Stomb - the grey "The complex", près de neuf minutes de méandres métalliques avec un nom évocateur que l'on peut adjectiviser histoire de se mettre dans le bain tout de suite : [Stömb] ne fait pas du tout dans la facilité. Et en parler n'est pas forcément aisé non plus, comment décrire cette musique qu'on a du mal à identifier et à comparer avec quelque chose de connu ? Même si le quatuor joue sur les contrastes, ce n'est pas du post hardcore, même si les constructions peuvent parfois sembler savantes et alambiquées, ce n'est pas non plus du math métal, doit-on parler de métal prog ? On n'est pourtant pas tout près de Porcupine Tree, on va donc se résigner et se simplifier la tâche en présentant [Stömb] comme un groupe de métal instrumental excellent.

Une approche hors du commun, une aisance technique phénoménale sont des avantages certains mais si c'est pour créer des titres ennuyeux et plats, ça ne sert à rien, ceux présents sur The grey sont d'une richesse infini, on ne s'arrête pas à 50 nuances mais on va bien plus loin avec dix morceaux qui s'étendent au-delà des 6 minutes (sauf l'interlude "The crossing" à la clarté reposante et "Rise from nothing" qui tendu et nerveux s'arrête 20 secondes avant la barre annoncée) et nous emmène dans un univers sombre, tortueux et excitant car on ne sait jamais ce qui nous attend à la prochaine mesure.

Enregistré par leurs soins, mixé par ceux d'Andrew Guillotin (Danforth, Evolvent, Monolithe...), masterisé par Acle Kahney (le guitariste de TesseracT), dessiné au Strychneen Studio (une si ce n'est la référence ces dernières années en terme d'artwork de très grande classe, la preuve avec ceux déjà réalisés pour Hacride, Noein, Trepalium, Klone, Khynn, The Arrs, Memories of a Dead Man...), The grey cumule les qualités techniques et artistiques, plus qu'une révélation c'est déjà une démonstration de talents à l'état pur.