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United Nations Promo A la toute fin de l'année 2005, une rumeur secoue brutalement les neurones du web, il se murmure alors dans les milieux autorisés (et ailleurs) qu'un super-groupe metal hardcore power-violence serait en chantier et qu'il réunirait, entre autres, des membres de Thursday, Glassjaw et Converge. L'info a tout du fake mais quelques mois plus tard, Geoff Rickly (chanteur et guitariste de Thursday) confirme avoir cette idée en tête depuis le début des année 2000. Puis plus rien, ou presque. Début 2008, le groupe refait surface. Et là, ça devient sérieux. Car si United Nations cultive le secret et s'enveloppe d'une aura de mystère qui lui confère quasiment instantanément le statut de culte, il est acquis que Daryl Palumbo (le frontman fou de Glassjaw, Head Automatica et House of Blow) et Ben Koller (l'énergique frappeur de Converge) sont de la partie. Pour le reste, c'est plus ou moins la foire aux rumeurs et autres fausses infos, toutes les photos promo étant prise avec les membres portant des masques de Ronald Reagan. En attendant, un album est dans les cartons. Celui-ci voit le jour le 9 septembre 2008 via Eyeball Records et là, comme dirait l'autre un peu vulgairement, c'est le début des emmerdes.

Car United Nations dérange. D'une part parce que son album éponyme a une cover qui reprend trait pour trait l'artwork du Abbey road des Beatles, d'autres part parce que le groupe s'appelle... United Nations. Et ça, ça ne plait pas à tout le monde et notamment une certaine organisation internationale qui fait ainsi pression sur les géants des plate-formes communautaires (MySpace, Facebook et consorts) afin de faire fermer les pages respectives du groupe. Par conséquent, pour d'obscures autorisation de copyright et parce que le groupe dérange, de part son registre musical, l'album est retiré de la vente en magasin. Sauf qu'Eyeball en a entre-temps vendu quelques centaines d'exemplaires et que le disque se diffuse également sous le manteau (comprendre via P2P...). Finalement, le disque est repressé avec un autre visuel, bien plus sobre celui-ci mais la censure continue de frapper le groupe puisqu'à ce jour, il n'a ainsi pas de page MySpace, ni même de vrai site web. Presque une aubaine puisque cela lui de laisser croire que l'on peut l'enterrer... pour mieux rebondir. Stratégie marketing plutôt fine au demeurant. United Nations aime déranger et s'offre ainsi, assez ironiquement, un premier show officiel le jour de l'investiture de Barack Obama. Le line-up change régulièrement, à tel point que l'on ne sait toujours pas exactement qui fait partie (ou pas) du groupe (on parle notamment de Christopher Conger The Number Twelve Looks Like You, Eric Cooper des Made Out of Babies et de Jonah Bayer Lovekill). United Nations est ainsi : l'entité cultive le secret pour mieux marquer ses apparitions, scéniques ou discographiques. A l'heure où sont rédigées ces lignes, le groupe a encore dans ses cartons deux EPs inédits (Never mind the bombings, here's your six figures et Music for interchanging parts) et s'est remis à composer de nouveaux titres...

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United Nations A quoi s'attendre d'un groupe qui réunit sous la même bannière des membres de Converge, Glassjaw, Thursday et The Number Twelve Looks Like You ? Juste comme ça et sans trop se mouiller : a priori à une grosse baffe dans la gueule. On glisse soigneusement la galette dans le mange-disques, on se fait un petit plaisir personnel en poussant un peu les enceintes, histoire de dédier cette écoute à ses voisins et on appuie sur "play". Quelques 11 titres plus tard, on peut remballer, en se disant qu'on a quand même pris un sacré parpaing dans la figure. Rien de bien imprévisible en fait, mais le résultat est brûlant, sans concession et bougrement efficace. L'étiquette "emo power violence" était en soit assez explicite, ça allait faire mal. Et pour le coup, c'est plutôt le cas. Pour les durs de la feuille, United Nations conjuge la sauvagerie hardcore de Converge, le riffing alambiqué de Glassjaw et le caractère éruptif de l'émo made by Thursday. Autant dire que ça savate pas mal, d'autant qu'au rayon pilonnage systématique des tympans et screamo ravageur, le groupe met le paquet. A ce moment là, dans les enceintes, c'est la guerre. "The Spinning Heart of the Yo-Yo Lobby", "Resolution #9", "My cold war", les titres s'empilent et le sous-texte politisant se fait de plus en plus présent. C'est d'ailleurs là que l'on comprend pourquoi le groupe est aussi apprécié du côté des instances dirigeantes de l'organisation dont il partage le patronyme. Car United Nations n'y va pas vraiment avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agit de démonter des cloisons auditives ou de dire ce qu'il y a à dire ("Revolutions in graphic design", "No sympathy for a sinking ship"). Et peut importe si ça dérange, le groupe envoie la purée, notamment sur l'hommage avoué à Refused ("The shape of punk that never came"). De finesse, il n'est que très rarement question, UN n'est pas trop là pour ça à vrai dire. Les titres sont globalement assez courts et dépassent rarement les 3 minutes et sont mis en exergue par une production très crue qui accentue le côté punk hardcore furieux et dément du disque. Les zikos ferraillent leurs instruments comme des damnés, Ben Koller met tout ce qu'il a dans ses fûts pour matraquer l'auditeur le plus possible, le plus vite possible, le duo Geoff Rickly/Daryl Palumbo fait ce qu'il a à faire avec une brutale maîtrise de son sujet. Très rock'n roll dans l'esprit, hardcore aux tendances grind punk dans les faits et les décibels qui s'enfoncent dans notre cortex cérébral ("Model UN"), United Nations n'a pas besoin de se sublimer pour faire ce qu'on attendant de lui. Soit balancer à la face du monde un brûlot métallique qui puisse résonner comme un condensé de violence pure à la férocité sans nom. Ils sont venus, ils ont vu, ils ont vaincu...