rock Rock > 31 Knots

Biographie > Sans le slip...

Originaires de Portland (USA), les 31 Knots sont trois et non pas neuf comme le trop fameux gang de l'Iowa, et se composent de Joe Haege (chant, guitare, samples, piano), Jay Pellicci (batterie) et Jay Winebrenner (basse). Un trio indie math/pop-rock auquel on peut ajouter Scott Solter, qui assure les enregistrements des parties de basse et batterie sur certains morceaux du groupe. Au rayon des influences assez diverses et variées du groupe, on pourra citer des formations telles que Fugazi, Engine Down ou Powell, autant de groupes auxquels la musique de 31 Knots fait référence sur 3 EP : The rehearsal dinner (2002), It was high time to escape (2003) et The curse of the longest day (2004), tous sortis chez le label américain 54°40' or Fight.
Distribués en Europe via Own Records, une structure basée au Luxembourg, les 31 Knots sortent en novembre 2005 leur premier LP : un album intitulé Take like blood, cette fois chez Polyvinyl Records (Of Montreal, Hail Social, Picastro.).

Review Concert : 31 Knots, Shannon Wright et 31Knots au grand mix (mai 2011)

31 Knots / Chronique LP > Take like blood

31knots_take_like_blood_artwork Imprévisible, c'est le premier mot qui vient à l'esprit au terme de la première écoute de Take like blood, le troisième LP signé 31 Knots. Des mélodies légèrement pop, des accords plus rock, des arrangements bruitistes, à la fois déroutants et inventifs ("City of dust", "Chain reaction"), les morceaux de cet album se révèlent assez difficile à décrire. Rock progressif, math rock matiné de sonorités popisantes, Take like blood navigue à vue entre le purement jouissif ("Hearsay", "Busy is bold") et l'abscons ("Intuitions imperfected", "A void employs a kiss" et ses samples improbables). 31 Knots n'hésite pas à bousculer les certitudes, prenant le risque, parfois inconsidéré de larguer l'auditeur en route, pour au final livrer quelques titres de haute volée ("Proxy and dominion", "Impromptu disproving", l'excellente "Untitled track".).
Toujours sur le fil du rasoir, les natifs de Portland ne se posent, avec cet album, aucune limite et leurs morceaux, aussi déconstruits et imprévisibles soient-ils, méritent souvent le détour. Problème, ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Parce qu'à être sans cesse en roue libre, du moins c'est l'impression que laisse cet album, les 31 Knots ont tendance à trop en faire. Refusant toute contrainte, toutes conventions préconçues, le groupe a ainsi parfois tendance à privilégier la complexité au détriment de la qualité même de la composition, et faire ainsi de son album un exercice de style, certes impressionnant, mais à l'intérêt sommes toutes, très relatif. Si la prise de risque est maximale, les expérimentations sonores du groupe méritent largement le coup d'oeil.
Un concept simple où la liberté d'écriture de la musique est érigée comme seul maître mot, Take like blood assume sa prise de risque, impose une griffe inimitable et au final, brouille brillamment les pistes pour mieux surprendre. Avec un petit bémol cependant, cet album laissant néanmoins un petit arrière-goût d'inachevé.