Rock
Aerôflôt
Biographie > Un peu de réalisme socialiste électronique
Entretenant volontairement un flou artistique autour de la formation du groupe, Aerôflôt se joue des genres, tourne tout à la dérision, aussi bien sur sa musique que son parcours. A la base de cette formation bordelaise, on trouve Dima et Bardou Jacquet de Summer Factory, Don Postpuce de Calc (mais ils sont partout ?!) et le Mage d'Acrimonie. En 2002, ils se sont lancés dans ce projet électro-rock "en hommage aux grandes heures de l'aviation sociétique", dixit leur bio sur leur site internet. "Empruntant autant à l'esthétique sombre du Derrick du début des années 80 qu'aux convulsions post-rock des Stranglers et autres Devo, les quatre membres d'Aerôflôt tentent depuis deux ans d'introduire une dose de réalisme socialiste électronique underground français" : c'est bête à dire, mais pris au quarantième degré, c'est peut-être eux qui se définissent encore le mieux !
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Aerôflôt / Chronique LP > Que te den!
Loin, très loin des productions électro actuelles, à des kilomères du rock british qu'on entend partout, Aerôflôt semble pourtant utiliser les mêmes ressorts. A la manière d'un Air décomplexé, Dima, leader du groupe et bidouilleur de sons infatigable, soigne les samples et va chercher son inspiration en dehors des sentiers battus. Quant au rock d'Aerôflôt, puisqu'il s'agit surtout et avant tout d'une véritable formation rock, il lorgne lui aussi derrière lui, du côté des années 80. On pense parfois à Devo, aux productions post-punk de l'époque en général. Sauf que ceux-là ont quelque chose en plus qui fait tout leur charme, cette petite touche kitch qui fait mouche. A écouter les sonorités et bruitages de l'album, on croirait presque qu'il a été enregistré à bord d'une navette spatiale russe, où les quatre musiciens d'Aerôflôt se seraient amusés à appuyer sur tous les boutons, jusqu'à ce que la navette décolle vers une planète peuplée de petits hommes verts plus amusants qu'effayants, locaces en tout cas. Les références ne manquent pas non plus et ne semblent être là que pour être passées à la moulinette.
Bande son imaginaire d'un film de série B déjanté, hymne de la révolte prolétarienne moderne, message crypté à l'intention d'intelligence supérieure extra-terrestre : le doute reste entier sur les intentions premières de ces stakhanovistes de la production musicale.
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