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Originaire de Tillburg aux Pays-Bas, Textures est un sextet composé de Stef Broks (batterie), Dennis Aarts (basse), Bart Hennephof (guitare), Jochem Jacobs (guitare, chant), Eric Kalsbeek (chant) et Richard Rietdijk (clavier), pratiquant depuis un math-metal polyrythmique à la Meshuggah et aux sonorités death/thrash et metalcore. En 2003, le groupe, qui n'est encore qu'un quintet, sort son premier album via Listenable Records (Gojira, Koldborn, Kruger, Sybreed...), baptisé Polars. Les néerlandais connaissent un succès d'estime et enchaînent trois ans plus tard avec Drawing circles, après avoir incorporé un second chanteur. Ce deuxième opus impose définitivement Textures comme un groupe qui compte sur la scène metal européenne et les 6 tournent alors aux côtés de All that remains, Gojira ou The Ocean. En 2008, le groupe sort son troisième opus : Silhouettes.

Review Concert : Textures, Textures live à Oslo (sept. 2008)

Textures / Chronique LP > Dualism

Textures - Dualism Dualism by Textures, c'est peut-être la réponse à pas mal de soucis chez le chroniqueur "métallique" de base: marre des albums de metalcore pas trop mal branlés mais qui se ressemblent plus ou moins tous, pas envie de se farcir une énième mandale HxC frontale mais au songwriting bas du fond, désir ardent d'éviter à tous prix de se payer un énième playdoyer postcore qui tournera en rond au bout de deux titres... Et on ne parle évidemment pas d'un hypothétique revival nu-metal (on n'est pas à l'abri). Mais voilà que Nuclear Blast, qui ne nous a pas gratifié que de bons disques ces-derniers temps soit dit en passant, agende un nouvel album des techniciens néerlandais de Textures. Là forcément, ça fait tout de suite plus envie que Gotthard hein... (également chez la même crèmerie).

Et puis on le sait désormais, "technique" et "oranje", ça se conjugue au passé, au présent et au futur, comme en foot quoi et à ce petit jeu-là, les Textures savent y faire. "Arms of the sea" met d'entrée une grosse pression sur les enceintes. Le groupe fait sonner les guitares et se plaît à faire durer le plaisir sur une intro, certes un peu facile, mais rudement efficace, à condition que cela ça assure derrière. C'est évidemment le cas, ces gars-là étant tout sauf des manches et le rendu fait donc mieux que tenir la route. Techniquement, c'est propre même si on aurait pu s'attendre à plus de prises de risques, mais on sent poindre la volonté chez le groupe d'aller vers quelque chose de plus accessible qu'auparavant qui inquiète un peu. "Black horse stampede" tend à appuyer cette impression... que va douloureusement confirmer le très poussif "Reaching home".

Trois premiers titres oscillant entre le convenable et le très poussif, on tremble un pour la suite et c'est alors que les Textures se décident à faire véritablement cracher les amplis avec "Sanguine draws the oath" et se fendre de la première tuerie de l'album (la seule ou presque). Les Néerlandais font alors tourner la machine à riffs à plein régime et les rotatives hardcore suivent au même rythme. Un petit zeste de prog au milieu de tout ça, on emballe et on envoie. Le résultat est littéralement ébourrifant. Même cause et mêmes effets pour le massif "Singularity" sur lequel les Néerlandais tartinent la platine comme si leur existence en dépendait. Entre-temps, on aura eu droit à deux nouveaux titres assez décevants qui sous-entendent peu à peu que le groupe se cherche un nouveau souffle, une orientation lui permettant d'évoluer, sans renier son propos initial. Une "vision" quelque peu inaboutie sur ce Dualism, lequel porte d'autant mieux son nom qu'il met en relief la difficulté du groupe à se trouver une nouvelle identité suite à un changement de line-up.

Moins complexe qu'à l'époque de Drawing circles, plus aéré que Silhouettes, ce nouvel album voit le groupe rencontrer les pires difficultés à combattre l'ambivalence entre le niais aseptisé dès lors qu'il tente de (sur)jouer la carte de l'émotionnel outrancier ("Consonant hemispheres", "Stoic resignation") et l'imparable efficacité métallique lorsqu'il décide de hausser le ton. Pour le reste, c'est toujours aussi maîtrisé sur la forme. Sur le fond, c'est un peu vide au regard des productions précédentes.

Textures / Chronique LP > Silhouettes

Textures - Silhouettes Qu'on se le dise, le métal a aussi ses intellos. Ils n'ont peut-être pas de grosses lunettes et ne ressemblent pas à un tableau de bord d'airbus mais composent dans la difficulté, mettant toutes les subtilités solfégiques possibles au service de la puissance, de la rage et du "wall of sound". Au pays de la tulipe et autres plantes vertes, on a aussi du "math metal".
Silhouettes donne une réponse plus accessible à Drawing circles, piochant à la fois dans le blast arythmique et le chant clair, pour un son caverneux. "Old days born anew" et son rythme effréné donnent tout de suite le ton: cet album va faire mal. Véritable démonstration de la manière dont on peut lier différents tempi (comprendra qui pourra), ce brûlot met tout de même en valeur des passages plus mélodiques. La production est à la hauteur, proposant un son de guitare des plus massifs. Cinq minutes ont passé et "The Sun's Architect" prend la suite avec toujours autant de rythme. Les performances vocales d'Eric Kalsbeek sont impressionnantes de qualité, alors même qu'il n'hésite pas à se la jouer à Chris Cornell sur les passages chantés, ou à visiter plusieurs octaves pour donner de la verticalité à certains titres. Le morceau finit dans la lourdeur ce qu'il avait commencé dans le rythme, réussite totale. "Awake" se la joue métal mélodique avant de replonger dans la technicité, il était temps. Car si le groupe est plutôt bon sur ses aspects mélodiques, il est bien meilleur lorsqu'il s'agit de faire des structures volontairement bancales et des riffs assassins. "Lament of an Icarus" remet justement les choses à leur place, mélangeant binaire et ternaire alors que les premiers solos de guitare font leur apparition. La structure du morceau part dans tous les sens, pas le temps de s'ennuyer, c'est purement "meshugguesque" (sic). Lourdeur abyssale pour "One eye for a thousand", un des titres les plus longs de l'album, frôlant le doom sans jamais céder à la tentation. "State of desobedience" signe l'arrêt de mort des cervicales par excès de headbang. Efficacité maximale, sans compromis. S'éloignant de leurs débuts "meshugguesques", les néerlandais s'adonnent au métal burné, rageur et épileptique mais plutôt mainstream, et ça marche. "Storm warning" marque retour à des structures plus complexes mais même si les néerlandais tiennent à s'éloigner du "easy listenning", moments aériens et powerchords se côtoient dans une alchimie de plus de cinq minutes. En conclusion de ce nouveau méfait, "Messengers" et "To erase a lifetime" donnent tour à tour dans le lancinant énigmatique et dans le technique mélancolique.
Mélange intelligent de technique, de brutalité et de mélodie, Silhouettes confirme une fois de plus le potentiel de la formation néerlandaise. Un album cependant avare en surprises, si ce n'est par rapport à leurs précédentes livraisons discographiques.