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Biographie > Quand Icare est tombé

Du post-hardcore de qualité venant de Suisse, et oui encore... Et on ne s'en lasse pas, When Icarus Falls vient de Lausanne et se compose de 5 membres qui ont uni leurs forces en 2007 pour notre plus grand bonheur. Diego au chant, Yann et Luis aux guitares, Claude à la basse et Xavier à la batterie et aux samples enregistrent un premier EP 3 titres au Studio mécanique avec Julien Fehlmann (Ascension, Kehlvin, Forceed, Unfold...). Over the frozen seas est ensuite masterisé à Hollywood par Gabriel Wallach (Motley Crue, Lenny Kravitz, White Zombie...), et sort en septembre 2009 via Get A Life Records.

When Icarus Falls / Chronique EP > Circles

When Icarus Falls - Circles Après avoir commis 2 efforts d'excellente facture sinon de très haute volée (Over the frozen seas puis Aegean), les Suisses de When Icarus Falls remettent une troisième fois le couvert avec un nouvel EP, sobrement baptisé Circles, proposant rien que moins que quatre nouvelles compositions drapées dans un postcore progressif proposant un étourdissant grand-huit émotionnel. Lequel prend d'assaut la platine et emportant l'auditeur avec lui dès son "Erechtheion" inaugural (matinal ?). Une véritable déferlante qui s'abat sur les enceintes avec une majesté effarante, une puissance déflagratrice d'une tornade tropicale et l'incandescence sensoriel d'un volcan en éruption. Un sommet dès la première piste de l'EP, WIF frappe terriblement fort. Mais n'en a clairement pas terminé avec nous.

Et le prouve avec un "The great north" qui prend tout son temps pour ramper le long de l'épiderme de l'auditeur, s'accrocher sur sa colonne vertébrale et s'insinuer inexorablement dans son esprit. De la manière la plus lancinante (presque répétitive par moments) qui soit, mais sûrement. Jusqu'à un climax d'une intensité étouffante, véritable catharsis émotionnelle derrière laquelle il va être difficile de passer, sans doute à cause de ce final bouleversant. Ce qui ne fait pas vraiment peur aux Suisses, lesquels enchaînent en douceur (au début) avec "Celestial bodies", avant de monter doucement en pression et de se lancer dans un nouveau grand-huit post-hardcore de grande classe. Un exercice que le groupe maîtrise à la perfection avec une aisance confondante, mais une efficacité effarante à tel point que cela en devienne presque lassant. Presque on a dit. D'autant que l'EP ne contenant que 4 titres, on n'a certainement ici que le temps de prendre une baffe monstrueuse et rien d'autre.

Toute réflexion faite, une grosse mandale, une énorme même, à la hauteur de ce que When Icarus Falls inflige à son auditoire avec "Nyx (Remixed)". Une version retravaillée du morceau présent sur la compilation Falling Down II il y a quelques années et une énième secousse sismique assénée par un groupe qui marche littéralement sur des braises sans jamais se cramer. Là, à ce niveau de maestria formelle/artistique, cela relève quasiment de l'indécence... Phénoménal.

When Icarus Falls / Chronique LP > Aegean

When Icarus Falls - Aegan 3 années se sont écoulées depuis la bombe qu'était l'EP Over the frozen seas, sorti chez l'excellent Get a Life! Records qui renaît d'ailleurs de ces cendres après avoir quasiment disparu de la cartographie des labels européens pendant deux années. Mais là n'est pas le sujet puisque c'est en fait via Headstrong Music (Hathors, Houston Swing Engine, Songs of Neptune, Monkey3, Yverdoom...) que When Icarus Falls (dé)livre aujourd'hui son premier album long-format avec Aegan. Un manifeste post-hardcore que les lausannois emmènent sur des sillons émotionnels d'une suffocante intensité.

Intro au clavier discrètement, délicatement majestueuse, "A step further" annonce une Apocalypse imminente, un chaos sonore à venir et un véritable tsunami qui va retourner les enceintes comme le reste en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et c'est effectivement ce qu'il se passe lorsque les suisses libèrent leur créature musicale dans tout ce qui fait sa bestialité crue, sa férocité animale et ses instincts les plus barbares. Mais pas que, car dans la violence épidermique qui jaillit au détour des lignes de chants et autres riffs cautérisant des plaies émotionnelles béantes, When Icarus Falls fait montre d'une maestria folle (l'éponyme "Aegan") comme d'une sensibilité à fleur de peau mais également d'une finesse rare ("Acheron / Eumenides"). On préfère prévenir, ce groupe-là a tout d'un (très) grand et va le prouver au cours de cet album.

La frappe de batterie, monstrueuse, rythme les déchaînements post-hardcore à l'extrême, cadençant l'ensemble musical des suisses avec une précision chirurgicale et les instrumentations parachèvent le travail. Lourd, puissant, dévastateur, le postcore des WIF n'a jamais été aussi abrasif ("Asphodel Meadows Part. I") et si la griffe est aisément reconnaissable, de part sa myriade d'influences (que ce soit ASIDEFROMADAY, Cult of Luna, Mono, Unfold ou The Ocean, sans oublier Isis et Sigur Ros), il n'y a rien à redire, le résultat est toujours aussi épique qu'éblouissant (un "What We know thus far (An inner journey)" absolument dantesque). Et là, c'est avant de lâcher le bijou qu'est "Tears of Daedalus" sur la platine, un titre qui ferait presque passer le My Own Private Alaska le plus douloureusement brisé pour une pop-song lumineuse de part sa fragilité déchirante et sa pudeur tout en retenue dévastée.

On est sous le choc, bouleversé, par cet avant-dernier titre, qu'il faut se remettre afin d'affronter l'ultime choc thermique signé When Icarus Falls. que l'on prend comme prévu en pleine face. "Hadès", c'est son nom, est là encore un monument de douleur viscérale concluant en apothéose cet Aegan emballé dans un élégant digisleeve qui n'enlève évidemment rien au plaisir du mélomane collectionneur, conscient d'avoir entre les mains un disque de (très) grande classe.

When Icarus Falls / Chronique LP > Over the frozen seas

When Icarus Falls - Over the frozen seas On a beau avoir l'impression d'avoir pris suffisamment de claques post-hardcore pour ne plus se retrouver sur le cul qu'on a du mal à réaliser ce qui nous arrive à l'écoute de Over the frozen seas tant When Icarus Falls dégouline de classe. D'ailleurs, je me demande si on peut rêver meilleure synthèse du post rock et du métal... Rien de moins. En trois titres et une belle demi-heure, les Suisses passent en revue les codes du post-rock avec des grattes lourdes et sludge à tomber, un chant parfois ultra saturé qui est un véritable renfort pour les instruments (qu'il se fasse l'appui des guitares ou du piano), des rythmes qui touchent au coeur et des ambiances qui me hérissent les poils. La montée en puissance magistrale de "Black tree", la douceur presque féminine de "Over the frozen seas", la puissance de pénétration des chaires de "They created lies which everyone uses", chaque chapitre est remarquable et impose le respect. Quand When Icarus Falls liste dans ses influences à la fois Mono, Cult of Luna, Sigur Ròs, The Ocean, Caspian, Isis ou Unfold, ils ne se moquent pas de nous, ils distillent les meilleurs pour créer quelque chose de nouveau, de différent et surtout de terriblement prenant.
Après l'énorme album de The Evpatoria Report l'an dernier, la Suisse nous livre une nouvelle bombe avec When Icarus Falls et les mots me manquent pour exprimer les sensations que leurs compositions procurent...