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Stalker a été formé à l'été 2006, du côté de Gênes (Italie), par d'anciens membres du groupe Kafka. En 2006, Alberto d'Ex-Otago rejoint le groupe qui, après une année de répétition et sessions de composition, affine son style, entre post-rock/hardcore et stoner (entre Kyuss, Black Sabbath, Amen Ra et CoL...). En 2008, désormais composé de Mauro, Luca G., Michele, Luca V. et Alberto, Stalker sort son premier EP éponyme...

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Stalker - Stalker Artwork froid, clinique et industriel, une mise en image qui va précipiter notre découverte de Stalker. Et pour cause... Cinq titres, cinq brûlots post-hardcore/stoner, une collision frontale entre un Amen Ra et un Kyuss, une fusion incandescente entre Cult of Luna et Pentagram, le tout passé dans le broyeur et nettoyé à sec pour en ressortir le présent EP. Une intro patiente et languissante, qui déjà nous met sous pression, en attendant la déflagration. Les prémices du chaos, des ambiances stoner psychées posées à même le sol, avant que celui-ci ne se lézarde sous les coups de boutoirs d'un groupe qui a la rage chevillée au corps. Harangue HxC, gros riffs corrosifs et agressivité épidermique, forment la ligne directrice de "Wave you hand goodbye", premier titre de Stalker. Une petite mise en jambe pour se dégourdir les articulations et les italiens enclenchent la marche avant sans sourciller. "Alpha strategy" déboule alors dans les enceintes. Gorgé d'électricité, le hurlement rageur, une construction en deux temps, une alternance des passages les plus rugueux et de moments d'apaisement relatif, le quintet maîtrise son jeu, aussi tortueux soit-il.
Chantées en italien ou plutôt vociférées sinon jetées à la face de l'auditeur, les compos transpirent une violence froide qui ne demande qu'à se consumer dans les riffs saignants que nous servent les Stalker. Stoner postcore salvateur imprégné d'un discret psychédélisme narcotique, la musique du groupe s'enfonce dans la noirceur indicible de "Pollyanna". Et on comprend alors le parallèle entre la musique du groupe et le film d'Andreï Tarkovski qui a inspiré son pseudonyme au groupe présentement chroniqué. Dans le film, le "stalker" est un passeur, un personnage énigmatique chargé de guider un écrivain et un professeur de physique vers un endroit dont personne ne sait exactement ni où il se trouve, ni ce qu'il est. Un lieu mystérieux qui suscite d'innombrables interrogations et qui excite l'imaginaire, une sorte de Lost version russe réalisé à la fin des années 70 par un maître du 7eme art. Le parallèle est tout trouvé avec l'identité visuelle de cet EP et l'atmosphère si particulière de ce mini-album qui jongle avec les styles musicaux pour mieux brouiller les pistes ("A.L.I.C.E"). Guitares acérées comme des lames de rasoir, section rythmique qui bétonne et toujours ce chant éruptif qui fait sa marque de fabrique, Stalker livre avec "Falling stones", l'épilogue idéal d'un premier EP inaugural puissant, ravageur et addictif qui mérite assurément une suite...