Sequed'In Rock VII : Unswabbed Sequed'In Rock VII : Unswabbed Peut-on tirer un premier bilan de cette parenthèse acoustique ?
Christophe : C'est un peu tôt !
Bruno : Ouais, c'est un peu tôt car la parenthèse acoustique n'est pas close...

C'est ma question suivante ! (rires)
B : Le premier bilan est super positif, on est tout simplement content d'avoir fait ce projet. Artistiquement, c'est au-delà de tout ce qu'on espérait, tout est exactement comme on le souhaitait, on a pris du temps pour le faire mais c'est le temps qu'il fallait.
Sébastien : On est super content du bébé !
B : C'est difficile de dresser un bilan parce que pour nous, ce n'est pas terminé, on va encore faire des dates en acoustique.
C : C'est un projet transversal.
S : L'idée, c'est que cet album n'est pas une suite logique dans notre discographie, c'est une sorte de best-of acoustique des trois premiers même si le mot "best of", c'est pas beau, c'est juste qu'on a voulu donner sa chance à certaines chansons. On s'est dit qu'une bonne chanson qu'elle soit électrique ou acoustique, elle doit être bonne, le challenge c'était de faire quelque chose de bien, aux gens de juger. Ce n'est pas une nouvelle création, c'est plus une nouvelle audace. Cet album-là on va le garder dans nos bagages pendant 10 piges et à chaque fois qu'on aura l'occasion de jouer en acoustique, on sautera sur l'occas'. C'est ni un début, ni une fin en soi, on n'a jamais réussi à le verbaliser, c'est pour ça qu'on nage un peu ! On joue en électrique ce soir, on rejouera en acoustique en février, on fera peut-être 20 dates en électrique avec une en acoustique au milieu, c'est soit cadeau pour les gens qui viennent nous voir, soit cadeau pour nous de le faire.

Il pourrait y avoir des morceaux acoustiques dans un set électrique ?
B : Non.
Charles : On n'en a jamais vraiment parlé mais non...
B : C'est juste que les concerts sont pensés complètement différents, en acoustique, on a une petite déco : il y a des tapis au sol, on est dans le délire unplugged avec des chandeliers, c'est intimiste, super resserré sur scène, la volonté c'était de créer un truc super intime. En électrique, on est là pour décharger de l'énergie. Ce serait ... c'est peut-être un grand mot mais antinomique ! ... Contradictoire, paradoxal... (rires)
Charles : "Transversal", "antinomique" et "paradoxal" en moins de 2 minutes ! (rires)
S : Pour moi, clairement, ça fait un peu variét'. Ca fait un peu U2 machin, un groupe qui marchera jamais ! Je ne me vois pas arrêter le shred et dire voilà c'est le moment des lovers. On a toujours composé en électrique sans se mettre de limites au thème des titres. Si on doit faire un morceau triste ou calme, on s'est pas posé la question de le faire à la guitare sèche, si demain on en met une parce que c'est le moment des filles ou des lovers "déclare-ta flamme", on ne préfère pas le faire. Soit t'embarques les gens dans le délire acoustique, et on a été surpris de voir où ça nous a embarqué, soit dans l'électrique, l'énergie c'est un super cadeau mais ça peut être un leurre. Mélanger les deux, ce serait mentir aux gens...

Il y a deux titres inédits, ils ont été créé en acoustique ?
S : Non !
B : On les a appelé des "inédits" parce que ce sont deux titres qui existaient avant, un de la période Instinct, l'autre de la période In situ, ils étaient électriques et n'ont pas été retenus pour les albums. On avait envie de les mettre en plus.
S : On ne les a pas gardés parce qu'ils étaient moins bons pour des questions d'équilibre d'album, on a toujours composé 17-18 titres pour n'en garder que 12-13, à chaque fois, c'est un crève-coeur de les enlever. Parmi ces morceaux, il y en avait 2 qu'on ne voulait pas lacher, on a bossé car ils étaient vraiment différents en électrique.

Là, vous avez rebossé en électrique... C'est beaucoup de boulot pour quelques titres !
S : C'est pas grave, c'est le pied !
B : C'est aussi pour ça qu'on a pris notre temps, on voulait faire les choses posé, on voulait pas sortir un album acoustique pour sortir un album acoustique. Il fallait qu'on en sente la nécessité, une envie vraiment forte.
S : A la base, ça devait même pas être un album acoustique ! On devait assurer deux dates et il fallait forcément que ce soit des concerts acoustiques. On a répété 3-4 fois un peu à l'arrache surtout des titres d'In situ et quand on est sorti de scène on s'est dit qu'on avait bien pris notre pied et qu'on pourrait enregistrer quelques morceaux et les foutre gratuit sur internet pour faire un cadeau aux gens. Au final on s'est pris au jeu avec Christophe qui a monté son studio, on a passé beaucoup de temps en studio, on a été un peu lent parce que tout a été remis en cause, chaque refrain, chaque structure... On ne s'est pas levé un matin en se disant qu'on allait faire un album acoustique, ça nous est tombé dessus à Paris dans un camion.
C : En gros, c'est la faute du Hard Rock Café à Paris ! (rires)
Unswabbed - Intact
Finalement, les titres sont arrivés sur Internet avant d'être sur disque et pas gratuitement... Ca a fonctionné ?
S : Malheureusement pas gratuitement... Le 5 titres, ouais, l'album numérique par rapport à l'album physique : non. C'est assez bizarre mais on s'en fout, c'est un délire de label ça... Nous on voulait tout foutre gratos mais on n'a pas eu le choix.
B : Quand on filé les pré-prods au label et qu'il nous a répondu que c'était mortel et qu'il fallait faire un album, on est rentré dans le jeu. Nous, ce qu'on attendait de l'album on l'a eu : de nouvelles émotions sur scène, une remise en cause, se mettre en danger...
Charles : Arrêter de boire avant de jouer...

Pourquoi ce titre Intact ?
S : C'est facile ?

Les morceaux électriques ne l'étaient pas ?
S : Non, non ! On s'est tapé un délire avec le "In", Instinct, In situ, Intact...

C'est encore ma question suivante !
S : On a cherché un mot qui fasse le lien entre tout ça. Globalement sur Intact c'est majoritairement des titres d'Instinct et d'In situ, Intact c'est pour la même envie, les mêmes émotions, nous, on est toujours là.
B : Malgré le fait que ce soit acoustique, qu'Unswabbed ait 15 ans, qu'on ait fait 500 dates, ... nous on ressent la même émotion, la même urgence, la même nécessité de jouer qu'il y a 15 ans. Peu importe que ce soit acoustique, une chanson c'est une chanson, elle doit vivre de n'importe quelle manière. Malgré nos 15 ans, on reste Intact !
S : D'ailleurs le prochain album électrique aurait pu s'appeler comme ça...

Il s'appellera In quelque chose ?
S : Non !

Les deux premiers c'est donc un hasard ?
S : Ouais, c'était pas fait exprès.
B : Quand le nom d'In situ est tombé, on s'est dit que ça le faisait... C'était marrant. In situ tombait de soi, c'est un album qui a été enregistré dans l'urgence, composé en deux mois, à la fin de la compo, on a eu un mois pour se faire à l'idée qu'on allait en studio, on a enregistré super vite, il est sorti super vite, c'était condensé, composé et accouché dans un même lieu...

Sequed'In Rock VII : Unswabbed Sequed'In Rock VII : Unswabbed Votre album "unplugged" de référence ?
B : Mes deux préférés c'est Alice In Chains et Pearl Jam, ce sont ceux qui m'ont le plus marqué.
Tof : Moi j'adore l'unplugged de KoRn même si tout le monde le trouve pourri.
Charles : Pour moi la référence c'est Nostromo même si j'écoute pas d'unplugged en général.
S : Aux deux de Bruno, j'ajoute celui de Neil Young, The needle and the damage done est monstrueux, il touche les cieux.

Le Pearl Jam est trop méconnu...
S : Absolument, pour moi, c'est le numéro un !

La prochaine étape pour Unswabbed, c'est de jouer avec le philarmonique de Lille ?
S : Non ! (rires)
B : Ceci dit quant on a attaqué les dates en acoustique on avait en projet de monter une date avec un orchestre... Pour l'instant, ça n'a pu se faire pour des questions de sous.
S : Et d'un point de vue logistique, t'as 50 personnes derrière !
B : C'est un truc qu'on aimerait faire mais est-ce que ça se fera...
S : C'est pas tant un problème d'argent, c'est juste que quand tu as peu d'argent, est-ce que tu peux mobiliser 50 personnes le même jour alors que tu ne les payes pas. Si ça peut se faire, on courre tous !

Y'a quelques grands noms de la presse papier qui sont enterrés, une épitaphe ?
S : On sait jamais vraiment senti dans ce business-là. Je ne fais pas de la lèche parce que t'es là, je l'ai déjà dit dans d'autres interviews, mais ces magazines n'ont pas eu la démarche d'être régulier dans leur relation avec les gens. Ca n'a rien à voir avec l'artistique...
B : Ils étaient plus réguliers dans leur relation avec les maisons de disques qu'avec les groupes.
S : Quand t'as pas de budget de promo, tu n'existes pas. Voilà pour l'épitaphe !
B : L'album sur lequel on a eu le plus d'interviews, c'est celui où le label a acheté le plus de pubs.
S : C'est pour ça aussi que certains mag' tiennent encore, y'a qu'à voir HardForce avec Loudblast, les mecs étaient là avant la bataille et seront encore là après la bataille ! A un moment, à la sortie d'In situ, dans les supermarchés, t'avais des magazines avec des groupes français de métal, des stikers Tokio Hotel et des posters pour les mettre les autocollants, c'est plus un mag', c'est un objet de merchandising !
Charles : Les webzines remplacent les mags.
B : Pas forcément, Hard Force est pas mal sur le net...
S : Le système n'est pas sain mais il y a des gens dans les mag' qui se battaient pour le truc... On a rencontré des mecs supers dans des mag' qui ne l'étaient pas...
B : Si le système fait faillite, c'est aussi que les labels n'ont plus les sous pour ça, notre label nous a dit qu'il ne pouvait plus investir dans la pub.
S : On a eu des gens qui nous ont idôlatré parce que t'a pris des pubs et quand tu les croises plus tard dans une soirée à Paris, ils te disent pas bonjour parce que tu ne leur as pas pris de pub, faut arrêter ! Stop !!!