metal Métal > Watcha

Biographie > What ? Tcha !

Watcha en est à son quatrième album (après le premier éponyme, Veliki circus et Mutant) et comme tout le monde les connaît, je vais pas écrire leur histoire...
On passe donc direct à la chronique de Phenix, si tu découvres Watcha, tu ferais bien de te procurer les deux premiers !!!

Interview : Watcha, the interview side (nov. 2007)

Interview : Watcha, Watcha Circus interview (2000)

Watcha / Chronique LP > Falling by the way side


Watcha - Falling by the wayside Le départ de Keuj et Pendule au début de l'été 2006 laissaient présager du pire pour Watcha qui ne semblait déjà pas au mieux de sa forme avec Phénix... Quand le sampler advance de Falling by the way side est arrivé, je ne me suis même pas précipité dessus, de peur de me sentir à nouveau "trahi" mais il faut croire que cette profonde remise en question de l'entité Watcha leur a fait du bien car cet album renoue avec l'envie, le groove et l'efficacité métallique de Veliki circus ! Ca nous rajeunit pas mais qu'est-ce que ça fait plaisir de s'en prendre plein les oreilles !
Et pendant 45 minutes on est servi, du lourd, du bien envoyé, du bien senti, les vieux délires servent de guide ("Bogeyman"), les mélodies sont abrasives ("The wayside") et tout ce qui fait qu'on aime Watcha est bel et bien là. Fils du rock'n' roll (When life sucks we just rock, "Rock'n'roll kids"), ils nous ont habitué au respect des anciens en reprennant voire détournant des hits du passé, cette fois-ci, en plus de petits clins d'oeil deci delà, on a une version arrangée du "Blue Suede shoes" de Carl Perkins rendue célèbre par Elvis Presley ; les Watcha en ont repris quelques éléments pour en faire le titre "One for the money" (two for the fucking show) et à part ces paroles et un gimmick musclé, on a du mal à le comparer avec l'original ou à une autre version (The Beatles, Black Sabbath, Jimi Hendrix, Helloween ...), encore une fois, excellent (à quand un album de reprises ?). L'histoire de Watcha ne peut pas s'écrire sans celle de "Sam" qui bénéficie ici de deux pistes (les seules en français), "Sam - la voix des ténèbres" où le lascar divague entre la vie et la mort sur une musique assez trippante puis "Sam 5" qui conte son retour à une vie qu'il n'a pas choisie, une vie où il n'est pas la star et où le refrain cultissime (Miroir, beau miroir, dis-moi ce que je fais là) prend un nouveau sens. Avec les deux derniers morceaux, les ténèbres apportaient par les deux premiers (et surtout le plus sérieux "Bastard being") ne se dissipent pas, c'est encore très sombre avec le quasi éponyme "Watch yourself" et un "Blue" loin d'être azuré.
Quand Watcha semble aller mal, c'est là qu'il donne le meilleur, juste avant d'écrire Falling by the way side, ils étaient très mal...

Watcha / Chronique LP > Phenix

Watcha : Phénix Un single peut transformer un groupe... Alors qu'assez souvent, le titre qui est envoyé au grand public starifie rapidement un combo (Evanescence, Nickelback), pour le cas de Watcha on peut craindre l'effet inverse... Le titre "Un jour", même s'il bénéficie d'un très joli clip (présent en bonus sur le CD), est plat, niais, formaté, ennuyeux au possible et à des kilomètres de l'image sonique que nous avons de Watcha... Pour le coup, le choix fait par le groupe pour extraire ce single semble pas des plus sensés... Et comme ce n'est pas certain que les kids radiovores ou clipophiles soient accrochés et qu'il est sûr que les connaisseurs sont décontenancés, Watcha risque gros... Pour info, ce titre a été arrangé par René De Wael, le même qui a écrit presque tout l'album d'Houcine (Star Ac 2)...
Pourtant ce Phenix n'est pas si éloigné de Mutant que l'était Mutant de Veliki Circus, le Watcha foutraque qui balance la sauce dans tous les sens appartient au passé, il faut se faire une raison, "Y'a plus de messages", "Plus fort" (à écouter juqu'au faux break "on est pote avec un rappeur illétré") ou "Dimebag" ont bien du mal à se fondre dans le nouveau moule, surtout qu'ils suivent tous trois des titres assez lisses ("Un jour", "L'amour n'évite pas la mort" et "Sauve moi"), et là, c'est le (mélo)drame...
Avec l'âge, Watcha a perdu sa spontanéité, a voulu faire d'autres choses, à chercher à travailler ses sons, ses mélodies, tout est beaucoup plus joli que par le passé, même les distos ("Lâche") et les grosses frappes ("La guerre des nerfs") mais l'énergie n'y est plus vraiment (il faudra, à l'instar de Mass Hysteria aller la chercher dans les salles de concert). Si on zappe les bonus, l'album se referme avec "Sam 4" où les aventuriers de l'âme perdue, on retrouve un peu de folie mais il est bien tard...
Reste 2 pistes bonus (en plus du clip donc), un "Wolf le guerrier" acoustique à mourir de rire (d'ailleurs eux aussi ne peuvent s'en empecher) et une reprise (on ne change pas une idée qui gagne) du "I was made for loving you" de Kiss (traumatisé par la pub Coca ?), assez marrant, ça vaudra là encore le coup sur scène...
En résumé, quid du Phenix ? Watcha n'était pas totalement réduit en cendres, la renaissance n'est donc pas pour tout de suite, à part quelques titres et un trés bel artwork Tim Burtonesque, on retient surtout 2-3 grosses fautes de goûts, ou en tout cas 2-3 titres pas du tout à mon goût...

Watcha / Chronique LP > Mutant

watcha : mutant Après avoir bossé en studio avec Stephan Kramer, Watcha a décidé de prendre le temps d'enregistrer Mutant à la maison, avec un peu de matos, un PC, le trio Pendule, Manu et Fred (alors Fred, ça mixe ?) a bossé sans compter les heures. Ils s'envolent pour New York pour le mastering, le grand manitou Howie Weinberg (KoRn, Deftones) s'en occupe mais le résultat (trop lissé ?) ne convient pas à Watcha, c'est donc le mastering de Jean Pierre Bouquet qui arrive dans nos oreilles le 7 avril 2004... Et le son 100% frenchie n'a rien à envier à certaines grosses prod', le taff des Watcha est sensationnel, bravo les gars.
Musicalement, pas trop de surprise, Watcha fait toujours du Watcha. Plus mélodieux, moins difficile à suivre et des voix ultra travaillées, voilà les trois grands axes de l'évolution des parisiens. La recherche des mélodies se fait surtout sur les refrains ("Doc", "Borné") pour faire ressortir le côté brut des riffs sur les couplets, mais certains titres sont également très mélodieux dans leur ensemble ("Cool", "Vibe"). Les compos semblent un peu plus basiques ("Clean", "Narrow minded") même si des constructions Watcha iennes (Faith No More, Zombie Eaters aiment bien ça aussi !) sont toujours belles et bien présentes ("Dunk Barrow le baron", "I.A."). Pour ce qui est du chant, c'est bien simple, Bob a abattu un boulot titanesque (d'autant plus qu'il a également écrit et enregistré les titres en version anglaise !), son chant a gagné en pureté et ils ont pu joué à dédoubler sa voix, lui coller des petits effets percutants, les textes sont quant à eux toujours aussi intéressants, plus ou moins légers mais souvent ironiques et bien envoyés ("La rumeur"). Tout ça en gardant ce qui fait de Watcha un des meilleurs groupes frenchies à savoir des petits coups de samples, une basse surexcitée un peu funky, des riffs en acier trempé et une rythmique de folie. A celà, il faut ajouter le featuring de Reuno qui se la joue [Utopia] Dantec sur "Mutant", la présence de la suite des aventures de Sam ("Sam III"), un titre qui fonctionne toujours (même si perso, le "Sam 2" reste mon préféré...) et la reprise de "And the beat goes on" (plus percutante que la version live des Eurocks). Bref, c'est énorme. Mais c'est pas tout parce qu'une partie CDRom offre une vidéo montrant le groupe bossant sur cet album et va poursuivre Fred toute sa vie avec le "alors Fred, ça mixe ?". Ca déchire.