metal Métal > Stray From The Path

Biographie > Long Island Hardcore (punk)

Stray From The Path Né en 2001 du côté de Long Island, New York (USA), Stray from The Path se distingue dès ses débuts par sa grande productivité. 3 albums long-format en 3 ans (People over profit en 2002, Audio prozac 2003 et Our oceania en 2004) tous sortis en indépendant permettent au groupe de se forger une solide réputation sur la scène hardcore-punk alternative nord-américaine. Pas mal de bouleversements de line-up plus tard (un peu comme chez nombre de leurs contemporains), voici que les new-yorkais signent en 2007 chez Sumerian Records (After the Burial, Born of Osiris, Stick To Your Guns, Veil of Maya...), un label qui n'en est alors qu'à ses balbutiements mais qui va progressivement devenir l'une des places-fortes de la scène rock/metal alternative continentale (voire au-delà des frontières américaines).

Sous la bannière de sa nouvelle maison de disques, SFTP sort son quatrième album studio long-format avec Villains en 2008 avant de remettre le couvert dix-huit mois plus tard pour Make your own history et d'observer le même délai de gestation avant de donner naissance à Rising sun qui voit le jour à l'été 2011. Devenu entre-temps un groupe majeur de sa catégorie musicale, Stray from The Path tourne massivement aux USA ou sur le continent européen, en compagnie notamment d'Every Time I Die, For Today, Norma Jean, The Ghost Inside, Underoath ou ses voisins de labels.

Eté 2013, c'est encore une fois via Sumerian Records que le groupe livre son septième album studio en 12 année de carrière. Son titre : Anonymous.

Stray From The Path / Chronique LP > Anonymous

Stray From The Path - Anonymous Alternatif, hardcore et punk : trois qualificatifs qui collent littéralement à la peau d'Anonymous, le (déjà) septième opus long-format des New-Yorkais de Stray from The Path. Un disque majuscule qui, dès les premiers instants, accroche la platine comme rarement à ce niveau : la preuve avec ce "False flag" qui verrouille sa cible en quelques secondes avant de la soumettre à un bombardement massif de décibels qui remettent bruyamment les idées en place. "Badge & a bullet" déboule avec un groove en fusion, quelque part entre un Rage Against The Machine biberonné à la testostérone et un Letlive. qui se serait racheté une paire de bollocks après son The blackest beautiful assez décevant, car manquant de nerfs, de rage, de furie...

Soit plutôt ce que l'on retrouve sur Anonymous. Lequel ajuste encore une fois l'auditeur dans sa ligne de mire avant de procéder à une exécution sonore en bonne et due forme ("Radio"). Précise et sans concession, l'efficacité sidérante des Américains en met plein la vue comme dans les enceintes. Le groupe aligne les ogives, envoie son riffing fracassant démonter quelques vertèbres comme un chant qui passe son temps à s'époumoner avec un charisme hallucinant ("Scissor hands"). Flow déflagrateur, des gangvocals qui cartonnent et ravagent des mélodies intensément éraillées, irrémédiablement addictives, Stray from The Path réalise jusqu'ici un impressionnant sans faute. Et comme le groupe ne semble pas vraiment vouloir baisser de pied, il en remet une couche, enchaînant sans coup férir le vénéneux "Black friday" puis une volée de titres qui ne ralentissent jamais le rythme.

On concédera, non sans une certaine objectivité, que le format ici proposé par les SFTP se révélera certainement un peu trop répétitif pour certains, mais force est de constater que l'énergie mise par le groupe dans son écriture, comme dans la réalisation formelle de ses morceaux compense largement ce petit déficit d'originalité pure. Parce que dans le même temps, les petites finesses que réserve le groupe apparaissent ci et là, au fil des écoutes répétées, au détour d'un riff, d'une ligne de chant et, l'air de ne pas y toucher ("Counting sheep"), celui-ci se révèle moins prévisible qu'il n'y paraissait au premier abord. Une petite touche mathcore sulfurique à la Dillinger Escape Plan, une dose de rock hardcore façon Every Time I Die, un zeste de ce qui fait le côté bestial d'I Killed the Prom Queen et on emballe le tout avec une production énorme ("Slice of life", "Tell me I'm not home"), sans oublier une maestria qui rappelle qu'au rayon blockbuster de sa catégorie, Stray from The Path tient le haut du panier. Et le prouve une dernière fois en s'offrant en final de cochon : "Landmines" + l'éponyme et terminal "Anonymous".

Sauvage et incisif, Anonymous est aussi nerveux que calibré pour faire intelligemment mâl(e) : on vient de se faire engueuler pendant 38 minutes et des poussières et pourtant l'effet est incontestablement salvateur.