trail_of_tears_existentia.jpg La première fois que j'entendis parler de Trail of Tears, je pensais que l'on essayait de me vanter les mérites de Trail of Dead (ou plus exactement ...And You Will Know Us by the Trail of Dead). On imagine donc aisément quelle fut ma surprise lorsque l'on m'annonça que le nouvel album serait, je cite, "l'une des sorties dark goth de l'année 2007"... Car il faut bien l'admettre, les norvégiens de Trail of Tears n'ont définitivement aucun point commun avec le groupe responsable de ma confusion. Trail of Tears, une formation que je n'ai donc découvert qu'il y a seulement quelques mois alors même que le groupe est en activité depuis plusieurs années (avec déjà quatre albums au compteur avant celui-ci) et qu'il jouit d'une certaine reconnaissance dans le milieu dark gothique...
Mieux vaut tard que jamais me disais-je alors, au moment d'apprendre quelques jours après, que les norvégiens mettaient un terme à leurs activités. Puis finalement que non, l'info étant officiellement démentie par leur responsable promo. Tout ça pour finalement apprendre que Trail of Tears n'était plus qu'un seul homme : Ronny Thorsen (chanteur). L'avenir du groupe semble donc en stand-by, mais son entourage assure que l'histoire n'est pas terminée, Existentia ne sera donc pas le dernier album du "groupe". D'un point de vue strictement musical, cet album, c'est du dark metal symphonique gothique sommes toutes assez classique, à deux détails près : le chant et la vitesse d'exécution des compos. Particulièrement élevé, le tempo de l'ensemble des titres de l'album est plus proche du thrash metal qui déboîte une épaule que du black doom dépressif pour gotho-pouffes mélancolico-suicidaires, alors même que les vocaux sont largement mis en avant. Car, à ce niveau, les nordiques ont mis le paquet et c'est ainsi pas moins de trois chanteurs qui viennent assurer des plans death bien rugueux ou des passages ultra mélodiques à la manière d'un Nightwish ou Within Temptation (les deux "références" obligées en matière de metal symphonique). Des références un peu encombrantes (voire légèrement putassières, sic) qui ne doivent pas faire oublier qu'Existentia, c'est certes cela, mais également bien plus. Une vitesse d'éxécution étonnante, une maîtrise des atmosphères (décadentes à souhait) où le groupe fait parler son savoir faire et la capacité de faire en sorte qu'aucun des chants ne prennent le pas sur les autres.
Et en même temps, il est là, le gros défaut de ce cinquième album des norvégiens. A trop vouloir mettre en avant les voix (un triple chant pyramidal parfaitement mis en place), Trail of Tears a tendance à oublier parfois le reste, et à mettre de côté des orchestrations symphoniques releguées au rang de fair-valoirs, là où elles auraient sans doute pu doper un album qui peine finalement à convaincre, surtout les néophytes. A réserver aux vrais amateurs du genre sans doute.