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Ecartelé entre Dijon et Lyon, Who Needs Maps? est un pur produit de ce que la scène indépendante hexagonale peut enfanter comme formation emo/hardcore/punk/screamo de premier choix. Le premier témoignage discographique du trio date de 2009 et tient en une démo CDr limitée sortie via le label du groupe Orchidscent. Un an plus tard, WNM? remet le couvert avec une deuxième démo CDr, un peu moins limitée et qui sert de répétition générale avant le premier album. Lequel sort en cette même année 2010, en vinyle, par le biais d'une flopée de labels indé parmi lesquels on retrouve, outre Orchidscent, quelques noms connus comme Impure Muzik, Dream Comes True, Ape Must Not Kill Ape ou Emotionally Unstable.
En 2011, alors que ce premier album (éponyme) est réédité en CDr limité par un obscur label russe, le groupe, décidément plutôt prolifique, livre un split LP en compagnie des bisontins d'Hiro via Dream Comes True, Impure Muzik, Moment of Collapse, Shove Rec....

Who Needs Maps? / Chronique LP > Who needs maps?

Who Needs Maps? - S/t Petit flashback : avant de participer l'an dernier à un excellent split LP en compagnie d'Hiro, Who Needs Maps? livrait courant 2010 un album éponyme sorti quasi exclusivement en vinyle (une édition CD est parue en Russie via un label indé local) par le biais d'une flopée de structures parmi lesquels Impure Muzik, Ape Must Not Kill Ape Records ou Orchidescent. La recette était déjà à peu près la même que par là suite, bien qu'un peu moins maîtrisée, pourtant l'identité screamo-noisecore-punk du groupe est déjà clairement affirmée. Mais ce premier album, venu après deux démos auto-produites, s'il possède déjà cette verve incandescente que l'on a pu trouver chez lui par la suite, manque encore un peu de corps, de limpidité dans l'écriture et pâti d'un léger manque d'efficacité dans son exécution.

Pourtant les huit morceaux qui le composent ne sont pas pour autant de vagues brouillons de ce que donnera la suite. Extrêmement ramassés, très crus en termes de rendu sonore et dans le même temps ouvertement punk dans l'esprit, ils poussent déjà le tensiomètre dans ses derniers retranchements pendant les quelques vingt-cinq minutes que dure l'album. Parfois imparfait mais plutôt très court, cet éponyme a l'avantage de servir de rampe de lancement pour ce que sera le futur de Who Needs Maps? et en même temps de donner un certain aperçu de ce que cela peut donner en live. L'avantage de ne pas tout mettre dans la production confère aux ex-Tan Case et Aguirre une qualité rare, celle de rendre à l'identique en concert ce que l'on écoute sur CD ou vinyle. Et ça ce n'est pas donné à tout le monde. Mais surtout, le groupe fait déjà parler cette propension à savoir faire gicler des titres aussi cinglants que ravageurs, des morceaux qui viennent gifler l'auditeur en même temps qu'ils affirment une certaine identité musicale : résolument DIY.

Who Needs Maps? / Chronique Split > Hiro | Who Needs Maps?

Hiro | Who Needs Maps? Hiro vs Who Needs Maps?, deux représentants d'un certain esprit noise-hardcore-punk sulfurique - et en mode "French DIY-touch" - qui entrent en collision le temps d'un split LP fatalement attendu au tournant, ça laissait supposer une jolie séance de concassage des tympans. Et c'est le cas. Orchestrée par toute une flopée de labels indé dont les toujours excellents Impure Muzik (Jack and the Bearded Fishermen, Membrane, Sofy Major, Tesa...), Moment of Collapse (Ausstôt Mort, Selenites...) et autres Orchidscent plus inconnus, cette "rencontre" gravée sur un élégant vinyle rouge marbré marque également le dernier témoignage discographique des furieux mais trop rares (et accessoirement excellents) Hiro. Donc on en profite une petite dernière fois avant le baisser de rideau définitif.

Et le groupe aussi, lui qui déclenche les hostilités d'entrée de jeu avec une volée de titres bien saignants (moins surpuissants et monstrueusement massifs que par le passé cependant), mais plus crus, acerbes et hargneux que jamais. Quatre titres pour enterrer l'auditeur avant de se saborder la tête haute, Hiro fonce dans le tas et dégaine deux premiers morceaux qui incendient les enceintes sans prévenir. Une combustion spontanée dont les principaux responsables sont des riffs sol -air qui arrosent les conduits auditifs au napalm, mais également une exécution chirurgicale et une rage particulièrement expressive qui fait de jolis dégâts dans la tuyauterie ("L'errance", "La tentation"). Le scénario est parfaitement rédigé : une attaque en piqué, une expédition noisecore punitive qui laisse des traces et des guerilleros franc-comtois qui calment le jeu avec un troisième morceau destiné à laisser parler son efficacité insidieuse et subversive plutôt que de donner dans le contact outrageusement frontal. Malin.

Le résultat n'est pas calme pour autant même si l'on s'attendait à quelque chose de plus salement violent. L'impression qui ressort ici est celle d'un chaos savamment contrôlé, une maîtrise absolue que le groupe laisse exploser une dernière fois, bien outillé qu'il est avec ses guitares imparables, ses quelques éléments mélodiques de premier choix et toujours ce cocktail hautement addictif de noise, de hardcore et de rock'n'roll... Là où par contre, sans guère de transition, Who Needs Maps? prend le relai pour faire joyeusement sauter la boutique. 4 pistes sans titre distillant un emo-hardcore-punk qui pistonne sec, c'est roots as fuck, ça transpire la sauvagerie pure, ça passe les neurones dans la lessiveuses et ça fait parler la poudre jusqu'à réduire les amplis à un tas de cendres. Intense et corrosive, la mixture sonore ici proposée, ne s'embarrasse pas des convenances. On oublie les présentations et on rentre directement dans le gras, le batteur frappe comme si sa vie en dépendait, le riffing est saignant, la basse... volubile, les vociférations vocales âpres absolument sans concession : en clair Who Needs Maps? est une claque que l'on prend violemment en pleine face et dont on attend impatiemment les prochains méfaits.