metal Métal > To Kill

Biographie > Pour tuer

To Kill se forme dans la capitale italienne en 2004, et après juste un mois enregistre trois titres promo, plus tard sortis en maxi avec l'addition d'une reprise sur le label italien Still Life Records. Après quelques dates aux États-Unis avec Most Precious Blood, Outbreak ou A Perfect Murder et des premières parties en Italie (Comeback Kid, Champion), ils sortent Watching you fall sur un label américain en mai 2005. L'album est plutôt bien accueilli par la presse et permet au groupe de tourner dans toute l'Europe, avec notamment des groupes comme Terror, Walls of Jericho ou Stretch Arm Strong.
Après avoir signé chez GSR Music, To Kill sort Vultures en novembre 2006, suivi du sanglant When blood turns into stone en mai 2008.

To Kill / Chronique LP > Antarctica

To Kill - Antarctica To Kill n'est plus. La formule est lapidaire, concise mais d'actualité, le groupe s'étant sabordé il y a peu, non sans avoir auparavant laissé en guise d'épitaphe un ultime témoignage discographique : Antarctica, faisant suite au chirurgical et implacable When blood turns into stone.

Un artwork en phase avec le titre de l'album, un "I" inaugural tout en atmosphères ambient rock pour intro, puis le début de l'épreuve de force avec un iceberg punk hardcore metal qui nous arrive en pleine tronche sans prévenir. Une véritable tornade HxC, des riffs balancés à la volée, des breaks de fous furieux et des variations de rythmes, soutenues et démentes, "The flight of the locust" envoie le gros son tartiner les enceintes et nos tympans avec. Ceux-ci une fois bien amochés vont alors subir un traitement de choc administré avec un soin tout particulier par un groupe qui n'a plus grand chose à prouver. Et qui peut donc se lâcher sur "Clouds" puis "Paralysis". Verdict : ça gueule, ça démembre à tout va et ça joue de la double pédale jusqu'à plus soif quand ça ne martèle pas du riff qui tronçonne ("Legacy"). Conclusion : To Kill, on va la faire histoire d'être débarrassé, dans le genre grosse tuerie, ça se pose là.

"Witness" s'avance puis "Timeless", les Italiens enchaînent parfaitement, encastrant des plans bien techniques dans un mur de décibels concassant tympans, neurones et cordes de gratte dans un même élan de fureur. Un petit "II" pour respirer avant de repartir à l'abordage et voici que s'annoncent l'éponyme "Antarctica" et ses mélodies en chant éclairci (une réussite), "Sundown" avec une terrible envie d'en découdre et "Sparks" saisissant de férocité punk hardcore. Viril et surpuissant, le groupe s'est mis en quatre pour proposer ce qu'il savait faire de mieux, la rage au "core" et une sacrée efficacité au rayon castagne auditive à faire valoir. 30 minutes et quelques d'une grosse session de matraquage des cervicales plus tard puis un "III" en guisant d'outro ambiancée et To Kill peut refermer l'ultime chapitre de son oeuvre en ayant l'assurance du devoir accompli... Dévastateur.

To Kill / Chronique LP > When blood turns into stone

To Kill : When blood turns into stone To Kill revient sans tambours ni trompettes, mais avec des guitares qui défouraillent et une batterie qui cogne à n'en plus finir. Déluge hardcore à sec et avec du gravier, To Kill fait tout sauf dans la dentelle. Onze titres, plus une piste cachée, vingt-huit minutes, pas vraiment de répit chez les italiens, les titres défilent à toute allure, finalement on comprend mieux pourquoi le successeur de Vultures est arrivé aussi rapidement, toujours chez GSR Music. When blood turns into stone saigne le canal auditif avec application. Une piste cachée digne d'un groupe post-hardcore, To Kill a plus d'une corde à son arc et tourne l'instrumental à son avantage, nappes de guitares qui montent en crescendo, tempo plutôt lent, basse hypnotique, le groupe montre l'étendue de son talent. Pied au plancher, "Kingdom come" quant à lui déboule à toute allure, petite mélodie sur une guitare qui danse allègrement, un arrière goût de "Tubular Bells" mais façon hardcore avec des guitares écorchées, break, passage dans la pénombre, la nuit tous les chats sont gris mais pas pour les riffs hardcore, surtout pas avec To Kill qui se paye le cliché d'agrémenter son titre explosif par de vraies explosions, un vrai festival.
Titre éponyme, "When blood turns into stone" reste à la maison, pas de folies sur un titre béton, solide, intro standard, grosse rythmique, par contre l'explosion déclenchée en même temps que la grosse caisse fait un peu mauvais genre ici, mais "Golem" et surtout "Deep blue" rattrapent la mise, pas de triggers, on reste dans le bon gros hardcore des familles, guitares vrombissantes, chant aux taquets, To Kill ne laissent rien passer.
To Kill s'illustre sur l'assassin et puissant "To live and to die in vain" qui contraste par son intro très inspirée, basse trépassée, batterie qui mitraille à tout va, petit coup de cymbale et tout s'emballe, quelques passages subtils où les guitares font monter la sauce avec une pointe de délicatesse. "Hollow" n'est pas en reste, déluge introductif, des guitares qui assomment sans discontinuer, et Camilla la guitariste pousse également son cri, un duo que l'on aimerai voir plus souvent, balançant le chant de manière magique.

To Kill / Chronique LP > Vultures

to_kill_vultures.jpg L'avantage des groupes signés sur GSR Music (Liar, Path of No Return, Born from Pain) c'est qu'on sait à quoi s'attendre, alors quand To Kill débarque pour lacérer les enceintes, on les a customisé avec des membranes au kevlar. Douze titres, à peine trente minutes, le hardcore de To Kill va droit au but et évite les circonvolutions si possible, on a quand même le droit à une intro éponyme magnifique pour ce Vultures tout sauf carnassier, c'était le petit moment de calme avec la tempête. Le problème de To Kill, c'est un peu comme sur Mars, les tempêtes prennent vite des proportions planétaires, alors quand "Truth" déboule à cent à l'heure, l'atmosphère devient brusquement étouffante, moite et dense, trombes de guitares saturées dévalant à cent à l'heure un titre aussi intense que court, une minute, pas une miette de plus.
To Kill éprouve des difficultés à respirer sur un "Breathing" toxique à souhait, une caisse claire épileptique, guitare à la précision chirurgicale, une basse couplée à la grosse caisse, quelques blast-beats plus tard et To Kill mord la poussière sur un "Dust" qui explose en beauté. To Kill a du fait un complexe sur ses titres de chansons ultra-court alors se lâche sur "Jack Burton is not going to have any revenge", passage décharné, batterie, chant, un chant écorché, fini au papier de verre, et y colle un morceau de Western en bande sonore. "Time to say goodbye" quant à lui se fait plus original, rythmique claudiquante, c'est un couplet dense et rageur qui aboutit à un couplet à faire exploser un moshpit, featuring de Camilla au chant, le mix des deux cris ajoutant un peu d'épice à l'équilibre qui aboutit sur un passage grandiose et oscillant.
Ce Vultures décharné offre des surprises comme ce solo de guitare sur "Fading", qui n'enlève rien à l'empressement hardcore du titre, l'hypnotique et presque progressif "The big sleep" de derrière les fagots, ou le featuring à la limite harmonique sur le headbanger "Time to say goodbye", bref aussi court qu'intense, To Kill ficelle son album avec efficacité et célérité.