metal Métal > A Swarm Of The Sun

Biographie > Sous le soleil suédois

A Swarm Of The Sun est le bébé de Erik Nilsson et Jakob Berglund, les deux compères ont évolué dans le milieu de la musique dans plusieurs groupes depuis plus de dix ans. La Suède nous avait déjà livré Cult Of Luna et Lingua, voici venir A Swarm Of The Sun. Bousculant les genres afin de ne pas limiter sa créativité, le groupe tire des influences du post rock, du sludge et du post-hardcore. Erik Nilsson fondateur du Version Studio en 2001 à Stockhölm, transforme par la suite le studio en un label indépendant, appellé également Version Studio. La boucle se referme lorsque le même homme se trouve aux manettes et enregistre son propre groupe, en effet le premier effort de A Swarm Of The Sun, The king of everything a été enregistré au Version Studio et sort également sur Version Studio. À peine sorti son premier opus, le groupe se concentre déjà sur un album entier intitulé Zenith qui devrait sortir fin décembre 2007.

A Swarm Of The Sun / Chronique LP > The rifts

A Swarm of the Sun - The rifts Artwork sobre et sombre magnifique (signé Jakob Berglund), son superbe (signé Erik Nilsson), musique d'une beauté noire exceptionnelle (signée Jakob Berglund et Erik Nilsson), A Swarm Of The Sun semble n'avoir besoin de personne pour sublimer son élément. Pour ce nouvel opus, ils ont quand même fait appel au maître Magnus Lindberg (Cult Of Luna pour ne citer que la plus évidente référence) pour mixer et masteriser et à quelques amis pour colorer les atmosphères avec des instruments aux sonorités particulières (vibraphone, orgue...) ou apporter une autre voix (Anna Carlsson). Et s'ils sont déjà très bons à deux, cette richesse supplémentaire ouvre encore un peu plus le champ des possibles et élargit leur monde qu'on visiterait bien à l'infini.

Un univers où l'on trouve aussi bien des galaxies post-rock intimistes que des nébuleuses instrumental-core avec des nuages d'astéroïdes que les moins habitués aux distorsions chercheront à éviter. En géologie, le rift est une ligne de fracture, souvent agitée, séparant deux plaques gigantesques, ça colle avec cette idée de confrontation de riffs sourds et distordus dans la plus grande tradition sludge à des moments de délicatesse extrême portés par un piano lumineux ou une guitare étincelante. Ca colle mais il y a fort à parier que les Suédois ont choisi ce titre pour ce qu'il signifie en anglais à savoir "division" ou plutôt, si l'on suit la piste du bouquet de fleurs "désaccord". Parce que même si les sensations donnent parfois des frissons telluriques ("Infants", "All the love and glory"), on sent que le duo a voulu exprimer des ressentiments assez personnels (le monumental et très démonstratif "These depths were always meant for noth of us") entre nostalgie ("The nurse", "Years") et tensions orageuses ("The warden", "The rifts"). Et quelque soit le climat créé par le duo, c'est toujours assez simplement beau, comme si leurs compositions musicales cherchaient à atteindre une perfection que les relations humaines sont incapables de fournir.

Alors, certes, oui, il faut être patient (pratiquement 5 ans depuis Zenith puisque Erik Nilsson a sorti un album avec Aoria entre temps) mais ça vaut vraiment le coup de laisser A Swarm Of The Sun bosser à son rythme s'ils offrent toujours des titres de la qualité de ceux présents sur The rifts. Finalement tant mieux, on a quelques années devant nous pour s'en délecter...

A Swarm Of The Sun / Chronique LP > Zenith

A Swarm of the sun - Zenith On n'avait plus trop de nouvelles d'A Swarm Of The Sun après cet excellent EP sorti en 2007 qu'était The king of everything. Nous voici désormais rassurés avec Zenith, tout droit débarqué de la fabrique à merveilles post-rock/métalliques suédoises qu'est le Version Studio (studio/label de Come Sleep, Lingua, Vaka, Kausal...). En fait le groupe était toujours actif, mais préparait simplement dans son coin rien moins qu'une petite bombe à (dé)fragmentation sonique. Patiemment, sans se presser, les nordiques ont façonné pendant plusieurs mois, dix pépites à l'intensité mélodique brûlante plongées au coeur d'un volcan émotionnel qui, du très beau "Lifeline" au sentencieux "The stand", en passant par l'intimiste "This one has no heart" et le surpuissant "Refuge", ne ménagent pas leurs effets de manche. Car les A Swarm Of The Sun distillent un mélange émo-rock/metal/postcore de très haute volée et livrent ici quatre premiers titre flirtant avec les limites de la perfection. Avec brio et un savoir-faire irréprochable, de manière à faire en sorte que leur musique soit en prise directe avec l'âme de l'auditeur. La (grande) classe.
Zenith pourrait s'arrêter là, ce serait déjà pas mal du tout. Sauf que le groupe n'a encore pas dévoilé l'essence-même de son album. Climax de son album : le tsunami sensoriel qu'est l'éponyme "Zenith" met le monde à ses pieds. Instrumentations de très grande classe, crescendo éruptif, grand huit post-rock métallique et chant en totale communion avec le reste, A Swarm Of The Sun accouche ici de quelques dix minutes trente d'un petit chef-d'oeuvre du genre. Difficile de se remettre d'une telle claque..., c'est pourquoi, les suédois ont opté pour la retenue après l'expansif morceau-titre évoqué précédemment. "Repeater" est donc une ballade lunaire toute en pudeur post-rock instrumentale, une petite pause bienvenue pour reprendre ses esprits avant d'attaquer l'ascension des sommets avec le rageur "The worms are out" et un "I fear the end" en forme de catharsis musicale tout droit débarquée du froid. Entre-temps, le groupe aura offert un morceau plus apaisé ("Lifeproof houses") avant de refermer l'album sur un dernier titre tout aussi ambiant et éthéré : "Reaper". Un ultime morceau à la beauté diaphane qui rappelle encore une fois que rare sont les groupes à pouvoir nous retourner de la sorte. Quelque part entre Cult Of Luna, OCOAI et Red Sparowes, A Swarm Of The Sun n'est est donc que plus précieux... et son Zenith, inestimable.

A Swarm Of The Sun / Chronique EP > The king of everything

A Swarm Of The sun : The King of Everything The king of everything est sorti le 30 avril dernier, première production du label Version Studio, cet EP six titres risque de plaire à plus d'un. À ranger entre Pelican, Isis, Cult Of Luna ou Lingua, ce petit bijou a de beaux jours devant lui. Six titres denses et compacts où les atmosphères se disloquent, s'entrechoquent, se bousculent, se réaggrègent sous les amoncellements de guitares, de synthés, de samples, de vibrations sonores intenses.
"Refuge" commence admirablement l'album, entrée en matière brute et efficace, la basse gronde, le mur de guitare se fait hypnotique à la manière de Neurosis, mais explose en un instant pour un climat plus calme et délétère, A Swarm Of The Sun annonce la couleur dès le début, on est presque tenté par un "c'est suédois et ça se voit". Titre éponyme au tempo calculé, éclats de verre en boucle discrète, "King of everything" se fait plus agile et plus millimêtré, un refrain explosif aux frontières corrosives, le magma sonore surgit avec violence, l'intensité atteint alors un pic.
A Swarm Of The Sun sait se faire plus rock, notamment avec le dynamique "The grip" qui est justement très accrocheur, guitare volubile, basse intenable, une intro qui constraste vivement avec la suite du morceau, aux ambiances plus atmosphériques, très lentes et majestueuses, qui se trouvent pulvérisées instantanément par une avalanche de guitares, des notes rapides et aigües, sur un tempo décuplé. Le groupe entrecoupe ses titres magiques de morceaux instrumentaux sublimes, "A mind but not mouth" ou l'incandescent "An animal in the shape of God", ce dernier déroulant lentement sa quintessence tout au long de sa minute trente. Morceau final "I fear the end" est lent et insistant, prolongeant le morceau comme un échappatoire à la fin, guitare lente et répétitive, le morceau tourbillonne dans une spirale qui peut se reproduire à l'infini, une renaissance perpétuelle comme substitut à la mort et à l'extinction sonore.
Ces six titres s'enchaînent admirablement, six titres qui s'écoutent en boucle, et qui n'annoncent que du bon.