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Biographie > Tesa

Né en 2005 sur les centres de plusieurs groupes lettons (In.Stora, Kriegopfer et Les Corte), Tesa fait ses premières armes discographique dans sa contrée natale via un album, inaugural et éponyme, qui voit le jour en 2006. Prophète en son pays, le groupe ne se fait pas encore connaître par delà ses frontières et se limite au territoire national. L'année suivante, Nekad, son deuxième album long-format permet à Tesa de s'affirmer un peu plus, faisant au passage bénéficier les pays voisins de son postcore sauvage hautement abrasif. 2008 voit le groupe s'exporter définitivement avec Heartbeatfromthesky, un troisième opus sorti via OSK RecordsImpure Muzik (Amalthea, Ampools, Hiro, Microfilm, Brume Retina...). En 2010, Tesa figure au tracklisting de l'imposante compilation Falling Down II, aux côtés notamment de Kongh, Omega Massif, Mumakil ou The Ocean...

Tesa / Chronique LP > Heartbeatsfromthesky

Tesa - Heartbeatsfromthesky Ah tiens du postcore (pour changer...), intense, vibrant, mastodonte, et oui du postcore encore mais du letton cette fois, histoire d'élargir le cercle de nos lecteurs (oh oh...), parce qu'en même temps, des groupes de post-truc... euh des groupes lettons surtout, on n'en a pas des masses dans nos colonnes. Sauf oubli ou émission. Petite curiosité exotique pour changer un peu donc ? Ou pas. Car Tesa, c'est du très lourd, pas du tout du "Tesa vu" (désolé...), ça ravage bien les membranes et ça démontre sans l'ombre d'un semi-doute que le Letton est doué dès qu'il s'agit de donner dans le post-hardcore de grande classe. Et pas qu'un peu.
Cela dit, comme le Letton, c'est bien marrant cinq minutes mais qu'il n'y a que dix personnes qui parlent la langue sur le marché européen, le groupe a trouvé la parade pour les titres de ces morceaux en décidant de... ne pas en donner (en fait il y a une raison à ça, lire plus bas..). On aura donc droit à 6 morceaux qui vont de "I" à "VI" (logique implacable quand tu nous tiens...) pour 32 minutes de musique. Certes, c'est court, mais cela donne très largement le temps aux Tesa de démontrer ce qu'ils ont dans leurs riffs. Soit une grosse puissance de feu instrumentale, une saturation qui s'écoule de parts et d'autres des amplis, une violence sous-durale, larvée qui ne demande qu'à exploser au grand jour, des hurlements en retrait mais toujours subrepticement omniprésents, les codes du genre sont respectés à la virgule près mais le groupe parvient à survoler la concurrence en maîtrisant son sujet bien mieux que nombre de ses contemporains. Classe. Les passages éruptifs sont à la fois denses et telluriques, quand les moments de calme invitent à un apaisement propice à l'évasion, ce même si le groupe ne relâche jamais complètement la tension. Habilement dissimulée derrière une relative sérénité apparente, celle-ci demeure prête à jaillir au moindre tourment ("I", "IV") et nous on adhère instantanément.
Mais au-delà de ça, c'est tout l'ensemble musical de ce Heartbeatsfromthesky, qui perfore les tympans et met tout le monde d'accord. Un assemblage postcore structuré à la presque perfection, sculpté avec un soin tout particulier apporté aux mélodies comme aux arrangements ("II"), aux grosses montées de puissance comme aux transitions les plus discrètes, Tesa a compris que la violence éructée à l'emporte-pièce ou au terme d'un énième crescendo ascensionnel ne faisait pas tout. D'une beauté rare ("III"), comme capable de faire basculer l'auditeur du côté obscur de la Force ("V"), cet album est une petite merveille du genre. Et même quand il s'abandonne au fameux crescendo interminable pour sacrifier à l'intensité émotionnelle, c'est pour mieux faire évoluer le morceau dans une dimension parallèle ("IV"), avant de conclure sur un magnifique "VI" ("I'm not a number, I'm a free man" private joke inside) libérateur et servant d'épilogue idéal à un album qui n'est en fait constitué que d'un seul morceau segmenté en six épisodes de haute volée.