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Biographie > Yog-(Sothoth)

Ils sont Suisse (tiens comme par hasard...), sont originaires de Neuchâtel et oeuvrent depuis l'année 2000 dans un grind hardcore bien burné qui fait du bien par où il passe. Débuté avec l'idée directrice de proposer des reprises de Napalm Death, le groupe évolue au gré des changements de line-up et finit par écrire ses propres compositions. En 2004, le groupe sort son premier EP, savoureusement baptisé Feed the masses. Deux ans plus tard, toujours désireux de trouver un titre qui clash bien, Yog sort Grindcore deluxe et met une claque à la scène metal/hardcore helvétique. Désormais sur de bons rails, le groupe enchaîne, signe chez l'un des deux labels suisses de références (avec Division Records), en l'occurence Get a life Records (Cortez, Disco Doom, Ventura) et publie Years of nowhere. En 2008, le groupe figure sur la compilation Falling down, aux côtés notamment de leurs compatriotes de Kehlvin ou des américains de Pelican.

Yog / Chronique LP > Half the Sky

YOG - Half the sky Il y a des jours comme ça où l'on se lève avec l'impression d'avoir passé la nuit avec la tête dans un étau et que le reste du corps a fait connaissance avec le sanibroyeur des water... Half the sky de Yog fait un peu le même effet. Non en fait il fait "pire"... plutôt du genre à donner le sentiment de sortir du lit avec un casque allemand à pointe porté dans le sens généralement déconseillé. Cela dit, reconnaissons au moins que l'intro du titre inaugural de l'album n'incite pas à l'hyper-violence corrosive. Par contre le reste... Une fois passées les petites douceurs protocolaires de bases, les suisses enclenchent la marche avant pour que "Needle in black" délivre toute la sève math-metal sulfurique requise afin de carboniser les enceintes. On préfère prévenir de suite : ça va faire mâl(e).

"92%" (de violence épidermique) se présente sur le lecteur et voit les Yog envoyer tout ce qu'ils ont dans les chaussettes, le temps d'une déflagration particulièrement hargne-core, soit façon Converge vs Dillinger Escape Plan vs Napalm Death en mode helvète. Les ruptures de rythme sont légions, les lignes de "chant", complètement décharnées, le groupe se plaisant à varier les plaisirs masochistes afin de se libérer ses fantasmes créatifs. Autant de chimères métalliques qui célèbre le règne du blast comme principe fondamental et le déluge de riffs qui nous arrivent par rafales. Une batterie qui frappe à 6,000 coups minute, des lignes de basses outrageusement insaisissables, une technicité de pointe mise au service d'un savant cocktail distillant allègrement rock, hardcore, math-metal et grind des familles pour un résultat parfaitement déviant ("Solar nature") évoquant (on ne peut pas ne pas les citer) les cultissimes Nostromo. On ajoute à cela une prod' très sèche, presque aride, qui rend la séance de trépanation ici imposée... encore plus écorchée vive et on sert ça brûlant. Plaisir subversif garanti.

Le genre d'album qui vient te rouler dessus comme une une division de panzers en mode "blitzkrieg", sauf qu'en fait, bah tu aurais préféré que ce soit réellement le cas. Half the sky aligne les titres les plus turgescents ("Calculate the plan and escape", "Stones"...) sans jamais perdre de cette verve corrosive emmenée par un chant des plus viscéral. Tout est dans les titres ou presque : "Fist fuck on the way home", "I shall scream a beginning" ou "Plastic child", on retrouve cette folie décapante et les incessantes ruptures de rythme caractérisant les travaux de DEP et en même temps une forme d'énergie hardcore punk assez propre aux tueries made in Deathwish Inc.. Quelque soit la tentative de comparaison que l'on propose, Yog s'asseoie dessus et poursuit son entreprise de démolition que l'on classera dans la catégorie "math-grind". Hystérique, chaotique et en même temps salement violent ("Ugly liars behind baby masks"), l'album réserve quelques moments de folie pure que rien ne semble décemment pouvoir entraver ("Breaking the spell"). Et c'est tant mieux tant le groupe y va gaiement dans le démembrement auditif histoire de nous claquer une jolie fessée qui laisse l'arrière-train bien écarlate.

Yog / Chronique LP > Years of nowhere

Yog - Years of nowhere Du bruit et de la fureur, du grind hardcore chaotique qui défonce les cloisons auditives, du metal qui tranche dans le gras à la scie circulaire et qui annihile toute opposition façon bulldozer. 13 titres qui crachent leur venin dans les enceintes, 13 brûlots métalliques qui sentent le souffre et laisse un arrière goût métallique dans la bouche. Yog en clair et en 2 mots (d'accord trois...) : ça ramone sec. Le groupe empile les titres en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ça frappe dur, ça cogne derrière la nuque et surtout ça va vite... très vite. Après six morceaux, les suisses n'ont pas encore réussi à repousser la fatidique barrière des trois minutes et quand ils le font enfin, c'est pour lui ajouter une petite seconde de cadeau bonux ("Merge"). De "Love process failure" à 'Grindcore deluxe" où en moins d'une minute, ils nous compactent sévèrement les membranes auditives jusqu'à en faire du papier à cigarette, en passant par "Mouth full of shit cannot bite" ou "A light scent of wreck", les Yog ne font pas dans la dentelle.
Durant cette éprouvante mais jouissive séance d'équarrissage sonore, le groupe balance pêle-mêle dans sa marmite hardcore, une bonne tranche de Converge, un petit morceau de Dillinger Escape Plan, une pincée de Meshuggah, arrose de Nostromo secoue la pulpe façon Mumakil et nous sert le tout dans un digipack stylé au visuel finement suggestif. L'artwork renvoyant aux vieux films de trouille de série B, on était déjà sur nos gardes. Le passage sur la platine aura été explicite et sans appel. On se laisse embarquer dans ce road-trip visitant les tréfonds des Enfers ou on préfère rester sagement dans notre canapé en surface. Sensations fortes garanties. Hard-core destructuré, batterie qui pilonne à tout va, des guitares qui s'appliquent à tout démolir sur leur passage, un chanteur qui beugle comme un forcené, Years of nowhere est de ces disques qui transpirent la hargne et qui ne peuvent se dévorer que si on est sensibles aux charmes corrosifs et destructeurs d'un Knut passé en mode "Colaesce sur le retour" ("Orchidian", "Kal El"...). Grind as fuck en sommes. Jusqu'à en faire saigner les tympans...