riffs bien sentis, dans la plus pure tradition US ("Walkin' Mat", "Dead of the night"). Et s'ils ont toujours un passeport Irlandais (juste pour l'Irish Coffee en fait), ils jouent de plus en plus comme un groupe de rock nord-américain un peu mainstream et carrément old-school. Pas vraiment transcendant, encore moins surprenant, juste furieusement cool et groovy. Allez, qu'ils avouent, en fait, tout ça c'était juste pour emballer et chopper la carte verte...

The Answer / Chronique LP > Rise


the_answer_rise.jpg Dans la famille, heavy blues rock qui tabasse, après papa Honcho, je demande le petit fiston. Et à ce jeu-là, The Answer a des arguments à faire valoir pour démontrer sans ciller que l'hérédité, c'est bien, mais ça ne fait pas tout. Acte I : c'est avec un appétit féroce que le groupe débute les hostilités avec un "Under the sky" qui claque sévèrement dans les enceintes. Le groupe envoie du petit bois et livre un premier titre compact, classieux dans sa forme mais à l'énergie brute et surtout dopé par une prod béton. Garni de quelques petits soli bien sentis, ce premier titre réussi le tour de force de nous plonger d'entrée dans une atmosphère caniculaire très années 70, le tout avec un son plutôt ultra-moderne. Acte II : alors que l'on s'attend à croiser un membre de Led Zep au coin d'une rue, The Answer enchaîne avec un petit regard dans le rétroviseur avec "Never too late" puis l'énervé et speedé "Come follow me", tous deux du même calibre.
Evidemment, on reste dans la catégorie que les anglo-saxois baptisent fort justement "classic rock" mais on ne peut reconnaître qu'une chose, c'est que Cormac Neeson (chant) Paul Mahon (guitare) Micky Waters (basse) and James Heatley (batterie) savent y faire. Et peuvent donc se permettre de tartiner jusqu'à plus soif, on s'en prend plein les esgourdes et le pire, c'est qu'on en redemande volontiers. Acte III : seul petit hic dans ce paysage discographique quasi idyllique et qui fleure bon le road movie le long des mythiques routes américaines, une certaine propension qu'à le groupe pour les ballades rock un peu mielleuses ("Be what you want", "Always"). Un peu poussiéreuses... Mais lorsque l'on y regarde de plus près, il faut bien admettre que la démarche de The Answer ne souffre d'aucune contestation, le groupe assume complètement ses influences et ne cherche pas une seconde à révolutionner un genre, mais juste à rendre hommage à ses modèles en livrant un album solide, de rock à l'ancienne mais produit 30 ans après les heures de gloire d'ACDC ou Led Zep. Car on pourra dire ce que l'on voudra, ce Rise n'a pas été sacralisé par la presse anglo-saxonne toute entière pour rien, cet album nous renvoie trois décennies en arrière pour notre plus grand plaisir et surtout en faisant preuve d'un savoir-faire à toute épreuve ("Into the gutter"). Acte IV : a l'énergie, avec l'humilité d'un groupe qui sait ce qu'il doit à ses modèles, The Answer s'impose non pas comme un tribute-band de luxe, mais comme une combo qui cherche à marcher avec passion dans les pas de ses glorieux aînés. Et le fait particulièrement bien. Rideau.