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Biographie > Time to burn

Time to burn prend ses origine avec deux anciens membres de Waxx, groupe de Clermont-Ferrand. Monté sur Paris, Julien et Eddie esquisse un projet commun, qui se transforme avec l'arrivé d'un bassiste et d'un deuxième guitariste, Time to burn prend forme et donne naissance à Heliotropisme, première démo du groupe en 2003. Le groupe change de line-up, un jeu de chaise musicale ou le guitariste prend la basse et cède son poste à Seb, nouvel arrivant.
Citant des influences tel que Shovel, Refused, Neurosis, Botch ou Cult of Luna, le groupe délivre une énergie hardcore, un peu émo, un peu rock'n'roll qu'ils revendiquent de post-hardcore.
Le groupe sort sa deuxième démo en 2004 avec Burn the lie down.

Review Concert : Time To Burn, Eruption métallique au Point Ephémère (Paris, sept. 2007)

Time To Burn / Chronique LP > Is.Land


Time To Burn : Is.Land Time to burn revient de plus belle pour enflammer les haut-parleurs, chauffer à blanc les cables électriques, calciner les cages à miel... En clair : faire feu de tout bois grâce à un album incendiaire, un Is.Land à faire flipper un canadair corse. Un album saturé, envouté même, que certains qualifient déjà d'orgasmique. Alors oui, d'accord les petits gars de Time to burn ont fait un excellent travail, on sent une tension palpable tout au long de ce disque, un crescendo orgasmatectonique saturé et dévastateur, qui va chercher du côté de la guitare victime d'une combustion spontanée, un peu entre Neurosis et Mea Culpa, en version plus hardcore. Mais Time to burn s'illustre surtout par la longévité de leur style particulier, depuis l'incandescent Heliotropisme jusqu'au Is.Land solitaire.
Point de chichi avec Time to burn, quand il est temps de se faire sauter la poire, on y va gaiement. Vague intro cent-mille fois entendu sur "Is", c'est surtout le kamikaze "Nayeli" qui ouvre les hostilités, pillonage de l'artillerie basse/batterie, vrillements auriculaires dus à des guitares insistantes. Au rayon accords insicifs et ravageurs, "Emma Peel" se la joue sexy avec ses bottes de cuir, un rythme lent et chaloupé, qui se transforme en boogie endiablé, suivi d'un pont sublime, voix chuchotée, batterie qui harcèle une caisse claire rétive, petite boîte à musique en arrière-plan, le réveil se révèle plus intense, plus violent, et la fonction "snooze" est vraisemblablement activé, récidive sanguinaire d'une armée tourmentée.
Point culminant de cette démence sonore, "Tormenta" va tourmenter plus d'un esprit : avalanche binaire, c'est du post-hardcore version punk qui se voit exploser ici. Que dire de plus de cette avalanche de saturation sismique, "Isle of men" ou "Gream" n'enfonce même plus des clous, on est carrément passé à l'obus, Time to burn passe une étape supplémentaire avec des titres comme l'enthousiaste "Gream", le tourmenté mais nerveux "Tormenta", le presque érotique "Emma Peel" et le ravageur et destructeur "Nayeli".

Time To Burn / Chronique EP > Starting point


Time to Burn : Starting Point 7 titres qui brûlent comme autant de candélabres, 7 titres saignés à blanc, marqué par une puissance inconnue, haineuse et devastatrice, après deux EP denses et massifs, Time to burn remet le couvert avec un Starting point qui laisse des traces sur le macadam. Au rayon hardcore et ramifications, Time to burn envoie cette fois-ci une giclée hardcore sur le label Basement Apes Industries (Membrane, Pupille, Superstatic Evolution...). Des titres puissants et massifs, plus instrumental que précédemment, avec des touches à la Isis et des atmosphères reflétant Buried Inside, "Jelly roll" tient tout sauf d'une génoise à la confiture, éclatements sonores métalliques, scarifications saturées, cris chaotiques. Time to burn met en oeuvre ces montées massives en puissance, avec une basse grondante et ronflante, à l'image de 3 stages of pain, le grain de folie remplacé cependant par un spleen obscur.
Déséquilibré, atmosphère étouffante, "Starting point" à plus l'image du point de non-retour, de l'horizon d'un trou noir que d'un point de départ, tout n'étant qu'une question de point de vue, passage binaire tout en hammer et pulling sulfurique, la mélodie en dent de scie capte l'attention, draine les dernières réticences et amène dans son chemin un éclair post-hardcore à peine patiné. Le chaos se rapproche, lentement, inexorablement. "Waiting for the end" est l'auteur d'un tapage monstre, d'une oscillation granuleuse, à peine chaloupée, "Alma" lui ressemble à un champignon atomique sonore... 7 titres enfermés dans une gangue de plomb, Time to burn en a fini avec nous.
Le monde du silence vient de brûler...

[fr] Riot: .mp3 (27 hits)External ]

Time To Burn / Chronique EP > Burn the lie down

Time to Burn : Burn the lie down Burn the lie down concentre Time to burn un peu plus que la précédente démo, 4 titres seulement. Le son est carrément meilleur, de loin, et permet d'apprécier à sa juste valeur le groupe et son hardcore qui vire à tendance plutôt sombre sur l'effrayant "Emnyn aowyn", morceau presque instrumental, qui évolue lentement en un lent crescendo qui va accelerando, impassible et sûr de lui, les guitares fulminent, la batterie s'offusque, et le tout implose violemment. Cette implosion fatale débouche avec franchise sur un "Lyksyr" qui se révèle un vrai élixir, guitare granuleuse à souhait, le son est excellent, les riffs déboulent avec avidité, le chant reste à l'affut, basse trépanée, le paysage sonore de Time to burn s'étoffe et gagne surtout en maturité, le titre dantesque repart sans s'essoufler, avec toujours plus d'énergie et de volonté.
Le groupe fait montre avec ce Burn the lie down à la fois d'une sobriété sonore, notamment dans le chant, mais également d'un travail de fond sur les atmosphères et la composition. "Trauma" subit ainsi une cure de jouvence, avec un chant beaucoup plus assuré. Les titres de cette démo sont beaucoup plus homogène, "The washing machine" représentant le côté rock'n'roll de Time to burn, un rythme plus à la Houston swing engine que l'habitude hardcore, le résultat est dense et compact, mais avec une jolie patine sonore qui swingue violemment.

Time To Burn / Chronique EP > Heliotropisme

Time to Burn : Heliotropisme Post-hardcore ou émo/hardcore, enfin quelque chose approchant, Time to burn brûle effectivement ses riffs et parfois les cordes vocales de son chanteur. Heliotropisme est la première démo du groupe et elle flambe à tout va, "Dead dolls boogie" arrache des pans entier de papier-peints, lente lacération sonore, les titres autoproduits souffrent parfois un peu, mais l'idée est là.
Les aspérités du groupe le situe entre Envy et Shovel, mais en définitivement différent et orienté hardcore comme ce "Nexus six replicant" qui flirte avec les 100000 volts, déluge cataclismique, les riffs cathartiques donnent le ton, c'est An Albatross version longue, doté d'un rythme de boogie-woogie, les coups de semonces s'enchaînent et achèvent les doutes sur la verve du groupe. "Exit on time" fait presque figure de titre gentil à côté, la guitare reste bien sage, même si le chanteur se donne à corps et à cris, basse vigoureuse, batterie plombante, Time to burn se fatigue un peu. "Trauma" déroule son lent tapis métallique, une atmosphère travaillée, les cris se noient sous la saturation, les passages calmes apportent la respiration nécessaire, les mélodies reviennent dans l'écho, presque inquiétantes, puis explosent sur une fin fulgurante.
Time to burn donne le ton sur ce premier jet. Heliotropisme, à l'artwork plutôt bien foutu, enchaîne perles ultrasonores et déluges soniques, "Nexus six replicant", "Trauma", le concentré "Mango Mangle" qui rugit, hurle, grogne et s'emporte.