metal Métal > Trinacria

Biographie > Trinacria

The Eye of Providence (one dollar US bill) Les mecs d'Enslaved doivent avoir beaucoup de temps pour eux et déborder d'idées, après Audrey Horne où apparait Ice Dale (Arve Isdal), Trinacria regroupe Ivar Bjørnson (guitare), Grutle Kjellson (chant), Arve "Ice Dale" Isdal (guitare), tous les trois d'Enslaved, avec Iver Sandøy (Emmerhoff) derrière les fûts, Maja S.K. Ratkje (chant) et Hils Sofie Tafjord aux programmations. Le groupe part déjà sur un malentendu, la biographie rapproche le nom du groupe Trinacria avec l'oeil qui apparaît dans une pyramide, symbole de la Trinité usuellement appellé Oeil de la Providence, qui apparaît notamment sur les billets de un dollar américain.
Cela n'empêche les norvégiens de délivrer un mélange musical obscur et percutant avec Travel now journey infinitely en 2008 via Indie Recordings (Audrey Horne, Red Harvest) et c'est d'ailleurs plutôt pour ça qu'on les attend.

Trinacria / Chronique LP > Travel now journey infinitely

Trinacria : Travel now journey infinitely Travel now journey infinitely est un nectar toxique, une liqueur maligne et empoisonnée. Guitares hypnotiques et basse entêtante, des rythmes qui voyagent sans fin, le substrat sonore du groupe est dense, très dense et puise ses sources dans une musique extrême à la noiceur subtile. Trinacria fait subir au métal extrême les influences qui ont déjà eu lieu pour d'autres courants musicaux, post-hardcore, sludge-core, prog-métal, post-rock, Trinacria allongent les structures, les répètent sans fin, son titre le plus court, format punk, fait quatre minutes et demi, mais la moyenne de l'album est à sept minutes et demi. Six titres pour cinquante minutes de musique, la ratio est impressionnant, Trinacria se rapproche de Unearthed, Cult of Luna ou Meshuggah mais avec des compositions plus dures, plus élancées.
"Turn-away" est le point de départ, la mise en bouche de cet album, longues structures, riff lent et entêtant qui se poursuit pendant de longues minutes, le crescendo est intense, lent et régulier mais fini sur un maelström turbulent, où tous les compteurs s'affolent et passent au rouge, le titre est explicite, de quoi rebrousser chemin sur la route de Trinacria pour les moins audacieux. "Make no mistake" embraye la cinquième, rythme effréné, chant guttural, Trinacria c'est norvégien et ça se voit. Déluge de guitares, batterie cataclysmique, les feedbacks et autres larsens sont instantanés, tous les potards de gains sur 10 (voire 11...), la chant est un peu trop présent sur ce titre, mais le reste est du pur hydromel, guitares en position semi-automatique, tout se transforme en pure bruit, toutes les fréquences au maximum, on en est presque à la définition de bruit blanc. Un démarrage similaire à "Turn-away", les guitares sur "Endless roads" commencent lentement mais surement, une chanson à la limite mono-riff, à la progression insatiable et indéniable, les titres de Trinacria atteignent tous un apex sonore chauffé au fer blanc.