metal Métal > Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär

Biographie > Le grand détournement musical

Le Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär est né en 2003 de la réunion de deux groupes déjà chevronnés : The Children Of Invention et Jean-Paul Trash. Le line-up du collectif est composé de Benouze (batterie), Mina (basse, choeur, clavier), Cyro (guitare, choeur, kazoo), Seb (violon), Djé (clavier, séquences électroniques, accordéon) et enfin Pedral (chant). Le résultat de cette folle combinaison c'est Universal sprache enregistré en partie à Seattle avec des Secret Chiefs 3 et débarqué dans nos pages en avril 2009.

Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär / Chronique LP > Universal sprache

Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär - Universal sprache A l'instar de leur patronyme, tout chez Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär transpire le grand n'importe-quoi dans le sens positif du terme : un carrefour étoilé où de multiples références autant musicales (Frank Zappa, Vladmir Cosma, Mike Patton) que cinématographiques (Rabbi Jacob, South Park, Le grand détournement) s'entrechoquent et produisent un tout protéiforme et hors-format où l'expression "bordel organisé" n'a jamais été aussi adéquat. Car au menu de ce Universal sprache, c'est toute une palette de musique qu'il faut appréhender, ce disque étant une sorte de caméléon perpétuel toujours vêtu d'un accoutrement inconnu dans un endroit où on ne l'attend pas forcément : foncièrement métal sur "RSS master", furtivement death et franchement trip-hop sur '"Hector où la défaite de Martin Shin", disco sur "Panzoni pasta", un peu big-beat sur "Super mythoman, buvard de bande originale Tim Burtonnienne sur "Toulofi colum", divagations cartoonesques (à la Fantomas sur Suspended animation) sur "Cartus" (et non pas Cactus, dommage...). La liste est non-exhaustive et pourrait être bien plus longue. Même quand ils se permettent le luxe de reprendre le générique du grandissime film Rabbi Jaccob ("Le grand rabbi (la revanche du juif japonais)"), c'est pour le détourner et l'agrémenter à la sauce nicoise et donc en un quelque-chose de dingue et atypique. Le Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär érige donc l'effet de surprise et la non-monotonie en guise de leimotif omniprésent : lorsque l'auditeur s'est habitué à une dynamique, il est tout de suite secoué par une autre direction outrageusement inopiné. Dans un univers excitant et barjot, on regrettera l'existence de certaines pistes un peu inutiles bien que particulièrement décalées ("Todomach" surtout) dont le principal défaut est de venir casser le rythme hautement sinusoïdale de ces 50 minutes de musique. Quoiqu'il en soit, Universal sprache est un album à ne pas rater pour les amateurs d'ovni sonore équipés d'oreilles tout-terrain : ouverture d'esprit très affûté indispensable, ode au sur-éclectisme oblige. On ne vous cache pas que le retour à un album plus conventionnel procure une sensation vraiment bizarre...