metal Métal > Zombie Eaters

Biographie > Mangeurs de zombies

Formé en 1993, Zombie Eaters vient de Bordeaux, évoluant à côté de formations comme Oversoul, Nihil, Viridiana. Le style de Zombie Eaters, c'est du métal, mais n'importe lequel, combinant diverses influences, le néo n'est ici pas revendiqué comme influences premières, il faudrait plutôt aller voir du côté de groupes plus classiques Faith No More, Tool comme l'indique la bio). Alors décalage, déjantement à la lourdeur des mélodies, Zombie Eaters fraye son chemin dans le Paysage Métal Français (après le PAF...).
Zombie Eaters est formé depuis pas mal d'années, et à l'expérience des tournées, notamment avec des pointures du métal, Watcha, Out, Shovel. Le groupe tire son épingle du jeu avec son mélange métallique remis au goût du jour, pas de rythmique lourde, mais une barrière sonique organique qui reflète la personnalité de Zombie Eaters. Quelques démos et deux album à son actif, Zombie Eaters continue toujours sa route, sans tomber dans un quelconque effet de mode.
Le groupe se sépare en mars 2007 aprés un dernier concert à Bordeaux...

Zombie Eaters / Chronique LP > Axe et cible

zombie eaters : axe et cible Faut-il qu'un album soit meilleur qu'un autre ? Faut-il toujours étudier l'évolution d'un groupe ? Les Zombie Eaters en sont (déjà !) à leur troisième album et ils continuent de progresser (dans le sens "avancer" mais aussi "faire de mieux en mieux" encore que cela est un point de vue trés personnel). Son impeccable (prod de Stéphane Buriez, mastering de JP Bouquet), compos ultra travaillées, textes intelligents ("La frontière", "Zapruder"...), graphisme ultra soigné, partie CDROM très riche et agréable (avec Kiki qui chante en vrai ! en vidéo et sur "Incubo"), bonne humeur et sympathie affichée, bref, les Zombie Eaters n'ont rien changé à ce qui fait leur force, si ce n'est que c'est certainement encore mieux... Riffs abrasifs et jolies mélodies se marient sur le vif, les breaks plus ou moins secs et les relances qui balancent sont également de la (trouble) fête, Axe et cible vise donc juste et met dans le mille... Emile. Et oui, car les Bordelais sont aussi amateurs de (bons) jeux de mots et s'ils se sont calmés de ce côté là, on trouve tout de même "CNN" (Cette Navrante Nécropole) et quelques jolies tournures (C'est si singulier d'être pluriel...). Toujours très à l'aise avec le français, seul le schizophrénique "Mr Wayne" est en anglais, l'ombre de Mike Patton est donc nettement moins présente, même si les constructions alambiquées ("L'exil" par exemple) font honneur à leur patronyme (pour ceux qui ont raté les années 90 "Zombie eaters" est un titre de Faith No More...). Aprés un départ canon avec "AK 47" et "Morts-vivants", le quintet trouve sa vitesse de croisière et termine au sprint avec deux titres de très très haut niveau... "Beslane" (en français mais qui s'écrit comme le nom de la ville russe où les forces anti terroristes ont massacré les enfants...) est un instrumental avec des guitares douces et nerveuses à la fois, un régal noisy qui rappelle leurs voisins Sleeppers... Et le suivant, "Zapruder" est un morceau-étalon pour celui qui voudrait s'oser dans le décortiquage du talent des Zombie Eaters, une mélodie calme qui tout d'un coup nous prend à la gorge, les guitares qui semblaient dispersées se regroupent pour renforcer l'oppression et se volatilisent comme elles sont arrivées, sans qu'on comprenne vraiment, la rythmique est quant à elle omniprésente, elle mitraille tels les tireurs de Dallas et rebondit comme l'affaire qui n'explosera jamais autant que ce titre...
Ca fait un petit bout de temps qu'on s'extasie sur les Zombies, les derniers sceptiques ne devraient plus mettre longtemps à nous rejoindre et vont certainement réécouter les premiers albums...

Zombie Eaters / Chronique Split > Zombie Eaters / Hurlements d'Léo

zombie eaters split Le split des Zombie Eaters est une bonne nouvelle ! Non, le groupe ne cesse pas ses activités, il partage une petite galette avec leurs voisins et amis des Hurlements d'Léo ! Au départ, le groupe de rock festif Les Hurlements d'Léo étaient simplement invité à venir faire la fête sur un titre de l'album des Zombie, "Le parti des plus nombreux" est donc paru sur l'album 2 des métaleux, un titre jouissif que tout le monde a apprécié, l'engouement est tel que les deux groupes se mettent d'accord et sortent ce split CD durant l'été 2003, en plus du titre où les deux combos jouent ensemble, on a "180°", une bonne synthèse des capacités des fans de Mike Patton, une douce mélodie côtoie la rage, c'est aussi sur l'album et donc tout le monde connaît déjà. Le troisième titre est donc celui des Hurlements d'Léo tout seul ou presque puisque c'est Artefact qui a remixé leur "Boomba dance", un mix très dub pour danser lors des chauds après-midi de cet été. En bonus, on a le droit à plusieurs minutes extraites d'un documentaire à sortir en octobre : Léo pousse des Hurlements, on y voit les deux groupes enregistraient leur titre commun dans la bonne humeur.
Ce CD collector existe parce que les deux groupes se font plaisir en le sortant, il est dispo en VPC ou lors des concerts, c'est réservé aux fans de l'ouverture d'esprit et des mélanges douteux qui aboutissent à des petites perles.

Zombie Eaters / Chronique LP > 2

zombie eaters: 2 On avait pris une claque avec Bruit(r)iste, et c'est encore un choc à la sortie de 2. Produit par Fred Foulquier (Nihil, Psykup) et beaucoup plus rock que son prédécesseur, ce deuxième album est fidèle à l'image des Zombie Eaters : jamais bien cernable et toujours à la recherche d'un truc innovant. Les Zombie Eaters en profitent pour retrouver le chemin de titres fortement mélodique, comme "11/09/01" ou "Kamikaze", à l'instar de la direction prise par Leto. Cependant, n'oublions pas que ces énergumènes là, sont ceux qui ont pondus le magnifique "Camereye", à l'intro au groove inimitable. Donc la section rythmique de Zombie Eaters est encore au rendez-vous pour une revue de breaks, de gimmicks, enfin toute la panoplie pour éviter la monotonie, voir "Mat" par exemple (alea jacta est).
2 est également l'occasion pour nos croques-zombies de croiser le fer avec Les Hurlements de Léo, sur "Le parti des plus nombreux", titre magnifique et fortement d'actualité, où la verve des derniers s'allient avec la puissance des premiers.Olivier du Bruit du Blé est également de la partie sur "L'oHm", titre un peu plus mitigé à mon humble avis. Symbole de l'orientation artistique du nouvel album "11/09/01" est présent sur la compil FrenchCore 2, guitare acoustique mélée à des riffs saturés à souhait, le chant mélodique coule sans heurts et avec facilité. Zombie Eaters en profite également pour développer ses textes comme sur "... InVisible" à la mélodie suave et "L'étiquette", où ils en ont vraisemblablement après les Slipknot et autres Mushroomhead.
Disséquer ce deuxième album n'est pas chose facile, les compositions étant fouillées et à 100 000 lieues du basique couplet-refrain-couplet. Les Zombies Eaters s'évertuent également à balayer le spectre large du métal actuel, en y prenant des influences multiples dont les morceaux sont truffés, sans y perdre leur personnalité, comme sur "Necktie" où certains passages lorgne violemment du côté hardcore métal. Qu'on les compare parfois à System Of A Down est compréhensible mais n'est qu'une approximation superficielle dû à la variété rythmique et mélodique dont est capable le groupe. Pour s'en convraincre, une écoute de "Balles perdues" devraient suffire, un chant merveilleux qui groove doucement et qui sait s'énerver avec constance, sur une guitare étrangement plus calme que d'habitude qui se contente d'accords basique sur le refrain, le pont est un passage sublime ouvrant le crescendo ubuesque que nous livre les Zombie. Allez, pour conclure, les Zombies c'est bon, mangez-en.

Zombie Eaters / Chronique LP > Bruit(r)iste

zombie eaters : bruitRiste Avec Loveherdose, les Zombie Eaters nous avaient déjà bien comblés, voilà qu'ils passent le cap d'un album au grand complet, avec Fred Foulquier en personne aux commandes, un mix et une production soignés, et des guests de taille. La production est lissé, le son clair, un cap est franchi. "Bruit(r)iste", commence l'album du même nom, un peu bruitiste, moins bruit triste, le titre est une marmite sonore, entre refrain très chantant, en fait très pop dans l'âme et des ponts, amalgames sonores très métals, qui courcircuitent d'éventuelles impressions trop légères. Le bruit, le vrai, Zombie Eaters le maîtrise sans consessions, sans à priori. Le chant comporte quelques originalités qu'il est bon d'entendre, la basse torture le fond de l'oreille, ça gratte, ça fait du bien, peut-être un peu trop saturée ? -Je ne supporte plus le silence-, c'est sûr qu'avec un titre comme "Bruitiste'" on s'éloigne du silence d'Or. "EZ28U" (Easy to hate you, pour les lents), ammène d'autres sentations, l'intro est syncopée, très soupçonneuse, mais rapidement enveloppée par une deuxième guitare qui joue son rôle délicat de wrapper, subtil et délicat cocktail, tout en saturation, en finesse, une troisième guitare se rajoute même, assez subtile production d'accords glissants. Le chant est haché, ciselé à la guitare d'une pointe accérée, entre cris primitifs et plaintes urbaines, les passages sont basiques, efficaces au possible, Zombie Eaters est arrivé à synthétiser la nature même inhérante du métal, cette saveur froide, cette sensation de coupure, cette densité volumique. L'espace est rempli sans difficulté apparente, fruit d'un gros travail au sein du groupe. Bob de Watcha en personne sur "Diatribe", le guest est de taille, la chanson également dense. Une basse qui martèle inexorablement, terrible travail de sape dans les bas fonds sonores, la petite contine est assassine, la batterie monte en force, la guitare fuse à tous va, influence un peu trop KoRn sur certains passages, mais le reste est du pur Zombie.
Zombie Eaters continue son travail acharné, rempli d'obsessions traumatiques, aidés des guitares très industries, fusions de vapeur périodiques, ou alors plus vastes et dégagées. Métal très soluble, qui s'ingère ave envie, "Soluble" comporte beaucoup des particularité de Zombie Eaters, leur touche particulière, la manière d'insérer d'autres voix, le groove guitare-batterie, cette basse abyssale, ce chant ubique qui ronge le cerveau.
Très majestueuse l'intro de "Chloé", piano + violoncelle, avec un craquement de vieux vinyl pour l'ambiance, part sur une influence légèreemnt plus indus, répétition plaintive, l'entrée de la guitare et du chant est impressionnante, entrant en résonnance avec le piano, après un coup de sang d'une croche, la voix est douce, chalereuse, puis la guitare redevient métal, très court passage violent, entrecoupé -Silence, Absence-, guitare qui résonne dans une boîte de fer, une basse qui se substitue à un violoncelle, le piano revient à brûle-pourpoint, la violence revient à la charge, encore plus électrique, la fin concentre les énergies, guitare puissante, basse saturé en appui, voix chargés, puis doucement s'évanoui dans un lent decrenscendo. "Chloé" est un merveilleux assemblage d'objets, de sons, de sonorités hétéroclites, mit en forme d'une main de maître, -elle vit parfois sans qu'elle y pense-, un piano qui trouve naturellement sa place dans cette compo très métal, des voix variés sensibles, vibrant en harmonies sur un lit de saturation acharné, même trois scratchs bien cachés. Si la Chloé en question existe, vue comment elle a inspirée les Zombie, je veux bien la rencontrer. Dur d'enchainer à un morceau comme celui-là, mais "F.N.M." se débrouille pas mal dans cette tâche, une basse très saturée, des voix très chantantes, un hurlement glaçant, des passages quasiment silencieux, chuchotés -La bouche embrasse la main, qui étouffe tes cris-. La facture du morceau est assez classiques, certains passages déjantés, pas mal d'influences de Faith No More. Une basse ronde qui fait son chemin, d'un pas assuré, une batterie qui claque le temps, une guitare en retrait, "Drugqueen" commence bien et continue encore mieux, syncope bien senti, balancement ternaire surprenant, un triolet de noires qui booste le refrain, le propulse sur des cieux métalliques, appuyé par une grosse caisse qui rebondit pile là où ça fait mal. Brouillard sonore, noeuds voix-guitares, "L'élément liquide" adhère à cette tradition des refrains très pop, mais beaucoup mieux senti ici, que chez certains groupes U.S., une guitare marteau-piqueur au ralenti, un son bien nourri, organique, bouillon électrique de sensations liquides, un goût salé dans la bouche. Dring, cette fois on entend bien le "Dick Laurent is dead", normal une fois qu'on sait ce qui se dit dans le film de David Lynch, déjà présent sur Lovherdose "Camereye" renvoie à des sons plus piquants, acérés, et toujours cette basse qui sait se faire indispensable, travailant ardamment à l'instauration d'une ossature solide. Intro volontairement faiblarde pour "Vice", le coup de bambou arrive après, plus introspectif, plus intérieur, tout le tourbillon du "Vice" est subjectif, très retenu, la pression interne monte, sans réellement exploser, pessismisme ultime. Guitare pop, folk, mais qui prends tout de suite plus de corps avec saturation, basse et double cliquetis de batterie, la suite est plus sombre, moins mainstream, aussi étrange, le refrain a son riff folk décalé qui trouble, une voix qui se déchaîne.
Zombie Eaters monte d'un cran sur l'échelle du potentiel, Bruit(r)iste est un album bien produit, avec des perles métalliques ("Chloé", "F.N.M."), un peu hétérogène parfois, mais fidèle à l'image des Zombie Eaters, assez déjanté quand il le faut (cf. la piste cachée, terrible coup de fouet aux 80's !), très maître de leurs compos, original et subtils parfois.

Zombie Eaters / Chronique EP > Love(h)erdose

zombie eaters : lovherdose Love(h)erdose, est un EP de 5 titres, livré après 3 démos... "Le mariage blanc", son atmosphère un brin débridée, un riff simple mais efficace, on mélange l'anglais et le français. Le tout résulte d'une construction pop avec une solide base métal. Le pont qui se noit dans un passage progressif, noyé par les hurlements de guitare. Drinngg, "Dick Laurent is dead" (merci Manu , -), extrait de Lost Highway, si les Zombie Eaters sont aussi déjantée que David Lynch, ça va balancer grave au Bal des Zombies... Remplissant "la cathédrale du Vide", d'un brouillard sonore, de complaintes dans le lointain, d'un maelström inquiétant, inquieté, des voix chancelantes, vibrantes, la basse sature, s'écroule, l'édifice prends corps, prend vie, se remplie d'un métal vibrant, touchant. Petit passage feutré parmi les barrières soniques, les complaintes s'affolent, se mèlent, puis se calme, c'est l'extase, cette petite mélodie qui s'insinue, étrange, intimiste, dansant sur la voix, les accents, le bruit, les percussions qui s'entremèlent. Sortons des ténèbres, pour le "Carnaval du bizarre", son riff entraînant, entêtant, un titre imprononçable (S3:ke S, c'est pire qu'un pseudo de Hacker...). Le morceau est d'une facture correcte, encore ce mélange franco-anglais, anglo-français, avec son riff rondement mené. La fin s'accélère, brûle ses dernières réserves, pour s'achever dans un hurlement. *"!/", ses cris torturés, son groove impressionnant, aller presse la gâchette, couplet-refrain-couplet. Ton corps froid serrer sontre mon coeur, I wish You were mine, M.E. sa rythmique déchaînée, sa voix éteinte, c'est un duel entre une énergie explosive, contenue, qui cherche à sortir, et une désillusion, déjanté, qui cherche à s'imposer.
Zombie Eaters, ratisse l'univers du métal pour en extraire l'âme et le spleen, en ajoutant à son bouillon, sa mixture décalée.