metal Métal > Tears|Before

Biographie > Larmes de sang

Né en 2005, Tears|Before n'arbore son line-up définitif que deux ans plus tard. Désormais composé de cinq membres (4 Ale + 1 Luca, allez comprendre...), le combo Italien s'attelle à l'écriture de compos que les gaziers veulent éruptives, violentes et assourdissantes. Comme c'est effectivement le cas, les Tears|Before sont invités à figurer sur la compilation Neurosound Vol I. : Stones from the Sky puis à sa suite intitulée Clouds from the Earth. Entre-temps, le groupe prend le temps de mettre en boîte un premier EP qui voit le jour au printemps 2009 par le biais de quatre labels différents (Cynic Lab, The Left Hand, Weirdo Records et Swarm of Nails Records). Son titre : Reversal. Son effet : immédiat.

Tears|Before / Chronique EP > Reversal

Tears|Before - Reversal Eloge du Chaos et de la destruction, Reversal n'est certainement pas à mettre entre n'importe quelles mains. Tears|Before y déploie sous nos yeux et conduits auditifs avertis, un metal screamo-HxC technique qui part dans tous les sens, vrille les tympans, fait imploser les enceintes et cramer nos neurones en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Tout ça, en l'espace de quelques six titres incandescents exsudant une violence abrupte et corrosive, que le groupe semble vouloir noyer dans un bac d'acide sulfurique. Viscéral. Pour la finesse, on repassera. Car dans sa catégorie, ce groupe-là fait de sacrés dégâts sur son passage. Six brûlots HxC déstructurés, des riffs que les natifs de la province Belluno (Vénétie) empilent à l'emporte-pièce avant de tout faire sauter, appuyant sur un détonateur directement fixé sur le kit du batteur, Tears|Before fait mal, très mal, le sait et appuie juste là où la douleur est la plus épidermique. D'un point de vue rythmique, c'est une véritable épreuve de force, un traitement de choc auquel le combo nous soumet afin d'ébrécher nos tympans et nous faire partager sa furie métallique. Les Italiens carbonisent leurs amplis sous nos yeux, démembrent leurs compos et s'engagent dans une voie artistique qui relèverait quasiment de la psychiatrie. Membranes sensibles s'abstenir.
"Zero", "Thousand dog days", "Portland" autant de coups de poignards que le groupe assène avec l'assurance d'exacerber la sensibilité de l'auditeur, de le mettre dans des conditions extrêmes afin de tester les limites de son instinct de survie auditif. Des riffs qui s'entrechoquent, des hurlements qui déchirent l'atmosphère et une section rythmique qui taille en pièce tout ce qui lui passe sous la main. Reversal ne nous laisse guère de répit : ça braille, ça ferraille, ça passe et ça casse... Au vrai sens du terme. Car tout ce qui ressort de l'EP, c'est une impression de s'être fait joyeusement piétiner par un troupeau de mammouths (vraiment) pas contents. Des morceaux qui semblent perfusés à un cocktail de sauvagerie brute que les Tears|Before distillent avec une efficacité foudroyante, un screamo éruptif et déviant à s'en cogner la tête contre les murs pour se soulager (c'était déjà ça avec les frenchies de Sullivan14 d'ailleurs), ces cinq-là n'y vont pas par quatre chemins et kärcherisent l'assistance. Faisant grimper un peu plus la tension ("Acid"), le groupe sature littéralement l'atmosphère et désormais, chaque titre qui viendra imprimera un peu plus sa marque, indélébile, dans la chair de son auditoire. Double chant pour corser le tout sur "From Vegas" et pouvoir de destruction sonore poussé à son paroxysme (façon Converge meets Celeste meets Norma Jean), sur l'éprouvant "Naked lunch", quoiqu'il fasse, le quintet sème ruine et désolation sur son passage. Alors que des flots de haine coulent à flots dans ses riffs toujours plus abrasifs, le groupe enfonce une dernière fois le clou pour conclure l'affaire dans un climat de violence assourdissante et oppressive. Brutal et féroce...