aaron1.jpg Alors Simon, vous en êtes au tout début de votre tournée, comment s'est passé le grand saut vers le live ?
Simon : C'est géant, on apprend au fur et à mesure que toutes les dates sont complètes et on ne s'y attendait pas du tout. On a fait que deux concerts avant ce soir et à chaque fois, il y avait une vraie chaleur de la part du public envers nous. On commence à rencontrer des gens qui ont écouté l'album et qui connaissent déjà nos morceaux, au niveau du ressenti, c'est quelque chose qui fait vraiment beaucoup de bien.

(Olivier vient se joindre à nous) Je ne suis pas du tout un amateur de presse people mais j'ai lu que votre rencontre était un peu dûe au hasard.
Olivier : C'est tout à fait ça. On avait une amie en commun (Vanessa Filho qui a notamment travaillé sur le visuel de l'album et la vidéo de "U-turn"), celle-ci a fait en sorte que je rencontre Simon a une époque où je cherchais un nouveau projet musical et de fil en aiguille on en est venu à composer "Endless song", le premier morceau d'Aaron.
S : Pour ma part, j'ai toujours rêvé d'avoir un groupe. Sans jamais concrétiser cette envie. En fait, avant Aaron, la seule fois où j'avais chanté en public, c'était à l'occasion d'un "boeuf" avec des potes et j'étais un peu bourré (rires).

Artificial animals riding on Neverland est sorti sous licence exclusive chez Discograph il y a un mois et demi et quand on regarde les charts hexagonaux, dans les trente premiers vous êtes les seuls à ne pas être signé chez une major, enfin, vous deux et Booba. [rires] Personne n'a voulu de vous chez les poids lourds de l'industrie du disque ?
S + O : Au départ, pas vraiment. Evidemment, comme tout le monde, nous sommes allés démarcher des grosses boîtes de disques mais à chaque fois la réponse était du genre : "c'est sympa mais c'est en anglais, c'est trop ceci, trop cela, pas assez radiophonique. Il faudrait réarranger ce passage, produire des singles etc...". Et nous, ce que l'on voulait, c'était faire une musique personnelle. Un truc qui ne vienne que de nous. Le plus amusant, c'est qu'après la sortie de Je vais bien ne t'en fais pas (le film de Philippe Lioret primé aux Césars avec Mélanie Laurent et Kad Merad dans les rôles principaux) et le succès d'estime des deux morceaux ["U-turn (Lili)" et "Mister K" NDLR], ces mêmes boîtes nous ont rappelés... (rires).

Justement, j'allais y venir à ce film justement qui a largement contribué à vous faire connaître tous les deux. Comme ça c'est passé avec les deux morceaux qui sont sur la BO et surtout dans le film ? Vous les avez composé pour l'occasion ?
O : En fait, nous avions composé ces deux morceaux pour nous-mêmes et après, on a proposé les titres à Philippe (Lioret) qui a aimé ce qu'il a écouté.
S : Il faut savoir que dans la plupart des films, la musique est un peu l'habillage sonore de l'histoire. Mais là, Philippe qui n'a pourtant pas fait de gros succès au box-office avant Je vais bien... s'est battu pour imposer ses idées et faire en sorte que la musique et notamment le titre phare "U-turn", malgré le fait que le film n'ait pas un énorme potentiel commercial, que Mélanie Laurent soit une quasi inconnue etc... C'est d'ailleurs à la suite de ça qu'il a rebaptisée son personnage principal (Lili). Et au final, dans le film (qui raconte d'une jeune fille qui, lorsqu'elle rentre de vacances, découvre que son frère jumeau a quitté le demeure familiale suit à une violente dispute avec leur père...) "U-turn" est presque devenu un personnage à part, en sommes, c'est un peu Loic (le frère), que l'on ne voit jamais dans le film.

Le film de Philippe Lioret vous a révélé, internet a également contribué à vous faire connaître et maintenant votre album est un carton "un peu" innattendu. Vous le vivez comment ?
O : Bien mais de loin. Il n'y avait et il n'y a toujours aucune logique de "commerce" avec Artificial animals riding on Neverland. On t'attache vraiment beaucoup d'importance à l'aspect artistique de la chose, on veut être vraiment libre de faire ce que l'on veut et là, en plus, avec les concerts, on bosse pas mal nos morceaux, dont on voit ça avec pas mal de distance.
S : ... même si, comme je te le disais tout à l'heure, les réactions positives du public nous font évidemment plaisir.

On vous compare pas mal à des groupes comme Coldplay, Archive ou Portishead, ça vous plaît ou ça vous gonfle ? Il y a des groupes que ça énerve profondément...
S : Ce n'est pas forcément toujours justifié mais ça ne peut pas être désagréable. Ce sont des références et c'est même plutôt flatteur d'être comparé à eux.
O : Il faut également savoir que les gens ont besoin d'étiquetter les groupes et leur musique, ça permet de savoir quel est le style du truc que l'on écoute. C'est comme ça chez les critiques, les labels etc... mais ce n'est pas très important.

aaron2.jpg Il y a deux minutes, on parlait du fait qu'internet vous avez aidé à "exploser" sur la scène musicale hexagonale. On parle beaucoup et à juste titre de la crise du disque et de l'impact des nouvelles technologies type myspace par exemple, quel est votre point de vue à tous les deux, vis à vis de ça ? Vous êtes un peu l'anti-exemple de ce qu'il se passe chez les majors
S : Nous déjà, on s'est révélé grâce à internet. On a mis l'album sur iTunes, ça a été l'une des plus grosses ventes en matière de téléchargement payant en France, myspace nous a énormément aidé puisque "U-turn" a été écouté gratuitement (et légalement) un nombre incalculable de fois. On n'a pas à se plaindre, internet nous a porté à la base.
O : Je comprends que l'on puisse se plaindre des gens qui téléchargent illégalement car les artistes ne gagnent pas toujours énormémement et produire un disque et le distribuer coûte de l'argent.
En même temps, l'actualité récente à montré que les majors font fermer des sites où l'on écoute et donc découvre des groupes gratuitement (BlogMusik et RadioBlogClub vinnent d'être contraints par la SACEM de stopper du moins provisoirement leurs activités)
O : Justement, je pense que les majors prennent le problème à l'envers.
Quoiqu'on en dise, le net est un vecteur important de l'industrie musicale et tout le monde devrait pouvoir cohabiter. Mais les majors sont en retard et ne veulent pas ouvrir les yeux pour observer ce qu'il se passe vraiment.

Je crois qu'on en a terminé...
Simon : tu restes pour le concert ?
Bien sûr
Simon : envoie-nous des ondes positives alors... (rires)

Je ne suis pas sûr que ce soit nécessaire, mais pas de souci, ce sera fait. Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions
Simon et Olivier : Merci à toi

la suite de l'interview : http://www.w-fenec.org/rock/aaron,3294.html