metal Métal > Tripod

Biographie > Trois mots sur Tripod

1994, pour trois groupes Marseillais c'est l'année du split, l'année de la séparation ou peut-être celle de la libération... La libération de 3 zicos qui s'enferment à nouveau mais au sein d'une nouvelle formation, Medhi (batterie), Daniel (basse/chant) et Pascal (guitare) sont réunis, Tripod est né. Il faut attendre 98 et la rencontre avec à la fois le collectif Coriace et un quatrième lascar K-Lee (chant) pour que le combo prenne une autre dimension. Un EP 6 titres s'ajoute à la liste de leurs productions (1 démo 3 titres, une "démo" 10 titres, un live...). Ces nouveaux contacts leur apporte aussi des tonnes de concerts, dont le satané Printemps de Bourges 99 et les premières parties de Lofofora ou Oneyed Jack. L'année 2000 est celle de l'enregistrement du premier "vrai" album (après un autre EP en 99), ça se fait chez David Weber aux studios des Forces Motrices de Genève. Enregistré et mixé, l'album autoproduit est prêt, il ne reste qu'à trouver un label pour le distribuer en licence... et l'attente sera longue... jusque mars 2001, Lèche est alors dans tous les bons bacs... L'entrée dans le Sriracha Possee n'y est certainement pas étrangère, tant cette structure de management se bouge le cul pour ses groupes... Et pendant qu'on y est, n'oublions pas le FAIR qui en 2000 a choisi de les aider, notamment pour le matos. Bref, Tripod a déjà bien vécu avant que cet album n'arrive... Et pourtant toute cette histoire n'est peut-être qu'un préambule...

Interview : Tripod, 3po2 ItW (Janvier 2006)

Interview : Tripod, Tripod interview (juin 2003)

Interview : Tripod, Tripod interview (mars 2002)

Tripod / Chronique LP > Deviances

Tripod : Déviances Houlà, chaud devant dans les chaumières, Tripod est de retour et n'a pas fait les choses à la légère. Si Data error nous avait un peu déçu par son atmosphère et son mix un peu trop propre, Deviances représente quant à lui un virage à 90°, un album définitivement orthogonal, qui se rapproche plus de Lèche, sans pour autant revenir aux sources. Lèche avait séduit par son cachet, cette touche marseillaise, cette basse proéminente et ce chant accrocheur, Deviances surprend par sa force de frappe, par cette énergie à la limite hardcore, par cette densité sonore que l'on retrouve tout au long de cet album.
Comme un clin d'oeil, "Pesant et lourd" résume bien l'ambiance de cet album en plomb massif, grosses guitares qui oscillent, basse décharnée au son creusé, avec un nouveau guitariste et un nouveau batteur, le Tripod cuvée 2005 a pris du poil de la bête. Les morceaux sont compacts, "Jôdo", "Laissez", et les intros subtiles comme sur "L'effet de l'acier". "Il faut voir comme..." surgit comme une balle sonore, un titre contrasté, un refrain poli et bigrement efficace, Deviances ne laisse aucun répit ou très peu, à l'image du titre acide "Le remède", surgissant à tous les coins de riffs, batterie aux taquets, guitare lourde, chant présent sur toutes les insurrections.
"Le pharaon" se voit honoré de la présence de Candice de Eths sur le refrain, titre charnière un peu plus sage. Ces déviances tripodiennes sont coriaces, un album massif, qui fond sous la langue mais qu'il va falloir digérer un peu pour l'apprécier pleinement.

Tripod / Chronique LP > Data error

Tripod : Data Error Forcément lorsqu'on change de guitariste, que certaines compos du précédent album ont plus de 5 ans, que le mix du nouvel album est confié à 2 membres de Watcha, forcément le nouvel opus va surprendre ceux qui n'ont pas eu la chance de suivre Tripod de très (très) près... C'est presque un Tripod tout neuf au sortir de l'oeuf qui vient avec ce Data error toquer à notre porte pour y poser ces accords et chacun y fera sa propre lecture.
Périlleuse tentative que d'essayer de comparer cette galette compacte avec l'éclectique Lèche. Tentative vouée à l'échec par ailleurs et tout aussi inutile.
Soit, reprenons dans l'ordre pour ceux qui ont loupés quelques wagons : Kamel aiguise maintenant ses accords pour Tripod, Fred et Pendule se sont occupés du mixage de Data error, Tripod a écumé les salles de France et de Navarre pendant 5 semaines pour le Sriracha Tour 3.
Tripod en profite également pour soigner son artwork et livrer un digipack dont certains feraient bien de s'inspirer. Mention spéciale aux photos de la raffinerie qui nargue par la hauteur de ses tours de distillation et de fragmentation, cette mer d'huile...
Des titres phares jalonnent cet album par leur puissance, leur groove, leur énergie, leurs accents tripodiens, "Force" force justement le respect, "A demain" ouvre une nouvelle dimension, "Nega" verse son flot sombre et lépreux, "R.E.A.C." joue sur la fibre revendicatrice, "Holo ghost" soulève une houle négative. "Data error" se distingue surtout par sa structure homogène, des titres qui forment un tout et qu'il est difficile de tenter d'extraire ou de soustraire de leurs congénères. Tripod poursuit dans sa vivissection des maux au sens large et dans cette inspiration vibrante un peu négative, où vampires et fantômes ont voix au chapitre, d'une manière toute autre que ceux qui évoluent dans l'imaginaire de Rob Zombie.

Tripod / Chronique LP > Lèche

lèche La pochette est explicite, ça va faire mal... "Fusion Métal", voilà comment ils définissent leur musique quand on les force à la définir. Les amateurs de raccourci balanceront "Néo-métal" pour faire vite, et ils n'auront pas forcément tort, puisque par certains aspects ce Lèche s'alourdit de quelques caractèristiques que l'on retrouve dans le microcosme du "néo-parisien à la Pleymo", à savoir des paroles sexuellement orientées, assez inspirées par Pamela Anderson... Dans le flow et les rimes, les ressemblances sont flagrantes. Mais cela s'arrête là, le son global du skeud n'a rien à voir avec ce "néo-métal de jeunes" et reconnaissons aussi quelques beaux textes humanistes plus que sexistes, La Fontaine cotoie les blondasses... Le son des grattes est propre à Marseille (ne le retrouve-t-on pas dans Biocide ?), la basse est stratosphériquement slappée à volonté, les rythmes souvent désaxés (certains font penser à Eths ou je suis fou ?) et le tout se retrouve à des kilomètres des plans (petit) bateau... Il y a du bon, du très bon et du nettement moins bon sur cet album qui traîne parfois en longueur sur des riffs qui prennent un peu la tête (à force de revenir). Pareil pour les 2 remixs qui ne s'imposaient peut-être pas ici (surtout le deuxième), enfin ce n'est pas évident "que tu penses comme moi"... Moi, je retiendrais plus certaines parties guitares vraiment intéressantes, comme sur l'instrumental "caché" qui est aussi superbe que celui qui ne l'est pas. Je sais, j'ai été dure à suivre, mais Tripod c'est dur à suivre aussi parfois...
Au final, la pochette ne nous a pas trompé, l'album nous domine et nous fait mal !