Agora Fidelio - Zèbre de Belleville (Oct. 2010) Agora Fidelio - Zèbre de Belleville (Oct. 2010) La porte s'ouvre, l'impatience liée à la découverte de la salle du Zèbre de Belleville se termine. Ancien cinéma de quartier devenu lieu de représentations artistiques comprenant celle du cirque, Le Zèbre de Belleville est un espace chaleureux, à taille très humaine qui sied parfaitement aux groupes "100% from Toulouse" qui font halte ici ce soir.

C'est dans une atmosphère sereine et détendue que débute le duo Uniform Motion. Sa particularité réside en une combinaison de musique d'un genre indie-folk et d'art visuel (dessin, ca marche aussi). Tandis que leur guitariste d'origine américaine jongle entre accords, chant, pédale d'effets et boite à rythme, Renaud se charge d'attirer l'attention du public en illustrant ses chansons mélancoliques sur un écran disposé au milieu de la scène. Le public est en mode "pause", envahi par la timidité voire l'absence par moments ce qui peut s'expliquer soit par un manque d'intérêt ou au contraire par la concentration et la surprise que peut procurer ce groupe. Leur concept ne laisse, en tout cas, pas indifférent.

La suite va être plus mouvementée. Cats On Trees est également un duo, mais homme-femme cette fois-ci. Ses membres ne sont pas d'illustres inconnus puisque ce groupe compte dans ses rangs le batteur de MOPA et la claviériste d'Aeria Microcosme. Les Toulousains développe un univers à la fois naïf et mystérieux rempli de folie et de finesse et de surcroit difficile à étiqueter. Ce qui ressemble à un concept parfait tient le public en haleine du début à la fin. La force de ce duo est la communication de son énergie et de ses précieuses mélodies qui bercent nos écoutilles. Un groupe à découvrir pour ceux qui aiment à la fois Tori Amos et The Dresden Dolls.

Les plus attendus de la soirée n'ont qu'une heure pour nous retourner l'esprit. Je parle bien entendu d'Agora Fidelio que je vois pour la première fois. Ces mecs là incarnent la classe et pue la sincérité à plein nez. Certes leur musique n'est pas des plus fédératrices mais ils arrivent néanmoins à nous transporter, à nous faire voyager à travers leur morceaux tantôt post-rock, tantôt noise. La voix de Milka narre ce périple, le chante, le hurle et le scande parfois, donnant un côté théâtral au spectacle. Le son est au top, pas de fausses notes, preuve de leur professionnalisme. Agora Fidelio fait honneur à Les Illusions d'une route : Barcelone mais n'hésite pas à puiser également dans leurs précédents albums. L'apogée de ce concert est pour ma part le moment où résonne les accords d'"On sème" avec un Jouch en forme reprenant les chœurs originellement féminins. Le concert passe malheureusement trop vite, le groupe devant vider la salle à 23h30. Le quatuor nous quitte avec "GPS" avec un Milka hurlant de tout son corps un "I wish, I was..." monumental. Agora Fidelio devrait logiquement dans un avenir proche multiplier ses représentations avec ses deux prochaines sorties des "illusions d'une route", vous n'aurez donc aucune raison de les louper. Sensations assurées !