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Sullivan14 est aujourd'hui un quatuor francilien qui a su prendre son temps pour sortir un premier EP enregistré en février 2008 par Guillaume Mauduit au Studio Sainte-Marthe (par où sont passés Zuul FX, The Arrs, Ed-Äke, Sna-Fu...). Plusieurs changements de line-up ont retardé leur éclosion nationale et s'ils ont soigné leur travail et semblent intéressés par les noms étranges, Mathieu (chant), Antoine (guitare), François (basse) et Pascal (batterie) n'en ont pas trouvé pour leur première grosse prod' qui est donc éponyme : Sullivan14.

Interview : Sullivan14, interview14 (sept. 2008)

Sullivan14 / Chronique EP > Sullivan14

sullivan14 Ce n'est pas souvent que la France produit de bons groupes dans la mouvance des cultissimes Will Haven, Botch ou Converge alors quand on en a un qui nous tombe dans les oreilles, il ne faudrait pas le louper, voilà donc Sullivan14 et son mélange de métal post hardcore / screamo / prends ça dans ta face. Leur EP (5 titres) commence avec un son éraillé, des riffs qui débroussaillent et un conseil que ne donne pas la prévention routière : "Drink before driving (It's funnier my son)", ils ne respectent pas non plus les limites de vitesse et franchissent la ligne blanche sans regarder dans les rétros, les guitares avancent sans se soucier du reste du monde, le rythme est chaotique, le chant est sur le siège arrière car c'est l'auditeur qui est à la place du mort. Sacrément trituré, le son d'ensemble donne mal au bide et quand on atteint l'oeil du cyclone, on souffre encore, sachant pertinemment qu'on va en reprendre pour son grade dans les secondes qui suivent. Un petit sample et ça repart, le tueur en série "Francis Heaulme" vient taillader nos oreilles et même si la voix se fait parfois plus raisonnable, ce titre est clairement une ode à la démence. Ensuite, on prend deux cours, un premier de langue étrangère, qui peut me traduire "Trong hâu môn mây" ? Un second de mathématique tant ce titre part, en piqué-vrillé, dans une sphère math-rock, les textes sont instrumentalisés (comprendre que le chant devient véritablement un instrument) et renforcent le poids des grattes qui ne sont là que pour détruire le semblant d'harmonie/symétrie qu'elles ont créé. Mon titre préféré. "Preston" est un exutoire où la encore, Sullivan14 ne fait pas de concession au calme, si le tempo se ralentit, c'est juste pour laisser le temps aux bras de frapper plus fort. L'art du plombage continue et accompagne celui du ciselage pour l'ultime pièce "Tout ira mieux demain", les riffs nous tournent autour à toute vitesse, nous assomment et nous titillent pour qu'on puisse reprendre ses esprits, les sonorités s'entrechoquent, l'atmosphère est malsaine au possible et ça dure 10 minutes. Puis le silence, un gros riff et un petit cri, la piste cachée n'apporte rien si ce n'est que ces quelques minutes de calme absolu.
C'est une facilité de dire que tel ou tel album est si bon qu'on peut l'écouter en boucle, je déconseille fortement de faire ça avec ce Sullivan14, ou alors, il faut être sacrément endurant et accroché.