Yog - Years of nowhere Du bruit et de la fureur, du grind hardcore chaotique qui défonce les cloisons auditives, du metal qui tranche dans le gras à la scie circulaire et qui annihile toute opposition façon bulldozer. 13 titres qui crachent leur venin dans les enceintes, 13 brûlots métalliques qui sentent le souffre et laisse un arrière goût métallique dans la bouche. Yog en clair et en 2 mots (d'accord trois...) : ça ramone sec. Le groupe empile les titres en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ça frappe dur, ça cogne derrière la nuque et surtout ça va vite... très vite. Après six morceaux, les suisses n'ont pas encore réussi à repousser la fatidique barrière des trois minutes et quand ils le font enfin, c'est pour lui ajouter une petite seconde de cadeau bonux ("Merge"). De "Love process failure" à 'Grindcore deluxe" où en moins d'une minute, ils nous compactent sévèrement les membranes auditives jusqu'à en faire du papier à cigarette, en passant par "Mouth full of shit cannot bite" ou "A light scent of wreck", les Yog ne font pas dans la dentelle.
Durant cette éprouvante mais jouissive séance d'équarrissage sonore, le groupe balance pêle-mêle dans sa marmite hardcore, une bonne tranche de Converge, un petit morceau de Dillinger Escape Plan, une pincée de Meshuggah, arrose de Nostromo secoue la pulpe façon Mumakil et nous sert le tout dans un digipack stylé au visuel finement suggestif. L'artwork renvoyant aux vieux films de trouille de série B, on était déjà sur nos gardes. Le passage sur la platine aura été explicite et sans appel. On se laisse embarquer dans ce road-trip visitant les tréfonds des Enfers ou on préfère rester sagement dans notre canapé en surface. Sensations fortes garanties. Hard-core destructuré, batterie qui pilonne à tout va, des guitares qui s'appliquent à tout démolir sur leur passage, un chanteur qui beugle comme un forcené, Years of nowhere est de ces disques qui transpirent la hargne et qui ne peuvent se dévorer que si on est sensibles aux charmes corrosifs et destructeurs d'un Knut passé en mode "Colaesce sur le retour" ("Orchidian", "Kal El"...). Grind as fuck en sommes. Jusqu'à en faire saigner les tympans...