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Zozobra se forme en 2006 à l'initiative de Caleb Scofield, bassiste/vocaliste de Cave In et Old Man Gloom qui après avoir oeuvré quelques temps en studio s'adjoint rapidement les services de Santos Montano, également membre d'Old Man Gloom. Ensemble, ils sortent en 2007 chez Hydrahead, l'album Harmonic tremors et tournent notamment avec Isis et Jesu. Cette tournée permet un rapprochement général des membres de Cave In alors en sommeil puisque Stephen Brodsky et Adam McGrath viennent jouer les musiciens live pour le groupe alors qu'Aaron Harris manifeste de l'intérêt pour le travail du duo Scofield/Montano. Intérêt qui se matérialisera en 2008 par la présence du batteur d'Isis sur le deuxième album de Zozobra : Bird of prey.

Zozobra / Chronique LP > Bird of prey

Zozobra - Bird of prey On était un peu passé (complètement même) à côté de Zozobra. L'excuse ? Il n'y en a pas vraiment. Une question de timing et de piles de disques à chroniquer un peu surchargée et voilà comment on fait pour zapper un groupe qui méritait pourtant largement que l'on jette un œil sur son cas. Projet initié par le bassiste/hurleur de Cave In, beugleur acharné à l'organe surpuissant, Zozobra s'était déjà fait remarqué avec Harmonic tremors, premier disque en forme de belle claque métallique (même assenée en retard.), là en remettant le couvert avec Bird of prey, impossible de passer à côté d'un disque qui déboise les enceintes sans prévenir.
Zozobra = Cave In + Old Man Gloom. C'est simple, direct, efficace. mais qu'est-ce que ça en met dans les tuyaux bordel ! "Emanate", puis "Heavy with shadows" pour entamer les hostilités, Zozobra annonce la couleur, graisse ses instruments et envoie la purée. Le cocktail diabolique de metal hardcore rock/noise aux relents stoner fait des ravages partout où il passe et Caleb Scofield n'a pas besoin de s'époumoner ni de forcer son talent pour imposer ses hurlements rageurs à la manière d'un Sean Ingram (Coalesce). De son côté Santos Montano fait le boulot et pilonne tout ce qu'il peut pour matraquer un peu plus les tympans de son auditoire. Lourd et dévastateur. Clairement décidé à jouer les rouleaux-compresseurs auditifs, le duo ne s'arrête pas en si bon chemin et empile les parpaings sonores ("Treacherous" et dans une moindre mesure "Heartless enemy"). Nous, pendant ce temps, on dérouille.
Un interlude ("Big needles") bourdonnant et tout en saturation industrielle à la Godflesh pour laisse reposer ce qu'il nous reste de neurones et Zozobra repart à l'assaut de nos tympans, les annihilant avec une conscience professionnelle rare à coups de torpilles métalliques et de breaks monstrueux de puissance tellurique. Implacable. Groove de tueur, une haine féroce qui éclabousse les murs, Zozobra n'est peut-être pas le plus révolutionnaire des groupes squattant les platines CD du W-fenec, mais son efficacité abrasive ne souffre d'aucune contestation. "Sharks that circles", "In jet streams", le duo en remet une couche et lorsque le volcan crache ses dernières vagues de lave en fusion avec l'infernal et caverneux "Laser eyes", c'est un sur un tas de cendre que le duo trône fièrement, contemplant non sans fierté le paysage de chaos et désolation qu'il a semé derrière lui. Zozobra : une énorme baffe dans la gueule doublée d'un véritable orgasme auditif. Brutal, rageur, animal...