The Album Leaf / Chronique LP > Into the blue again
Il y a des gens qui ont besoin de se faire prescrire des anxiolytiques pour oublier les soucis du quotidien, d'autres pour qui la musique peut être un exutoire idéal aux ombres qui planent sur leur âme. Alors, pour ces gens-là, The Album Leaf sera sans doute un remède idéal. Car Into the blue again est la meilleure façon d'appréhender l'oeuvre de James LaValle, l'artiste qui se cache derrière le pseudo de The Album Leaf. Adepte de mélodies graciles, d'instrumentations éthérées et d'arrangements feutrées, l'homme livre sans doute avec ce nouvel effort, la quintessence de son oeuvre. Lorsque les premières mesures de "Light" retentissent, on est sous le charme, lorsque ce morceau introductif se termine, on est déjà conquis. Quelques cordes qui viennent saupoudrer une mélodie douce au coeur des nappes éléctro ambiantes, une atmosphère lunaire typiquement islandaise, l'artiste nord-américain réussit parfaitement son entrée en matière.
Soucieux de ne pas perdre l'auditeur au cours de ce voyage vers les cieux de la musique atmosphérique, James LaValle livre alors le single de l'album. "Always for you", où la pop contemplative coulée dans quelques trouvailles éléctroniques du plus bel effet fait véritablement des merveilles. Evidemment, ça reste très facile d'accès (trop peut-être...), mais ce morceau démontre la capacité qu'à The Album Leaf pour l'écriture de morceaux fédérateurs, légers et apaisants. Mais, là où l'auditeur comprendra qu'il tient là une "master-piece", c'est avec "Shine". Un morceau aux instrumentations sensorielles, à la mélodie terriblement envoûtantes, où tout se trouve finalement dans le titre : "shine". Une pluie de notes baignant dans le calme absolu des paysages nordiques. Panorama idyllique, onirisme latent, les compositions formant Into the blue again, se suivent, s'entremelent alors même que le violon porte bout d'archet, des mélodies post-classiques fragiles et poudreuses sur lesquelles Pall Jenkins (The Black Heart Procession) vient discrètement poser sa voix ("Writing on the wall").
Souvent instrumentale, la musique composée par James LaValle ne suscite jamais l'ennui, au contraire, elle transporte son auditeur vers des contrées musicales rarement explorées (on pensera évidemment à Sigur Ros, à Mùm également), mais l'artiste parvient pourtant à éviter l'écueil du "déjà vu/ déjà entendu", pour délivrer quelques pépites mélangeant éléctro minimale soyeuse, indie-pop céleste et ambiant habité, pour un résultat émotionnellement intense ("Red-eye", "See in you"), sobre et étonnament chaleureux... ("Wishful thinking"). En un mot : merveilleux... à tous les sens du terme.
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(The) Aurelio
Janvier 2007
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