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Enfanté en 2006, Tess s'est rapidement imposé comme l'une des références de la scène emo, screamo, puis post-hardcore hexagonale, en ralliant à sa cause une véritable petite communauté de "fans". Après un premier EP intitulé D'un battement d'ailes sorti en avril 2006, c'est précisément deux ans (en 2008 donc) plus tard que le groupe livre son premier album, la Dame de Cœur, enregistré par Yann Klimezyk (MyPollux). A l'été 2009, Tess enregistre son second album, plus agressif que jamais et définitivement orienté vers un style post-hardcore (Les autres, 2010), puis, désireux de compiler, de manière exhaustive, tout ce qu'il a enregistré depuis ses débuts, livre un Data DVD en 2011 : St Charles, via M & O Music (6h33, Memories of a Dead Man).

Tess / Chronique DVD > St Charles

Tess En lieu et place d'un nouvel album (en préparation à l'heure où sont rédigées ces lignes), Tess débarque avec un Data DVD qui permet (enfin) au W-Fenec de croiser la plume avec ce groupe qui a déjà plusieurs prods à son actif, ce, au travers d'un objet compilant tout ce que le quintet a livré à ce jour d'une manière ou d'une autre, soit dans le cas présents, des albums, EP's, vidéos par cartons entiers (50 quand même), photos à la tonne (1350 et des poussières), versions instrumentales et last but not least deux titres inédits... Bref, plein ras la gueule, ce St Charles se présente comme la discographie exhaustive du groupe, couchée sur une seule galette, en attendant la prochaine étape d'un groupe qui est donc d'ores et déjà dans les tuyaux.

32 morceaux prennent donc place sur un objet qui déborde de contenu et que l'on est donc obligé d'écrémer pour le passer sous le scanner aux longues oreilles. Les débuts, le milieu et (non pas la fin) mais plutôt ce qu'est maintenant Tess, tout y passe : de l'EP D'un battement d'ailes , clairement orienté emo/hardcore chanté en français, à La dame de coeur qui affiche son orientation screamo, sans s'affranchir de tentations post-hardcore de plus en plus affirmées, et jusqu'à l'album Les autres clairement... post-hardcore sulfurique, puis les deux inédits de St Charles. Toujours dans la langue de Voltaire. Et c'est là que le bât blesse. Comme souvent serait-on tenté de dire, la musique amplifiée s'accorde bien mieux avec l'idiome cher à Shakespeare. Mais c'est ici le parti pris de Tess que de franciser son oeuvre, donc on va devoi faire avec. Pour le reste, dans son genre, le groupe fait le job et plutôt bien, balançant quelques lames de fond bien hardcore sur fond de textes métaphoriques écorchés vif. Les fans apprécieront.

Plus violent qu'à ces débuts, le groupe est désormais plus post-"truc qui fait du bruit et te met le moral dans les chaussettes" qu'emo au sens stricte du terme (les amateurs d'étiquettes musicales vont être aux anges, ou pas) mais, quoiqu'on en dise le screamo reste certainement ce qui fait l'essence de sa musique, ce qui a marqué le plus profondément le groupe dans sa chair. Et là où les maîtres incontestés du genre que ce sont les Envy ont une réelle tendance à apaiser leur musique depuis quelques sorties (en bien ou en mal, c'est un autre débat), les Tess font plutôt comme les excellents Heaven in Her Arms (toutes proportions gardées quant à la qualité...) et aiment mettre l'auditeur sous tension, à l'image de Les autres, deuxième album des frenchies, à la violence plus épidermique que jamais. Moins "mainstream" ou "facile" dans son approche de composition et prêtant un soin tout particulier à sa prod', le groupe sonne bien hard, plus dur et compact qu'à l'accoutumée, à l'image des deux titres inédits servis en conclusion, hors-album puisque enregistrés après, et réunis sous le titre St Charles.

Pour ce qui est de la partie photos/vidéos, deux théories s'opposeront. Entre ceux qui diront que l'on serait bien mal aisé de se plaindre quand trop de groupes se montrent avares en contenu(s) et plus que pingres lorsqu'il s'agit de mettre du bonus digne de ce nom, donc présentant un réel interêt, une "plus-value", surtout étant donné le prix de vente. Et les autres qui diront que la quantité, c'est très bien, mais que la qualité, c'est la seule chose qui compte au fond et que sur St Charles, elle n'est pas toujours au rendez-vous. En même temps, être aussi exhaustif, c'était quand même courrir le risque qu'une partie des vidéos par exemple, ne présentent qu'un intérêt très relatif. Ou alors, c'est pour le die-hard fan hardcore de Tess, ce collectionneur invétéré dont l'appétit vorace sera ici plus que comblé. Pour ce dont ce n'est pas encore le cas, ce Data DVD, à l'artwork plutôt sympa, est sans doute le moyen idéal de faire plus ample connaissance avec le groupe et de peut-être rejoindre la cohorte d'adepte... Ou pas.