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Biographie > prends ça dans la Tronckh

Drôle de nom : drôle de groupe ? Non, drôle de nom : groupe de drôles ! Tronckh (ou Tronckh 2 Kéch pour les intimes) est un combo un peu (beaucoup ?) foutraque, dingo et déjanté mais qui cependant fait de la musique bien carrée malgré le délire ambiant. C'est dans un lycée de Boulogne / Mer, vers 1997 que Foune (guitare), Julien (batterie), Masckh (basse) et Denis (chant) décident de montre un groupe sans limite. Intégrant sérieusement toutes les conneries et influences de chacun. Tronckh fout le bordel un peu partout dans le Nord-pas-de-Calais et comme tout le monde leur réclame un CD, ils en enregistrent un durant l'été avec l'aide d'Activités Souterraines, dans son Vieux Studio II c'est Guillaume Dallery (Shagma, Black Dust) qui se charge de bouger les boutons et par la même occasion de montrer ses progrès techniques (la prod est tip top !). L'album s'appelle L'empire contre un packh et je ne l'échangerais pas, contre un empire, ou même un pack...
2010, aprés deux ans de préparation, on nous sert Freak and hell !

Interview : Tronckh, Tronckh par le menu (mai 2010)

Tronckh / Chronique LP > Freak and hell

Tronckh - Freak and hell Depuis 2002 et L'empire contre un packh, Tronckh a gardé la même ligne de conduite : foutre le bordel, transformer les salles de concerts en déglingue-land et tout faire soi-même puisque de toute façon, y'a personne qu'à les couilles de le faire à leur place. Mais si le premier opus sonnait un peu pauvre en terme de son et d'image, à la limite du plan photocopie pour la pochette, avec Freak and hell, les Boulonnais ont mis les petits plats dans les grands, sont passés du hot-dog à l'américain fricandelle (ou fricadelle selon les dialectes) avec au choix pour les sauces : mayo (classique), piccalilli (so british), ketchup (pas mal pour la "speciale" avec oignons) ou poivre (pour pimenter le tout) mais sans l'option samouraï (ma préférée). Les non habitués des baraques à frites ch'tis sont un peu perdus mais il faut bien comprendre que les Tronckh n'en ont pas grand chose à foutre d'un monstre et de l'enfer.
Rassurez-vous, le déglingo-core n'est pas en langue locale (encore que, quelques termes et un peu de patois se glissent deci delà) et peut convenir à tout le monde, même les nons francophones qui se feront bousculer par les riffs et les rythmes qui sont plus proches de Psykup que de Dany Boon, une fusion métallique délirante mais sacrément bien charpentée même si on ne sait pas forcément comment ils arrivent à faire et de toute façon, la Freak and hell, y'a personne qui dira comment c'est fait, c'est un secret. Je vais trahir un peu de ce secret en disant tout de même quelques mots sur quelques titres de la rondelle, mes préférés sont les chansons à textes (plus que les parodies de chant corse ou les ambiances de rade) qui jouent sur les mots ("La débrandade", "Casus belli (Country from hell)"), dénoncent dans la bonne humeur ("Evangelista", "JT2J2P") voire font les deux en même temps (quasi tous mais surtout "Homo speculos (Ze monchaux song)"). Une des réussites les plus sympathiques, c'est "TRoNcKHy", essaye donc de retrouver les noms de groupes cités dans les paroles (et à l'écrit c'est pas forcément plus facile qu'à l'oreille) : T'as pas mis tes habits au hasard, t'as sorti ta panoplie, tu donnes cette image de mec qui s'sappe en Gucci (...) Fiche bonne impression ici, même ce pull tuera ta chance de t'faire des amis... (et ce n'est qu'un extrait, le titre en entier est sur Myspace/Tronckh). Y'a de la déconne mais y'a aussi du boulot et le tout passe aussi facilement dans les oreilles qu'une Goudale dans le gosier !
Digipak, concept, qualité de son et d'écriture, les Tronckh peuvent être fiers de leur Freak and hell, avec un album pareil, ils jouent enfin en Ligue 1, il ne tient qu'à toi de les laisser à ce niveau en te bougeant pour aller les voir et leur passer une commande ! Bon appétit.

Tronckh / Chronique LP > L'empire contre un packh

tronckh : l'empire contre un packh Il existe des armes "non conventionnelles", cet album en est une ! En tout cas, la zik de Tronckh n'est pas conventionnelle ! Et on pense à Psykup (et à System Of A Down) quand on voit leur relation avec le monde animal, faute d'autruche à Boulogne/Mer, ils se sont entichés d'un chat comme mascotte, celui-ci apportant sa griffe et ses miaulements à l'album ("Raoul"). Avec la pochette de L'empire contre un packh à côté de cette chronique, je me demande pourquoi avoir insisté sur le côté délirant du groupe en tant de mots alors que l'image est assez explicite ! Le titre de l'album, le "Deglingo Advisory - Rin'a fout content" et "le mec qui s'envole en slip" en disent assez long, mais si le délire semble très adolescent, la musique est bien plus adulte. Certes ça déconne sévère dans les textes et quelques ambiances mais ça joue droit, ça frappe en rythme, ça pond des riffs inventifs, les mélodies sont accrocheuses, le chant rappé, haché ou chanté est très bien tenu (en anglais comme en français). Et les différents invités se fondent très bien dans le souk, Nénesse de Shagma renforce "Up rooted", Didji Arnal et Simanka installent leurs idées sur l' "introckh" (énorme piste instrumentale !) et "Raoul" sans problème de cohésion, tout comme les choeurs de Guillaume (Shagma, Black Dust) sur deux titres dont un "Warpath" métal, haché, speedé, technique et qui, placé au début de l'album, montre tout de suite que Tronckh n'est pas là que pour déconner ! Outre la déconne et les titres qui défouraillent, les Boulonnais aiment aussi la fusion rock/métal, le gros son de basse à la Primus est alors de sortie pour nous faire suivre des chemins tortueux tracés par la guitare ("2 ways", "Latente"). La deuxième version de "Raoul" ("Raoul version 1.12") met en pratique les textes et chante le titre "sur un air de reggae", c'est assez sympathique. Le douzième titre fait honneur aux sonorités nordiques de l'accent "eud'not'coin" et toujours aux chats... Les pistes 7 et 10 sont aussi peu musicales, mais ont leur place sur l'album qui de par ses "véritables" (???) 9 titres fait forte impression.