Shels - Sea of the dying dhow Brume électrostatique, frémissement bruitiste, des volutes de saturation électrique qui emplissent l'atmosphère, les guitares survolent des mélodies qui s'élèvent inexorablement vers les cieux, une explosion dans le ciel et * Shels nous fait pénétrer son univers musical avec l'excellentissime "The conference of the birds". Neuf minutes et quelques quinze secondes de haute voltige aérienne, d'un véritable cyclone émotionnel post-rock/métallique, subtil mélange de contemplation et poussée de fièvre que les américains distillent en entremêlant leurs arrangements, empilant les strates mélodiques pour ne plus former qu'un seul ensemble à l'intensité rarement égalée. Premier titre et coup de maître, entre Bossk, Explosions in the Sky, Mogwai et autres Pelican, Shels, surprend, charme, ébloui, mais prend le risque de décevoir, car après une telle entame, on serait tenté d'attendre monts et merveilles de la part de ce groupe originaire de la Cité des Anges. Alors, pour ne pas jouer sur ses acquis et éviter la toujours délicate comparaison entre les morceaux, le *Shels change de registre en délivrant un post-rock plus voluptueux, délicat et satiné sur "Indian 1", délaissant quelques instants la puissance du premier titre pour démontrer qu'il sait ménager ses effets... même en sourdine.
Place au (presque) diptyque "The white umbrella". Une courte intro (la bien-nommée "The white umbrella intro") aux sonorités tribales, un interlude en forme d'incantation et quelques instants d'apaisement absolu avant le retour à un son, plus dense et tellurique. Car dès la première seconde, "The white umbrella" crache le feu des décibels et assomme l'auditeur d'une chape de plomb post-metal/ hardcore instrumentale qui fait vibrer les vertèbres avant de laisser ses mélodies, portées par une guitare acoustique enjôleuse, divaguer vers des horizons célestes, puis de retourner sur une terre ferme en pleine éruption musicale. Des torrents de riffs en fusion, une puissance implacable et une propension à produire une musique à haute teneur émotionnelle, Shels se met à nu et lorsque le chant fait de nouveau son apparition ("Water - intro", "Atoll"), jouant la carte d'un émo-rock stratosphérique et envoûtant, ce n'est pas pour rien. Le groupe peut-il encore aller plus loin ? L'éponyme et postcore "Sea of the dying dhow" vient apporter une réponse... et elle est éclatante. Les américains parviennent ici à se sublimer et à livrer un must absolu du genre... aussi complexe que cathartique. Bluffant. Quand Shels laisse parler ses émotions brutes, il lève le voile sur une musique hybride qui parvient à mixer les genres pour n'en ressortir que l'essence la plus pure ("The killing tent", "Return to Gulu"). Un substrat post-rock/métal original et inventif qui nous transporte dans des univers différents afin de faire voyager nos émotions ("In dead palm fields"). Classe.