metal Métal > Stuntman

Biographie > Cascade hardcore

Né en novembre 2002 du côté de Sète (Hérault), Stuntman enregistre sa première démo en juillet 2003 et enregistre son premier album, Amon the ruins, presque un an jour pour jour après la formation du groupe. Ledit disque sort en juin 2004 via Prototype Records, label indépendant créé quelques semaines plutôt par les membres du collectif BBBC (dont Stuntman est membre aux côtés notamment de Colorblind et Denizen). Quelques changements de line-up plus tard et des concerts en compagnie d'Einna, Icos et In Other Climes et le groupe retourne en studio en septembre 2005 pour enregistrer un nouveau disque. Intitulé Signed in blood, l'objet, un EP 5 titres, ne sort finalement qu'en juillet 2007, en édition limitée, toujours via Prototype Records. A l'automne 2008, Stuntman figure sur la compilation Falling down, notamment aux côtés d'Aside from a Day, Dirge, Knut, Pelican et Impure Wilhelmina.

Stuntman / Chronique LP > Incorporate the excess

Stuntman - Incorporate the excess Head Records (Pneu, Café Flesh, Jean Jean, Morse...) et Solar Flare Records (Pigs, Sofy Major, Carne...) ont déjà eu pas mal de visibilité dans notre beau webzine dernièrement grâce à des sorties toujours plus convaincantes. Alors quand ces deux labels s'associent, Head Records pour la version CD et Solar Flare Records pour le vinyle, il est difficile de ne pas se dire qu'on tient, avec Incorporate the excess de Stuntman, une galette qui doit faire de vilaines taches partout. Même si de prime abord, la pochette (niveau couleur, ça ne doit pas être très éloigné d'un vomi de Thimoty Leary sous LSD) pique un peu les yeux.

Passée la première piste, une intro' ambiante anxiogène destinée à faire monter les oeufs en neige, Stuntman écrase l'auditeur avec un grind carnassier et quelques phases down-tempo bien boueuses, en mode Brutal Truth meets Crowbar. Une prise de contact conquérante qui devrait mettre à genoux les amateurs du genre. La suite d'Incorporate the excess est bien surprenante avec "Bag of dicks" qui raisonne comme une déclaration d'amour à Bonnie Prince Billy : une mélodie cristalline, une voix à fleur de peau, un songwriting chargé en émotion. Bon, on plaisante hein, "Bag of dicks", c'est toujours règlement de compte à K.O Coral, comme la suite du disque d'ailleurs.

Sauf sur le dernier titre, les musiciens exploitent une facette qu'ils n'avaient abordée que périodiquement jusque-là, la pesanteur pachydermique : un titre majoritairement instrumental de près de 8 minutes où un riff tenace tourne en boucle, rappelant le blues urbain d'Unsane par moment, et lorsque l'électricité semble se tarir, les Stuntman reviennent à la charge avec une salve de décibels bien jouissive. Classique mais toujours bien appréciable. Et autre point positif à mettre à l'actif d'Incorporate the excess, le disque est court et se boit comme du petit lait. Mais un petit lait un peu corsé genre russe blanc.

[fr] Ecoute Incorporate the excess (9 hits)External ]

Chronique Compil : Stuntman, We fucked up our lives - A tribute to Tantrum

Stuntman / Chronique LP > The target parade

Stuntman - The target parade Hardcore noise frontal, distordu, acide, le nouveau Stuntman est dans la veine de ce qu'avait pu balancer le groupe dans les enceintes lors de ses précédents méfaits. Soit comme d'hab' avec eux du gros son qui charcute les tympans à la scie sauteuse, rentre dans le lard brutalement et accélère le rythme soudainement pour enfoncer un peu plus ses coups de poignard dans la chair avant d'éclabousser les amplis de toute sa démence. "Wounds and visions" donne dans la diatribe corrosive, alors "Razors in my eyes" lui répond, en versant des litres de cette rage épidermique qui secoue l'auditeur à chaque nouvel assaut des héraultais. Spasmodique, lourd, monobloc et lesté d'un HxC animal qui butine les tympans comme aucun autre, The target parade est un album qui ne lésine jamais sur la disto ("Idols crash"), décompose sa partition avec une précision métronomique ("Mortgage") et le fait avec une voracité peu commune. Une arythmie passagère, des gerbes sanguignolentes, une atmosphère cendrée et un appel au chaos, l'album est une suite de titres qui s'extirpent du néant pour vomir leur aversion envers la mélodie, exsudant par là-même un nihilisme forcené que ne renierait pas les furieux de chez Celeste. Stuntman semble exécrer le consensuel, les facilités d'un metal hardcore prévisible, aseptisé, vicié ; il leur oppose donc une vision résolument frondeuse de son art ("Living heartless", "Lightning strikes on a pale horse "). Noise, incandescent, sludge et foncièrement destructeur, le groupe envoie un "Fire into water" carboniser les enceintes, un "Sunstroke" piétiner joyeusement ce qu'il nous reste de neurones au fond du bulbe avant que "Feeble fear of truth / I deny" et son riffing volubile biberonné au chant primaire, sévèrement testostéroné, ne vienne parachever son oeuvre. Preuve qu'après avoir signé par le sang son premier album, Stuntman livre ici sa séquelle, toute aussi marquée par la haine et ces douze titres mixant sauvagement sludge-metal déviant et chaoscore noise viscéral.

Stuntman / Chronique Split > Stuntman | Chère Catastrophe

Stuntman | Chère Catastrophe [Split] Stuntman vs Chère Catastrophe, un split vinyl 10', qui sent le souffre et les riffs joyeusement concassés dans les amplis entre deux groupes qui pratiquent l'équarrissage de tympans comme on en trouve rarement dans l'hexagone. Les sudistes de Stuntman enclenchent les hostilités et même pas le temps de prendre son souffle que c'est déjà la guerre dans les enceintes ("Versatile"). Une recette simple : ça gueule, ça braille, ça met les riffs d'abord et ça pose les questions après. Les guitares s'étripent devant nos yeux, le groupe mord dans ses compos comme un affamé et le résultat est aussi incendiaire que sulfurique ("Silk road seizure"). Pour faire court, on en prend plein les esgourdes. Troisième et dernier titre pour les Stuntman que l'on connaissaient bruyants (cf : l'album Signed in blood), et qui démontrent qu'ils n'ont absolument rien perdu de leur verve hardcore corrosive. "Draw the portrait" vient achever les derniers survivants... au rouleau-compresseur. Les zikos envoient la tripaille pendant que l'aboyeur placé au micro vocifère à pleins poumons et que l'auditeur, de son côté, fait ce qu'il peut pour encaisser tant bien que mal les décharges de haines bien cinglantes balancées par le groupe. Que cela soit dit : Stuntman, ça rend sourd.
Place à Chère Catastrophe et à six titres (contre trois) ramassés en une petite dizaine de minutes. Autant dire que les Normands ne sont pas vraiment là pour lambiner en chemin. Leur rayon, c'est le post-HxC/thrash'n'roll super-noïsique (comment ça, ça veut rien dire ?) avec double pédale intégrée et groove à tendance "stoner des familles" qui déchire tout. Et là c'est assez simple, il suffit d'un titre et d'un seul pour mettre tout le monde d'accord. "Light the hit" fait en effet de sacrés dégâts dans la tuyauterie et déballe le matos sans prévenir avant d'enfoncer ses riffs dans la tête de l'auditeur à coup de six-cordes abrasives et de batterie kalachnikov. Mais histoire d'être vraiment sûr, les Chère Catastrophe vont quand même en balancer quelques-uns de plus dans les conduits. Guitares volubiles, section rythmique qui emballe le tout d'une main de fer ("Short rock", "Mustang deluxe"), gros son, grosse caisse et puissance de feu à la Keelhaul, pas de doute, ça ne rigole pas, les Normands ne font pas semblant et rentrent à chaque fois dans le lard. Deux derniers titres voraces et hi-energy pour conclure "#1" puis "Drakkar", et voici que le groupe fait une entrée forcément remarquée dans la catégorie des groupes à suivre de près par le renard des sables.

Stuntman / Chronique EP > Signed in blood

Stuntman - Signed in blood HxC metal rock corrosif, gros défouraillage de tympans, avec Signed in blood, les héraultais avaient annoncé la couleur avant même de commencer à frapper. Alors quand les uppercuts sonores commencent à pleuvoir, inutile de dire que l'on s'accroche au siège et qu'on tente tant bien que mal d'encaisser. Avalanche de riffs destructeurs, un chant qui vomi ses tripes sur les enceintes, des structures difficilement discernables... Stuntman se veut ici l'apôtre d'un joyeux chaos métallique à conseiller quand on veut se débarrasser d'un voisinage encombrant. Car dans la catégorie : "bruyant et dévastateur", les natifs de Sète en imposent. "Jackal" et "Renegades" se chargent de bien ratisser le terrain au bulldozer et là forcément, les influences s'accumulent (en vrac et au choix : Botch, Akimbo, Buried Inside, Llorah) et comme on en veut en-core, le groupe lâche les chevaux et les riffs qui dépouillent avec dans le délicieux et satiné "Bloody castration" (sic).
En français on appelle ça un vrai carnage métallique... et c'est jouissif. Car Stuntman fait simple, brut, limite primaire, mais d'une froide et féroce efficacité. Rythmiques effrénées, un batteur qui matraque ses fûts comme un forcené, des gratteux qui mettent tout ce qu'ils peuvent dans des lignes de grattes destructurées à souhait (et un petit coup de Dillinger Escape Plan par ici) pendant que le chanteur se contente de kärcheriser tranquillement l'assistance en se vidant les entrailles dans le micro. Autant dire qu'en live, le show doit valoir son pesant de cacahuètes. En attendant, on revient au CD et on poursuit la séance de concassage métallique avec le sympathique et sulfurique "Sacrifice healing". Bulldozer HxC mâtiné de math-metal noisy machin truc chose techniquement irréprochable, Stuntman n'y vas pas avec le dos de la cuillère et aurait plutôt tendance à écraser une fourmi avec un 38 tonnes. Après 4 titres, pardon 4 brûlots dévastateurs au feeling schizophrénique, le groupe s'offre une sortie inattendue avec une reprise de Black Sabbath : "Sweet leaf". Et le passage du rock heavy/stoner des américains en mode hardcore sauvage frenchy se fait sans coup férir, dans le sang mais avec classe et une brutalité assumée.