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Biographie > le retour du jeudi

Thursday est un des piliers du mouvement "emo" qui fêtera ses 10 ans (le groupe) en 2007. Originaires de New Brunswick (dans le New Jersey aux Etats-Unis), le groupe met à peine deux ans à trouver son style et sort un premier album intitulé Waiting en 1999. Ils se font connaître sur le circuit indé du nord-est des USA et remettent le couvert en 2001 avec Full collapse. C'est l'album qui va les mettre dans la lumière partout dans le monde, ils participent au Vans Warped Tour et signent chez Island Records chez qui ils sortent War all the time en 2003. De par son style, de par ses concerts (en compagnie de At the Drive-In, Boy Sets Fire, Hot Water Music, Sparta...) Thursday est devenue une référence, imaginer un split puis attendre 2006 pour écouter A city by the light divided a été long (et dur) pour beaucoup de leurs fans... Mais Geoff Rickly (chanteur), Tom Keeley et Steve Pedulla (guitaristes), Tim Payne (bassiste), Tucker Rule (batteur), Andrew Everding (un sampler récemment intégré) sont de nouveau dans les bacs et sur la route...

Thursday / Chronique LP > No devolución

Thursday - No Devolución Mariage d'un pote plutôt rock n' roll et surfeur à ses heures, côté musique, j'espère prendre le soleil de la Californie avec des oldies (Beach Boys, Eagles...), pourquoi pas des trucs plus récents même si je n'attends pas Chokebore ou Hawaii Samurai... Pas de bol, le DJ semble totalement bloqué dans les années disco, la soirée fut donc très longue pour mes oreilles... Histoire de leur faire subir un lavage complet, je me goinfre donc aujourd'hui de Thursday ! Depuis leur signature chez Epitaph, ils ont repris un rythme de croisière (même si la promo nous a oublié sur Common existence en 2009) et on a un peu de mal à suivre ce nouveau tempo car No devolución est sorti il y a déjà 5 mois !
Toujours avec Dave Fridmann à la production, Thursday a encore arrondi les angles et quasiment gommé tous les aspects "hardcore" de ses compositions qui sonnent bien plus "pop" par le biais des mélodies suaves, la rondeur de la basse, les délicates distorsions restent des éléments du jeu des Américains qui ont cette fois-ci insisté sur le côté progressif de leur écriture. Comme les formats sont relativement courts (tous sous les 5 minutes 2 secondes sauf l'ultime "Stay true" forcément épique), c'est dans le choix des sons et les petits ajouts qui font l'ambiance (nappes de claviers, samples et pourquoi pas un accordéon sur "A Gun in the first act" !) et les constructions (qui osent les échafaudages et évitent certains plans trop simples) qui donnent cette impression d'un rock cosmique (l'alambiqué "Sparks against the sun", le religieux "Empty glass"...). L'ensemble n'est pour autant pas près d'aller fourailler avec Porcupine Tree mais je suis prêt à parier que Steven Wilson apprécie particulièrement No devolución. Les férus de passages chaotiques en sont un peu pour leurs frais même si deci delà Thursday conserve son appétit pour la destruction des jolies petites choses qu'ils batissent tranquillement ("Past and future ruins").
Un groupe culte qui ne fait pas du surplace, qui réussit à approfondir des aspects de sa musique sans abandonner pour autant les autres et qui le fait bien, ce n'est pas courant... Visiblement dopés par leurs nouvelles libertés (apportées par Epitaph ?), les Thursday ont encore assuré.

Thursday / Chronique Split > Split

Split Envy / Thursday Envy vs Thursday, Thursday vs Envy, un affrontement discographique forcément très tentant sur le papier, concrétisé physiquement sur ce split par les gens du label Temporary Residence Ltd. (Eluvium, Explosions in the Sky, Mono...) et notamment Jeremy deVine, qui a toujours eu le nez fin pour sortir des petits bijoux discographiques... Résultat ? Sept titre oscillant entre émo envoûtant, post-rock addictif et screamo lacéré. Quatre pour les natifs du New Jersey, trois pour les Tokyoïtes et un cocktail musical servit bien frais pour le plus grand plaisir de nos écoutilles mises en alerte maximale pour l'occasion. "As he climbed the dark mountain" débute tranquillement les hostilités, les Thursday semblant ici plus en forme que jamais. Riffing saillant, mélodies brûlantes, les américains marchent sur des charbons ardents et l'intensité émo de leur musique s'en ressent. En bien... Car c'est avec finesse et maîtrise qu'ils nous envoient dans les tympans un "In silence" majestueux qui nous laisse chancelant, sans voix, encore ébranlé par la déflagration émotionnelle. Et non content de nous avoir secoué avec ses deux premiers titres, Thursday poursuit son oeuvre en baissant d'un ton certes, mais en parvenant à nous garder accroché à la platine CD ("An absurd and unrealistic dream of peace"), avant de conclure l'affaire sur un "Appeared and was gone" aussi élégant que dopé en effets sonores, puis de laisser le champ libre aux nippons d'Envy.
Ceux-ci ne tirent pas réellement leur épingle du jeu sur "An umbrella fallen into fiction" en développant la structure désormais classique et prévisible du post-rock minimaliste et doucereux qui finit par exploser sur la fin dans un véritable orgasme sonore aux geysers screamo libérateurs. Efficace certes mais un peu trop classique et prévisible dans la forme, même si ça reste meilleur que sur le split partagé avec Jesu il y a quelques mois... Le premier titre signé Envy tentait de jouer la carte du post-rock façon Mono/Mogwai et consort en y ajoutant sa touche personnelle sur la fin, "Isolation of a light source" marque une petite rupture avec son prédécesseur. Screamo hardcore rageur du début à la fin ou presque, des flots de désespoir qui s'abattent sur nos conduits auditifs alerte, Envy monte en pression et c'est sur le troisième et dernier de ses morceaux que le groupe se lâche complètement. Maniant les constructions et les crescendo émotionnels du post-rock pour les inclure dans son distillat abrasif, la formation japonaise assume son statut de figure de proue du genre et termine de cette manière un split qui tient à quelques infimes détails toutes ses promesses. On attendait de l'émo abrasif et intense, couplé à du screamo-post-rock abrasif, on a eu tout ça et même un peu plus tant les courants ascentionnels de la musique des deux groupes nous mettent au coeur d'une tornade émotionnelle comme on en voit trop peu... Classe.

Thursday / Chronique LP > A city by the light divided

thursday : a city by the light divided Thursday est donc de retour mais pas sans avoir évolué, A city by the light divided marque un tournant dans la vie du groupe (et pas seulement suite à son histoire récente et aux remous au sein du line-up), les américains ont en effet décidé de la jouer plus soft. A la production, exit Sal Villanueva (Vision of Disorder, 36 Crazyfists) et bienvenue Dave Fridmann connu pour son travail avec Mercury Rev et The Flaming Lips, mais qui a également bossé avec (entre autres !) Weezer, Jane's Addiction, Mogwai, Sleater-Kinney, Sparklehorse, Ammonia ou Kaolin ! Un producteur de renom qui sait arrondir les angles et transformer vos morceaux les plus rock en titres radiophoniquement corrects, alors Thursday s'est-il compromis pour donner dans le mainstream ? Pas vraiment non, si A city by the light divided ne comporte aucune partie screamo, le combo reste toujours très affûté et touche toujours la grâce aussi bien vocalement que musicalement, se rapprochant ainsi de mon étalon dans le genre, je veux parler du Antenna de Cave In...
Guitares saturées de douceur, mélodie limpide "The other side of the crash/over and out (of control)" ouvre le disque de fort belle manière, la puissance rythmique se met en branle avec "Counting 5-4-3-2-1", le chant s'efface derrière un petit effet avant de repasser devant avec un autre sur le refrain, dommage qu'il y ait ces petits choeurs (mais le plombage de morceau n'est pas aussi dramatique que sur "We will overcome")... En terme d'émotions, c'est avec "Sugar in the sacrament" que les choses sérieuses commencent, à la retenue succède les éclats de "At this velocity", ça gueule (enfin ?), en 4 titres, Thursday a mis en place toutes ses pièces maîtresses... L'instrumental "Arc - lamps, signal flares, a shower of white (the light)" coupe l'album en deux et montre que l'apport du sampler n'est pas juste une décoration... La suite est plus "pop sauvage" ("Running from the rain"), avec des instruments additionnels (samplés ?) comme le piano ("The lovesong writer"), des parties guitares/clavier plus épiques assez étranges ("Into the blinding light") et on termine avec un long parcours sur les montagnes russes de "Autumn leaves revisited". Thursday semble chercher une nouvelle voie, partagé entre son passé et son avenir, dans tous les cas, ils peuvent aller plus loin encore.