unswabbed live à Dunkerque unswabbed live à Dunkerque Pratiquement un mois après la sortie, dans quel état mental, moral et ... j'allais dire physique mais avec Philoux, je préfère pas (ND Oli : Philoux a un pied dans le plâtres)
Séb : On a les crocs, on a envie d'y aller, on a commencé la tournée, on a juste fait 3 dates, on va exposer l'album et ça nous fait plaisir.
L'attente entre l'enregistrement et la sortie a été trés longue, la pression est montée crescendo ?
S : On a vécu pas mal de choses, on a composé pendant 6 mois, après il y a eu 2 mois d'enregistrement et ça, ça remonte à plus de 2 ans.
Philoux : C'est simple, cet album on a décidé de le faire le 11 septembre 2001 ! Le jour ou les deux tours sont tombés, on a fait une réunion de management et on s'est dit, on y va, on n'attend plus. Ca faisait déjà un moment qu'on était en deal avec des maisons de disques et puis on s'est dit "on le fait, on verra après"
Charles : Et c'est exactement ce qu'on a fait. On l'a enregistré, on l'a mixé, on a cherché des deals, on a trouvé et il sort. On a bossé en résidence et maintenant on part en tournée !
Bruno : Pour répondre à ta question, on parlait de déconvenues par rapport à nos contacts avec les labels, c'est aller jusqu'à la visite d'un Directecteur Artistique à un concert, il nous a parlé pendant une demi heure dans la loge après le concert en disant "c'est génial...", toi tu te dis "c'est bon, quand est-ce qu'il aboule le contrat ?" ... surtout que ça fait 6 mois que t'es en deal avec lui... et au bout d'une demi heure, il te regarde et te dit "en fait, ça va pas être possible parce qu'on vient de changer de distributeur et y'a compression de personnel, on a personne pour bosser sur vous".
S : Et là tu sors de l'artistique, tu te donnes à mort pendant un an sur un projet et à la fin tu fais les frais de choses qui ne sont absolument pas artistiques, qui ne sont que contractuelles... On a eu ça et on a eu aussi : "oh la la, c'est de la bombe, faut qu'on se voit super vite... Là, je suis un peu charrette", c'est leurs termes, "on se voit super vite, le 3 octobre vous êtes libre ?" alors qu'on était le 3 avril (éclats de rire). C'était 6 mois aprés, on était débloqué...
C : Depuis la fin de l'enregistrement, ça n'a pas arrêté, ça a été super long et dans le même temps ça s'est fait super vite avec PAMA records / BMG, le mec a reçu le CD par l'éditeur, il a appelé tout de suite "je veux les voir en concert", nous on était blasé "ouais, un de plus", on avait la date avec Watcha au Splendid 3 jours après, le mec est venu, il a débloqué et 3 jours après on recevait une proposition de contrat.
P : C'est dingue parce que pendant deux ans, on s'est habitué à des délais très très longs, ça durait super longtemps pour qu'au final ce soit pas possible, et là, ça s'est fait direct...
S : Pour en rajouter une couche, quand on était en studio, au moment ou le Mouv' a relancé ce style de zic, les labels se sont enflammés, on était en studio et une dizaine de maisons de disques ont appelé pour savoir où on en était. On était sur French Core et quand on est rentré en studio, tous les mecs étaient intéressés, on avait jamais démarché personne et là on avait une dizaine de demandes... Là-dessus on a enchaîné sur 2 ans sans rien de concret. Un sacré délire.
B : C'étaient les montagnes russes pendant deux ans, par rapport à ta question, la pression, on a appris à vivre avec...
P : Et on ne s'est pas laissé vivre pendant tout ce temps, ça nous a permis de paufiner l'album, des mixs ne nous plaisaient pas alors on est retourné en studio, on a bien bossé sur la pochette... ça nous a permis de répéter, de composer de nouveaux morceaux, certains sont déjà bien avancés, on n'a pas perdu notre temps...
S : Le label veut qu'on sorte le nouvel album en avril/mai l'année prochaine, ça veut dire que si tout se passe bien, on tourne jusque juin, on enchaîne sur les festivals d'été, on fera peut-être un peu de dates en septembre, ça c'est le projet et ce qui est prévu, c'est de rentrer en préprod en octobre-novembre puis d'enregistrer en fin d'année, mais les délais sur ce genre de maisons de disques, c'est 2-3 mois... là on a attendu deux ans mais on a concentré le truc, c'est le menu maxi best of (rires).
C : Ca va Oli ? T'as d'autres questions ? Je suis sur qu'il t'a niqué 15 questions ! (rires)
S : T'as une autre feuille j'espère ? Je peux te parler de ma mère aussi (rires)
B : Tout à l'heure c'était pareil, tu poses une question, t'as 15 réponses...

unswabbed live à Dunkerque unswabbed live à Dunkerque On sait que les ventes marchent très bien dans le Nord, et ailleurs ?
S : Ailleurs ça s'annonce bien...
Arrivée fracassante de Matthias : "On raconte des conneries ? C'est quoi ce bordel ?" il prend ma feuille de questions, la chiffonne, les autres hilares "c'est bon arrête..." et Matthias de continuer "Ca va les gars ... Depuis qu'on est dans RockSound, on se la pète hein... Salut"
B : C'était une visite de Matthias...
Retour de Matthias : "Franchement, ton site c'est de la merde" (rires)
B : Ca va, il a fait pire tout à l'heure !
S : Bon, le métal se vend dans le nord et ailleurs...
Non, pas "le métal", vous...
S : Ok, bah, au moment de Mort fine, ça marchait déjà bien, et là avant de commencer on a fait plus de 200 dates un peu partout, avec Biocide, avec Enhancer, avec La Bestia... On avait échangé des dates avec d'autres groupes mais ça n'apporte pas grand chose en terme de vente, c'est pas parce que t'as joué une fois à 500 bornes de chez toi que tu vas vendre ton album dés sa sortie.
C : Nous, on a pas de chiffres précis, mais le label ils sont jouasses, on reçoit des messages de partout sur le net, c'est plutôt cool. Et on sait qu'il y a des régions où le métal se vend bien : dans l'Est, la région de Bordeaux...
S : On a déjà eu des repressages...
Qui a fait le choix du single "Si souvent" ?
S : Nous !
Pourquoi celui-là ?
S : Parce que ce titre, c'est un single ! (éclat de rires)
P : Pour nous, un sginle c'est quoi ? Pas grand chose, tu le trouves pas dans le commerce, ça n'existe pas, ça n'a aucun sens. C'est le titre qui met bien en avant ce qu'on veut faire. C'était pas fait pour, mais quand on était en studio, on s'est dit, c'est ce titre là qu'on aimerait mettre en avant si un jour on doit en choisir un. Comme les DA (Directeur Artistique) font bien leur boulot, quand ils écoutaient l'album, ils nous disaient "Si souvent", c'est le single. Le jour où le deal s'est fait, le single c'était ce morceau-là, y'avait pas de doute !
C : Il représente assez bien le groupe...
Il est beaucoup plus lisse que les autres titres...
C : On peut le considérer comme moins méchant que d'autres mais est-ce que par exemple "Le monde ne tourne pas rond" représente bien le groupe ?
Il s'agit pas de représenter le groupe, mais là, il vous montre comme un "gentil groupe néo-métal" alors qu'il y a des titres bien moins calmes...
C : "Si souvent", c'est le titre qui est choisi pour les radios et même ce morceau qui paraît plus rock, plus structuré, au milieu des autres, on dirait du Slipknot !
S : Là, on est rentré en playlist sur Le Mouv dans l'émission French Bazar, le premier soir, juste avant nous, ils ont passé La Grande Sophie et après ils ont passé Mickey 3D... C'est le genre de trucs qu'il passe en journée sur le Mouv'... "Si souvent" qui est soft, ça envoyait !
C : En même temps, je trouve qu'il représente bien le groupe...
S : Et c'est celui qui marche le mieux, quand on est passé à Lille, tout le monde connaissait les paroles. Et dans tout ce qui est promo, dans les chroniques ou les retours, on nous dit que c'était pas le meilleur titre à choisir, pareil dans les radois, on a souvent des questions sur ce morceau, on a fini par se dire "on s'est peut-être trompé" et lors de la première date de la tournée au Splendid à Lille quand on l'a commencé tout le monde chantait !
C : Chaque site, chaque mag', chaque mec dans les radios a un titre préféré et ça change toujours... Nous on a fait le choix de celui-là...

Et le choix du français ?
S : On avait l'habitude de faire des démos, là, il y avait quelque chose de complètement différent à faire. Quand t'enregistres une démo, tu enregistres un maximum de titres en un minimum de temps, t'as pas beaucoup d'argent donc t'essayes de faire un condensé de ce que tu sais faire, tout ça pour te faire une carte de visite et décrocher des concerts. L'album, le but du jeu, c'était de ne pas faire de redites et faire rentrer les gens dans un univers... C'est complètement différent, tu dois chercher ce que tu veux dire, on avait l'habitude de faire 4 ou 7 titres mais quand on s'est dit que ce serait bien qu'il y en ait entre 13 et 15 sur l'album, on s'est dit "wouaw, il va falloir bosser et faire sentir aux gens ce qu'on veut dire". Et donc on a passé pas mal de soirée à picoler et à se demander "qu'est-ce qu'on va dire ?". Et ce qui est ressorti c'est : honnêteté, sincérité, c'est des trucs qu'on faisait ensemble avec le groupe mais on avait pas mit de mot dessus, là, on s'est dit l'album sera sincère, point. On ne va pas se cacher, on va y aller droit et dans cette optique-là, c'est forcément en français !
C : L'anglais, ça sonne à fond, y'a pas à chier, mais c'est une sorte de défis de faire sonner des passages qui gueulent ou des passages très mélodiques en français, quand tu t'y mets, tu vois que c'est dur. On a une langue peut-être un peu plus proche de l'allemand, moins mélodique que l'anglais... C'est une sorte de challenge
P : Y'a plein de groupes français qui chantent en anglais, c'est pas pour les dénigrer car il y en a qui font ça très très bien, mais c'est vrai qu'à un moment l'anglais, c'est une solution de facilité, tous les groupes de rock qui débutent chantent en anglais, y'en a pas un qui chante en français car c'est super dur...
S : Et on avait déjà chanté en français avant...
B : Le hasard a fait que dans Trouver le calme et Mort fine, il y avait pas mal de paroles en anglais et en espagnol. Déjà à ce moment-là, il y a déjà des textes en français, le pas supplémentaire ça a été de mieux argumenter notre discours, de chercher une unité dans tout ça. Parmi nos compos, on a donc sélectionné des titres qui forment une unité, une atmosphère générale...
S : Ce qui est assez marrant, c'est que quand tu réfléchis à ça, à ce que tu veux dire, tu commences à trouver des solutions artistiques au truc. On a donc cherché techniquement, et c'est venu de notre manager "vous allez faire un album, vous allez dire quoi ?", on a passé des soirées à ça, à partir dans des délires et au bout de 2-3 soirées "on va dire qu'on est nous, ton voisin...". C'était tout con, c'est pour ça qu'on avait créé le groupe, on est revenu aux valeurs de base de notre musique... C'est ce qu'on faisait depuis le départ mais fallait mettre un mot dessus. On est parti là-dessus à fond, on a écrit les textes, on a fait de la place au chant pour que les textes soient mis en avant, et on a bossé pour qu'on comprenne les textes à la première écoute. Ca parle de nous...
C : C'est un choix artistique, ça s'est pas fait à la légère...
unswabbed live à Dunkerque unswabbed live à Dunkerque Qui est paranoïaque alors ? (rires)
C : Un peu tout le monde...
S : Y'a quelques phrases qui correspondent à certains... (rires)
B : Derrière un titre comme "Paranoïaque", on peut nous voir car à différents niveaux on s'est senti oppressé ... physiquement parlant par le choix de vie qu'on a fait, par le regard des autres... A un moment t'as envie de le coucher sur le papier, de parler de cette sorte de paranoïa latente...
P : Au bout du compte, je crois que tout le monde a rencontré des gens Paranoïaques surtout avec le temps qu'on vit (rires), tout ce qui se passe dans le monde, le terrorrisme... On vit tous dans la paranoïa et à un moment, à voir que tous les autres sont paranoïaques tu te demandes si c'est pas toi qui l'est finalement...
S : Et par rapport aux textes, la question est intéressante car tous les morceaux ont une histoire, ça parle de nous, de sensations qu'on a eu, des expériences qu'on a vécu... Y'a aucun texte qui est sorti de nulle part... Sur le site, y'a le guestbook et ce qui nous fait super plaisir c'est que des gens nous disent "je me reconnais dans vos textes", on touche les gens avec nos histoires car on est des gens normaux avec des histoires classiques...
Ca m'a fait ça sur "8°6" (éclats de rires)
B : Pour ce morceau on a poussé le truc au maximum, on l'a vraiment composé en étant bien imbibé...
D'ailleurs il était question d'un partenariat... on peut en parler ?
S : Oui, on peut en parler mais ça va pas se faire... On devait être partenaire de 8°6 (l'abus d'alcool est dangereux pour la santé) mais c'est trop compliqué au niveau des lois... Le deal c'était juste leur logo sur nos affiches contre un frigo rempli de bières sur chaque date de la tournée, c'était rock n roll mais c'est vraiment la merde si tu veux être sponsorisé par un alcool, bref, ça a été abandonné...

Tout à l'heure, vous avez dit déjà avoir commencé à composer le suivant, ça prend quelle direction ?
S : On a poussé le bouchon plus loin...
Plus de mélodique et plus de méchant ?
S : Non, c'est plus dans le fond, on parlait de sincérité, là, ce sera de l'ultra sincérité, on parlait de shred derrière, ce sera de l'ultra shred...
Ca va balancer alors ? Y'a des noms qui vont voler ? (rires)
S : Grave !
C : Chirac enculé ! (rires)
B : Moi je dis "Raffarin"
S : Sur quelques nouveaux morceaux, on est plus basé sur le décalage entre la mise en avant du chant et le shred. Le nouveau qu'on a joué ce soir, à un moment y'a que de la basse et du chant, c'est pas métal à la base, c'est un peu à l'image que ce qu'on va faire, autant dans l'émotionnel que dans le shred...
C : Techniquement, le pré-refrain on dirait du blackmétal ! Un truc à la Misanthrope...
B : Tu vois Slipknot ? Et bien, pas du tout...
C : Tu vois Kyo ? Et bien, pas du tout... (rires)
S : Et entre les deux, y'a du choix...

Vous êtes proches de beaucoup de groupes lillois...
S : Proches comment ? Sexuellement ? Artistiquement ?
Artistiquement, à part Out où on peut retrouver des ambiances...
S : On nous le dit souvent, bizarrement...
Non, pas "bizarrement", Out a la même approche dans les atmosphères, les sons, les chants clairs/gueulés... Donc humainement avec le Pôle LB LAB...
S : On a la chance de répéter là-bas et sans faire trop de promo, c'est un endroit qui t'accueille grave, même si t'as pas de matos, tu peux répéter là-bas, tu peux acheter du matos là-bas, tu peux boire un café et manger des Balisto là-bas, t'es pénard !
C : Tu peux aussi enregistrer un album, le mixer...
unswabbed live à Dunkerque unswabbed live à Dunkerque Ca, c'est de la bonne promo !
S : C'est de la promo entre guillemets car j'allais finir par "ça te coûte pas plus cher qu'à un autre endroit". Quand tu viens et que t'as pas de matos pour jouer, que si tu veux te poser 5 minutes, t'es dans une atmosphère sympa comme dans ton local et tout ça pour le même prix qu'un local, c'est une chance ! Y'a énormement de groupes qui répètent et parmi ces groupes y'en a qui sont en déveleppoment et t'as aussi Black Bomb A, Aeons, No Flag, Loudblast, Marcel et son Orchestre... Et derrière tu peux avoir une gratte de Buriez pour un concert car celle de Philoux était en panne, tu fais des échanges genre "on joue à cet endroit-là, ça vous branche de venir avec nous ?" ou "Ce plan là, on peut pas le faire, vous nous remplacez ?". Et t'es dans une émulsion collective super intéressante et pas uniquement les groupes que tout le monde connaît, tous les groupes qui répètent là en bénéficient ! Y'a même la possibilité de pré-produire, tu veux entendre tes morceaux avec un son correct avant de les enregistrer, tu peux les préproduire là-bas.
Et Matthias fait de la prod... c'est le seul à bosser là-dedans ?
B : Non, y'a pas mal de trucs que Matthias a fait et Séb ou moi était en direction artistique. C'est vrai que Matthias en faisant du son assiste à énormément de concerts, il a son projet MDB avec Laurent de No Flag...
Matthias entre juste à ce moment-là, s'ensuivent de nouveaux échanges humouristiques... et de jolis dialogues à caractère privé (javais prévenu que je couperais au montage !)
S : Il avait juste envie de faire ça, quand tu croises des gens qui font de la musique qui te branche et que tu veux les aider, faut y aller !

Un dernier truc à dire ?
S : Traditionnellement avec le groupe, à chaque fois on remercie radios, fanzines, webzines parce que là, on a la chance de faire notre premier album mais s'il n'y avait pas eu tout ce soutien derrière, on n'aurait pas eu cette chance. Ca t'apporte une crédibilté quand tu cherches une maisons de disques et c'est vachement important. Merci.