wunjo : extralucide C'est bien connu, Wunjo fait partie de la team Nowhere. Alors en pleine actualité grâce à des formations comme Enhancer ou Pleymo, des groupes de la thym ont profité de l'engouement pour ce véritable phénomène rock qu'est cette association de rockeurs métalleux. Ainsi, AqME a ressorti son premier mini cd en attendant l'album, et les Wunjo nous ont gratifié d'un phénoménal mini skeud d'une belle maturité et d'une violence non contenue. Que s'est-il passé depuis ? Alors que les deux figures de proue de l'équipe de nulle part s'apprêtent à revenir sur les devants de la scène, les quatre AqME ont sorti l'album parfait et ont eu la reconnaissance que l'on sait. Mais qu'en est-il du cas Wunjo ? et bien, ces 5 petits gars ont fait leur petit bonhomme de chemin, sans jamais rien demander à personne, sans emmerder le monde, sans les frasques et sans le matraquage promo ou journalistique. Mais en cette veille d'été, voilà que les Wunjo signent chez Athome, ces petits filoux responsables des dernières prod de Seven Hate et d'AqME (rien à voir, je sais, à part le talent) / Steph et Olivier ont été attiré par la qualité artistique des franciliens. Comme AqME, Wunjo s'est pointé chez les labels après avoir enregistré leur album, il fallait le prendre comme il est. Sans concession. Alors, At(h)ome a été emballé, et a mis le grappin sur le groupe. Petite historique qui ne fait pas mal.
Musicalement parlant, ça se passe comme ça : 13 bombes dans un album, 13 perles de rock métal chantés en français, 13 morceaux très Wunjo mais quelque peu différents du premier maxi. Certains diront qu'ils se sont calmés, d'autres expliqueront qu'ils ont mûri, des derniers clameront qu'ils sont rentrés dans le moule. Toute proportion gardée, bien sur, il y a un peu de tout ça… Mûris, les Wunjo le revendiquent sans aucun souci. Calmés, peut être, avec une production plus propre que la précédente, sans aucun doute due à un travail acharné et minutieux de Pierre, l'ingé son du disque. Dans le moule, peut être un peu aussi, si on considère que les morceaux sont un peu plus léchés que ceux figurant sur le premier EP, plus contrôlés, mieux travaillés. Mais attention, ceci n'est pas une critique, au contraire, car le véritable pari du groupe était certainement de mêler puissance métallique et mélodies prenant aux tripes. Les instruments se veulent plus puissants et parfois atmosphériques, et la voix de Flavien explore des territoires complètement opposés, mais avec une brillante efficacité. Wunjo joue du métal, du métal humain, et il le joue bien. Preuve ultime, "Si loin", intro hargneuse, voix mélodieuse et rageuse, rythmique tapageuse, chanson élogieuse. Wunjo possède certainement l'une des voix les plus excitantes du circuit actuel, et ce n'est certainement pas le tube ultime "La firme" qui pourra me contredire. Guitares électriques et acoustiques, refrain AqMEsque, et cette voix virile et tellement jolie, mince alors, ça le fait. Le groupe ne prend pas de risque dans la structure de ses morceaux, mais tout coule tellement de source qu'il serait dommage de le regretter. Il reste pas loin de 11 morceaux et déjà, on ne peut que saluer le professionnalisme de la production de cet album. Le son, sans être toutefois révolutionnaire, sert parfaitement le groupe. "La cassure" est lui aussi un tube, mais dans un registre plus dur, à la rythmique plus lourde. Bien sûr, Wunjo n'en a pas oublié ses premières amours, les teintes néo métal et la brutalité qui a fait sa réputation, sans jamais oublier le coté mélo qui fera de lui le groupe de la rentrée ("Maskarade", "Lemo", "TV show", "Pornocratie"). Wunjo se risquera même avec brio à taquiner le mélange de la pop, du rock et du métal sans prétention mais avec détermination et bravoure ("D-Block", "Contre courant" et cette intro à la Muse, "Echelon" avec une voix féminine (celle de Vanessa, réalisatrice de clips à ses heures) à en faire tomber amoureux plus d'un, le grandiose "Versatile" ou quand le rock métal se confond avec les balades les plus romantiques). Pour clôturer ce disque d'un gros niveau, Wunjo s'ira exécuter un "Nouveau départ", quand le hardcore se fait plus lourd, plus sauvage, plus agressif, plus… Wunjo quoi !! En cadeau pour nous tous, le morceau le plus lugubre, le plus sourd, le plus malsain que le groupe n'ait jamais composé, tiré certainement d'une répèt, brut au possible.
Pour un premier album, il faudrait être mauvaise langue pour se plaindre. Si on pouvait résumer ce premier ef-fort de Wunjo, quelques mots bien imbriqués les uns dans les autres suffiraient : étonnante puissance mélodieuse pour l'un des combos les plus exi(c)(s)tants du moment !!! Ca vous va ? Car moi, ça me va parfaitement !