metal Métal > Voice of Ruin

Biographie > VoRRRR !!!!

Ils sont trop bourrés pour jouer du death technique, pas assez tête de cons pour taper du hardcore, trop lents pour se farcir des plans thrash qui vont à 2000 à l'heure, pas assez dark pour tâter du black metal et encore moins poseurs pour faire du grind. Et comme en plus de ça, ils ne sont définitivement pas assez cool pour se la jouer deathcore, ils ont monté Voice of Ruin. Pris au premier degré, l'effet d'annonce pourrait être d'une agaçante prétention. Mais comme ce n'est absolument pas le cas, il faut bien comprendre que la seule ambition de VoR est de se faire plaisir sans trop se triturer le bulbe rachidien. Résultat, la musique des Genevois sonne comme un mix entre thrash énergisant et hardcore primaire, soit du gros son qui tartine que le groupe couche sur CD en 2009 via un EP 3 titres sobrement baptisé The crash et paru chez Heimathome Records. Deux ans plus tard, ils livrent leur premier méfait long-format via la même crèmerie. Plus long, plus dur et pas coupé.

Voice of Ruin / Chronique LP > Voice of ruin

Voice of Ruin Quand on est suisse, qu'on est hébergé chez un label baptisé Heimathome Records et que l'on s'appelle Voice of Ruin, forcément, on balance de bons vieux gros parpaings métalliques par pack de douze. Et ici, bah... c'est exactement ça. Soit un mélange sulfurique de hardcore et de trash metal(core) expédié dans la face de l'auditeur avec une furie peu commune, les Helvètes ne font pas vraiment dans la délicatesse ou la douceur satinée. En même temps, déjà les titres ("BDSM", "Free hate"...), hein !. On l'aura compris, VoR est clairement du genre à ne laisser aucune chance à sa victime, il punit sans avertissement, trépane les tympans façon "garçon boucher" et ne laisse que des miettes à celui qui n'aurait pas suivi le mouvement.
Parce que chez eux, on joue fort et on joue vite. Pas de quartiers. Vocaux d'aboyeurs, entre hurlements stridents et growls caverneux, riffing qui découpe à la scie sauteuse, la batterie qui marteau-pilonne jusqu'à plus soif, c'est primaire et bestial, jouissif et éthylique à souhait. Manque plus que les glaçons. D'autant que le mélange de la langue de Shakespeare et de celle de Voltaire fait plutôt son petit effet, le groupe maniant les deux idiomes sans ciller (à la différence de quantités de groupes français, suivez mon regard...) et surtout, son hardcore/thrash beatdown fait de sacrés ravages chez ceux qui survivent aux deux premiers titres de l'album, dont l'implacable "Show your respect". Là ça ne rigole pas et les anesthésistes suisses se livrent à une orgie métallique qui doit assurément déboîter un max en live ("Win or die"). Là déjà sur l'album, c'est une joyeuse boucherie. Brutal et sexuel qu'ils disaient sur le press-book.
En attendant, le groupe vomit sa haine dans les enceintes par le biais de titres tous plus dévastateurs les uns que les autres : double-pédale post-coïtale exaltée, les guitares qui (a)moshent les conduits et qui vrillent dans le rouge, un chant qui varie encore ses inflexions pour donner plus de souffle à l'ensemble, Voice of Ruin joue avec ses armes et exploite à fond son potentiel de destruction auditive (cf le massif "Give the reason"). Bref ça partouze dans tous les sens et ça y va "gaiement". Bien sûr on pourra se dire que la prod' aurait gagnée à être plus massive, que le petit zeste hardcore punk entre-aperçu ci-et-là pourrait être plus prononcé et que son tout manque quand même d'originalité, dans leur catégorie, les Suisses livrent quand même une sacrée démonstration de thrashcore frontal qui bûcheronne les membranes façon sport ("My obsession"). Et puis rien que pour le "Blowjob for a call girl" qui nous arrive en pleine face en fin d'album, on se dit que décidément, VoR ça poutre et pas qu'un peu.

Voice of Ruin / Chronique EP > The crash

Voice of Ruin - The crash Voice of Ruin, il y a des groupes comme ça, qui rien qu'avec leur nom, imposent une forme de respect, une sorte d'aura qui sous-entend qu'en gros... ben ça va chier. En même temps, n'est pas Coït, Zarboth ou Kiss the Anus of a Black Cat qui veut [une pensée émue en hommage au maître de la discipline]. Bref, Voice of Ruin, VoR, ça fait même encore plus rockin' hardcore, tape dans le gros HxC des familles qui arrache un tympan. Mais pas que. Car, les Suisses aiment également le thrash. Donc ils en ont également mis dans leur premier essai. Logique. Peut-être même qu'ils aiment le disco... mais aucune trace (de Pneu => tient encore un groupe au patronyme bien décalé) ici.
Toujours est-il que si 3 titres, c'est finalement assez peu, même pour un EP, cela suffit néanmoins ici au groupe pour démontrer son savoir-faire. Qui se résume en gros à blaster comme un bourrin, écraser tout ce qui se dresse sur son passage et faire ça plutôt plus vite que la moyenne. Et pas question de lambiner en chemin, on n'est quand même pas là pour faire du tricot. En clair, VoR (ça sonne carrément mieux comme ça non ?) fait du thrash hardcore (surtout hardcore d'ailleurs) qui tabasse et remet les cervicales en place. Puissant et salvateur, doublé d'une production très honorable à ce niveau, le combo Suisse fait parler les guitares et rentre directement dans le lard. "My obsession" a beau ne pas inventer grand chose, ce titre inaugural offre néanmoins la possibilité au groupe de se dégourdir les riffs (et la voix) tranquillement, juste avec ce qu'il faut de décibels envoyés à la face de l'auditeur pour assurer le minimum syndical requis.
Place à "Gin tonic", un second titre forcément alcoolisé mais pas moins brutal que son prédécesseur. Une pincée de death metal pour assaisonner le tout et finir de faire succomber mamie, des titres emmenés à un rythme forcément élevé, un double chant qui un coup fait mal, un coup très mal et voici que Voice of Ruin remplit plus qu'honorablement un cahier des charges qui, à défaut de lui offrir la possibilité de révolutionner le style, lui demande d'être efficace. Et le groupe l'est. "With no respect", troisième et dernier titre du bien nommé The crash, blaste à tout va et fait le métier comme on dit et voici que le groupe se retrouve l'air de rien dans la position d'un espoir du genre à suivre du coin du tympan. Un peu basique sur la forme mais pas dégueu du tout... Et efficace pour améliorer son transit qui plus est...