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Biographie > Subversive noisecore

A ne surtout pas confondre avec Unfold, Unhold n'en est pas moins un groupe tout aussi suisse et évoluant dans des sphères musicales assez peu éloignées. Natif de la région Bernoise, le groupe sort son premier album studio en 2001 (Walking blackwards) et se taille rapidement une solide réputation dans son pays natal. Les frontières musicales étant parfois assez étanches malgré la proximité géographique, le groupe reste quasi inconnu en France malgré un second album en tous points recommandables (Loess, 2004). En 2008, le groupe sort son troisième effort : Gold cut via Subversiv Records.

Unhold / Chronique LP > Gold cut

Unhold - Gold cut Gold cut, un disque enregistré et mixé par Serge Morratel (Knut, Shora) puis masterisé par Nick Zampiello (Converge, Isis, Pelican, Unsane...), soit du très lourd. Neuf compositions noise-hardcore rock métalliques et ténébreuses signées par un groupe suisse que l'on n'avait pas encore sur notre radar, forcément au W-Fenec, on se devait de rattraper ça. Ni une ni deux, un petit mail au label et voici que ledit effort débarque dans notre boîte aux lettres une poignée de jours plus tard. Et là, confirmation de ce que l'on pensait tenir sur le papier, un excellent groupe ferraillant dans un registre rock/HxC noise teinté de metal et d'une pincée de stoner à ranger aux côtés des Helmet, Kidcrash ou frenchies de Revok.
En deux titres, "Big slice" et "Time won't tell", les Suisses affinent le son made in Unhold et diffusent un distillat musical qui à défaut d'être véritablement révolutionnaire brille par son implacable efficacité. Production béton, des riffs au laser et une qualité rythmique incontestable font de ces deux premiers titres une sacrée introduction à Gold cut. Une accélération punkoïde ("Sugarbread") puis un léger changement de registre sur "Zeroend", le groupe prend bien soin de ne pas endormir notre attention avant d'enchaîner. D'un titre court, compact et fulgurant, il passe à une oeuvre plus fleuve, dense et chargée en intensité émotionnelle, avec notamment l'apport de la voix de Nadja Stoller qui vient se poser en contraste avec les hurlements rageurs de Philipp et Thomas, les deux préposés au micro chez Unhold.
De fait, le groupe évite soigneusement de livrer un album qui ne soit qu'un simple monolithe hardcore noise de plus et prend le temps de sculpter ses morceaux, ses atmosphères pour soigner ce qu'il s'en dégage ("Commissionner"). L'ensemble est suffisamment éprouvé pour fonctionner à merveille et les Suisses alternent ainsi les morceaux longs avec d'autres plus ramassés, jonglant ainsi entre mise en abîme émotionnelle et déflagrations sonores plus instinctives et hargneuses ("Crowded hearts" / "Hunger doen'st learn"). Petit bémol néanmoins, à trop vouloir rechercher l'efficacité propre de ses morceaux, le groupe manque peut-être parfois un peu de spontanéité. Tout ici semble presque trop produit, trop parfait et si ce constat ne veut généralement pas dire grand chose, sans doute que les Unhold auraient gagné à écrire quelques morceaux plus immédiats, crus et bruts dans l'esprit comme dans le son. Mais là déjà, on devient extrêmement pointilleux car pour le reste, ce Gold cut est une excellente découverte.