rock Rock > Agora Fidelio

Biographie > fidèle à la foule ?

Agora Fidelio est composé de Milka chanteur (aussi dans son autre groupe Psykup), Jouch (de Naive) à la guitare, Akira (de Seaside) à la basse, et Pim à la batterie. Leurs influences vont du rock (Radiohead, Noir Désir) à des rythmes plus aériens et des envolées (Mogwai...) mais toutes ces influences ont été bien digérées et ont fait naître un style original. Une histoire de chair est sorti début 2002, essai merveilleusement transformé, malheureusement épuisé depuis... Le second album Altitude zéro sorti au printemps 2004, véritable claque musicale, un album planant, un disque à écouter d'urgence.

Review Concert : Agora Fidelio, Agora Fidelio au Zébre de Belleville (oct. 2010)

Interview : Agora Fidelio, Conversations en aparté (oct. 2010)

Interview : Agora Fidelio, blind test

Agora Fidelio / Chronique EP > Les illusions d'une route : Bagdad

Agora Fidelio : Les Illusions d'une route : Bagdad Après avoir touché au sublime avec Les illusions d'une route : Barcelone, Agora Fidelio a retouché terre en nous amenant à Bagdad... Et c'est davantage la Bagdad actuelle que le lumineux et grouillant carrefour du monde médiéval... Moins magique que son prédécesseur Les illusions d'une route : Bagdad apporte un peu de déception à l'auditeur transi que je suis, la faute à deux premiers titres trop simplistes pour les géniaux Agora Fidelio. Habitué au sensationnel, le bon passe vite pour du moyen... "Drapeau blanc" demande la fin du combat dés le commencement, un texte français parlé amène la relation personnelle sur le champ de bataille, un titre lent où la musique habille un peu l'élan mélodique, l'apparition de l'anglais est certes déposée avec délicatesse mais il m'est difficile de me laisser emporter par cette ouverture.

"Chaos debout" donne du rythme, le combat se déroule rapidement mais sans vraiment de surprise, les riffs sont évidents, d'autres ont pensé avant à cette architecture et à cette attaque graduée, on est loin du meilleur niveau des Toulousains... Heureusement, la suite de l'EP est bien plus proche de ce qu'ils ont l'habitude de faire : nous transporter par des sons, des ambiances et des textes percutants. Guitare insidieuse, chant hypnotisant, "Par mes flèches" touche leur cible, le coeur, blessé mais ravi, on se laisse soigner par "Le sens du vent", d'abord chaleureux, le titre s'excite et vient remuer la pointe dans la plaie, on est donc endolori et aux aguets quand est déclamée "C'est une guerre", cette déclaration est suivie de la déclinaison du champ lexical de bataille puis de sauvages éructations des instruments et de la voix qui cherche à se défendre. Le combat est intense, le titre est donc court, trop court. L'énergie sera bien plus délayée dans "J'ai vu", la guerre est terminée, c'est l'heure de la réflexion sur les ruines chaudes, qui est responsable ? Qui est victime ? Agora Fidelio s'interroge et nous envoie ses pensées directement, la guitare et quelques sons traînent à l'arrière-plan puis viennent occuper les devants du théâtre des opérations nous bousculant lentement, les saturations emplissent l'air, à droite et à gauche, Milka nous donne le tournis, nous force à poser un genou à terre, Il y a eu la guerre ici, il va falloir reconstruire...

Les illusions d'une route : Bagdad n'est pas aussi exceptionnel que la première étape faute d'excellence du début à la fin mais était-il seulement possible d'égaler l'EP précédent ? Et faut-il être déçu quand deux plages ne sont pas aussi bonnes que le reste mais sont tout de même largement supérieures à la production moyenne du paysage musical ? Agora Fidelio est et restera toujours hors norme, cette toute petite faiblesse prouve qu'ils sont bien humains, quelque part, c'est rassurant.

Agora Fidelio / Chronique EP > Les illusions d'une route : Barcelone

Agora Fidelio - Barcelone Après pas mal de boulot dans leurs autres projets (Psykup, MOPA, Naïve ...), Agora Fidelio revient sur le devant de la scène avec une véritable invitation au voyage sous forme de trilogie, la première étape nous emmène à Barcelone, une ville plus sexy que celles qui seront les escales suivantes (Bagdad puis Belfast). En 6 plages, on est replongé dans les débuts de l'histoire d'Agora Fidelio et pour moi qui suis un inconditionnel d'Altitude zéro, c'est un vrai régal car Les illusions d'une route : Barcelone me procure le même genre de frissons, cette sensation que la musique est écrite pour vous, qu'elle vous pénètre, qu'elle vous hérisse les poils, qu'elle vous envahit, vous habite, que vous la connaissez depuis toujours, que vous lui faites confiance les yeux fermés, sachant pertinemment où elle vous conduit. Rythmes, guitare, voix, tout est aussi pur que les cîmes enneigées des Pyrénées sur la route de Barcelone, tout est aussi doux que les lignes du Gaudi de la Casa Milà et si parfois la saturation montre les dents c'est pour rappeler que ce sont celles la Casa Batllo qui lui ont en partie donné cette allure fantastique. Les illusions d'une route : Barcelone, c'est la descente de Montjuic par le jardin botanique, le panorama depuis Tibidabo, la promenade sur la Barceloneta, la remontée de la Rambla enchaînée au Passeig de Gracia, une déambulation dans le Parc Güell, un peu de repos au parc de la Citadelle, le dédale du barrio Gotico et de la Ribera... On s'y sent en sécurité, au chaud, on s'émerveille, on oublie le stress (de la Diagonale), les doutes (du Ravalà) et on se laisse faire, on reste là-haut, on s'abandonne espérant que cela dure une éternité.
Revoir Barcelone, réécouter Les illusions d'une route : Barcelone, replonger avec cette voix, ce parlé, ses mélodies, son anglais, son français (mais pas d'espagnol), les notes délicates, les accélérations rageuses nécessaires.... Putain, que de nostalgie, que d'envie d'y retourner quand ça s'arrête. Mais putain que c'est bon.

Agora Fidelio / Chronique LP > Le troisième choix

agora_fidelio.jpg Du post-rock chanté, du rock atmosphérique aux tendances orageuses... A l'image de sa musique qui s'inspire de beaucoup sans jamais copier personne, Agora Fidelio est avec son nouvel album, à la croisée des chemins. Comme toujours, artwork et packaging sont scrupuleusement soignés et après la simple mais sublime pochette d'Altitude zéro, le groupe nous offre un nouveau visuel, peut-être moins classe que son précédesseur, mais tout aussi inspiré (cet effet froissé est une idée est certes futile mais absolument brillante). Une fois passées ces considérations esthétiques, on entre de plein pied dans cet album et on oublie facilement les absurdités que l'on a pu lire sur le groupe, comme quoi la musique d'Agora Fidelio évoquerait invariablement Sigur Ros, Mogwai et/ ou Cult of Luna... Soit. Sans faire injure à l'une ou l'autres de ses formations (loin de là), ni dénigrer le travail des auteurs de Le troisième choix, il faut parfois arrêter de faire des parallèles pour mieux se concentrer sur l'essentiel. Car il est une évidence de dire que dès qu'un groupe évolue dans des sphères proches du post-rock, il évoquera forcément Mogwai, que dès que sa musique a quelque chose de céleste, on pense à Sigur Ros et que si en plus, il joue aussi bien avec le calme qu'avec la tempête, c'est parce qu'il est influencée par le travail des suédois de Cult of Luna... certains groupes n'en conserve pas moins une véritable personnalité musicale, que l'on aime leur art ou pas. Agora Fidelio est de ceux-là. Si l'atmosphère rêveuse qui baigne la majeure partie de l'album a tendance à procurer chez nous le même effet que les ballons qui flottent dans les airs sur l'artwork, Le troisième choix est un disque de rock ascentionnel pour le moins racé. Une oeuvre sensible et souvent sur le fil du rasoir, accompagnée de lignes de guitares surraiguës alors qu'elle baigne dans une tristesse parfois insondable (la mélancolie suicidaire de "Ma violence"). Dressant un constant lucide mais parfois un peu facile des maux de notre monde ("Une époque formidable"), Agora Fidelio offre quelques compositions savamment ciselées ("Finir à Paris", "On sème"), quelques morceaux tantôt calmes et réfléchis, tantôt plus brut de décoffrage, exprimant leur rage dans quelques déchaînement de violences plutôt bien amenés. Et si le chant dans la langue de Molière peut parfois heurter, le groupe parvient avec ce Troisième choix a franchir l'étape de la matûrité artistique, livrant par la même 11 titres, maîtrisés, inspirés et aux qualités mélodiques indéniables ("L'enfance", "Puisqu'on est pas mort"), pour un disque à l'élégance plutôt rare dans le paysage musical hexagonale.

Agora Fidelio / Chronique LP > Altitude zéro

agora fidelio : altitude zero La re-sortie nationale d'Altitude zéro permet à ceux qui avaient raté le coche au printemps 2004 de se rattraper car avec cet album Agora Fidelio se débarasse de l'étiquette "side-project de Psykup" pour imprimer sa trace dans le paysage rock français ! Malgré ses petits défauts Altitude zéro est un album merveilleux. Entre pop-rock parfois trés burné et post-rock chanté, le groupe se cherche mais nous trouve à chaque fois et c'est bien là le plus important, toucher, émouvoir, accrocher l'auditeur et pourquoi pas le scotcher carrément avec des compos du calibre de "Juste à peine", "Les équilibristes" ou du sensationnel "Altitude zéro". Et les autres morceaux sont trés bons également (seul "La soif" ne m'a pas vraiment convaincu...), on sent que le groupe se construit une image, son image et cherche à affirmer son style sans s'enfermer, allant même tater du côté d'un métal apocalyptiquement mental comme en témoigne le titre caché. La douceur des guitares, la rondeur de la basse, la précision des sons de batterie et bien sûr le chant font qu'Agora Fidelio se démarque et marque des points... Assez poétiques et pour la plupart trés prennants, les textes (en français) sont intéressants même si uen formulation me laisse perplexe (l'étrange il en faudra (...) des litres d'eau pour nourrir les braises de l'espoir...), il faudrait en discuter avec eux pour savoir si cela est intentionnel ou malheureux...
Ce genre de petits détails se soigne comme l'artwork, superbe lui aussi, qui trouve sa déclinaison sous forme de clip sur ce CD, côté son c'est le sublime "Altitude zéro" qui viennent se coupler aux images... Surtout ... ne pas toucher l'eau les mots pénètrent en vous et ouvrent une cicatrice qu'on ne veut pas refermer, juste une petite démangaison épidermique pour nous rappeler qu'on est bien vivant.