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Biographie > petit historique

Springfield est la ville des Simpsons mais aussi celle de Staind ! En fait, il existe tout un tas de Springfield aux USA et la ville du Massachussetts (à l'ouest de Boston) est la bonne dans le cas présent... Mike Mushok (guitariste) et Jon Wysocki (batteur) se connaissent depuis le lycée, c'est d'ailleurs là qu'ils ont l'idée de monter un groupe... C'est le jour de Noël 93 que Mike rencontre pour la première fois Aaron Lewis (chanteur), ils discutent musique et Aaron appelle Mike 3 jours plus tard, désirant essayer de chanter dans son groupe, il lui dit qu'il va le rappeler après les fêtes. Mais pendant prés d'un an, Mike n'entendra plus parler d'Aaron ! Pour ses études il a du partir à Atlanta et oublier ses projets. C'est à son retour qu'il recontacte Mike, comme il n'a toujours pas formé de groupe, Aaron est le bienvenu, un pote d'Aaron tiendra la basse dans les premiers temps avant d'être remplacé par Johnny "old school" April. Nous sommes à la fin de l'année 94 et le groupe commence à travailler. Leur premier album : Tormented sort en novembre 1996, autoproduit, il se vend à leurs concerts. Il est aujourd'hui réédité et disponible sur leur site de VPC. Un an plus tard, en octobre 97,ils ouvrent pour Limp Bizkit (qui n'est pas encore devenu le Limp d'aujourd'hui) et Fred Durst est époustouflé par leur prestation(alors qu'il n'avait pas apprécié leur pochette "satanique"...). Quelques mois plus tard (en février 98), ils étaient officiellement signés chez Flip Records, largement appuyé par Fred Durst (qui est co-responsable de cette boîte de prod'). Ils enregistrent un nouvel album qui sort aux Etats-Unis le jour de l'anniversaire d'Aaron (le 13 avril). A peine un an plus tard Dysfunction s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires. Ce succés les amène sur le Family Values Tour et les petits frenchies à l'affut que nous sommes découvrent une perle qui se fait rare sur le vieux continent... Cela change avec le troisième album du groupe Break the cycle qui, une semaine aprés LaTeRaLus (soit le 22 mai 2001), explose les charts US avec plus de 700.000 albums vendus la première semaine. La folie Staind s'empare des Etats-Unis (ils enregistrent même un MTv Unplugged) alors que les Européens doivent faire importer l'album (ou le télécharger...) pour pouvoir en profiter... Les maisons de disques européennes réagissent et fin août le nouvel album de Staind débarque enfin (squattant la place de N°1 en Angleterre), les populations nons averties vont enfin pouvoir profiter pleinement de la magie Staind, du moins sur album car pour les concerts, il va encore falloir attendre un peu... (sauf si on est allé au Pukkelpop !!!).

Staind / Chronique LP > The illusion of progress

staind : the illusion of progress De retour chez RoadRunner après un Chapter V qui ne nous avait pas été envoyé (2005), Staind délivre un The illusion of progress qui malgré son titre, ne donne même pas l'illusion d'un quelconque progrès... Au contraire. Si après la trilogie Tormented, Dysfunction et Break the cycle, on avait intégré les nouvelles aspirations (plus calmes) du combo avec le très émouvant 14 shades of grey, il semblerait que la bande d'Aaron Lewis pense davantage à faire mouiller les pucelles qu'à faire bander les métalleux.
Les alternances entre moments de douceur et de rage qui faisaient tout l'intérêt du groupe ont disparu pour laisser la place à des ballades à peine musclées où Aaron étire sa voix pour nous arracher une larme (de déception), certaines sont assez jolies, il faut bien l'admettre, mais d'autres sont suffisamment mielleuses et calibrées pour MTv qu'on peut se demander si le groupe va un jour revenir à ce qu'il était et sortir de l'ombre du succès du tubesque "It's been a while". D'ailleurs, le groupe nous l'offre en bonus acoustique (ainsi que "Schizophrenic conversations"), bien conscient que les "vieux" fans ne se satisferont pas de la douzaine de titres où les arrangements et les belles orchestrations pleuvent alors qu'on attendait des ruptures abruptes et sèches. "Break away" ou "Rainy day parade" ont bien quelques accès de violence mais elle est contenue et les guitares ne saturent que proprement, les titres sont sympathiques mais sans plus. Si un groupe inconnu avait sorti The illusion of progress, on aurait certainement pu apprécier ces titres un peu rouillés par la pluie mais sur le boîtier, il est écrit Staind et ce Staind là est plutôt ennuyeux.

Staind / Chronique LP > 14 shades of grey

staind : 14 shades of grey Après le triomphe mondial de Break the cycle, Staind a pris du repos, a enregistré un concert unplugged (sorti en DVD) et s'est remis à composer avec cette fois-ci, une très grosse pression... ils sont attendus partout et par tous...
Le nouvel album sort en mai 2003, 14 titres et 14 shades of grey, 14 nuances de gris, le groupe n'était pas connu pour montrer une joie débordante mais le livret (très sombre) et la pochette (très sobre) met en évidence que Staind ne respire pas la joie de vivre. On sait que la mort de Layne Staley (chanteur d'Alice In Chains) le 5 avril 2002 a durement marqué Aaron qui a écrit un titre sur Layne mais plus que ce titre ("Layne"), c'est tout l'album qui est marqué par le fantôme d'Alice In Chains... D'un néo-métal efficace mais pas trés constructif mélé à des balades imparables, Staind est passé à du grunge rock posé, mélodique et mélancolique. Certainement que le travail effectué pour leur concert unplugged a également permis au groupe de se rendre compte de leurs capacités à jouer des titres moins hachés. Ce 14 shades of grey présente donc un nouveau Staind, certes il reste quelques relents de néo-métal basique ou de compos faciles ("Price to play", "Yesterday", "Falling down") mais elles se noient dans une masse de compos richement arrangées et aux mélodies prennantes. Aaron Lewis dédouble très souvent son chant et lui donne ainsi davantage de relief mais ce qui donne toute leur chaleur à ses teintes de gris, ce sont les orchestrations symphoniques ("Reality", "Could it be") et les sonorités trouvés par Mike Mushok ("How about you", "Fray"). Comme la dynamique et les rythmes sont parfaitement maitrisés ("Fill me up", "Blow away"), Staind nous promène à travers sa palette de gris avec une facilité déconcertante, se permettant même de terminer par "Intro" et de se risquer à des effets peu attendus. Staind a pris des risques avec ce 14 shades of grey, mais à l'instar du morceau hommage à Alice In Chains aurait pu tomber dans la parodie (son intro guitare chant ultra typé, le ton...), le groupe s'en sort magistralement. Le meilleur album de Staind ? Probablement...

Staind / Chronique LP > Break the cycle

staind : break the cycle Staind propose ce que j'appellerais un "métal inelligent", celui qui fait la part belle aux mélodies, aux ambiances, qui ne lâche pas uniquement les accords pour faire jumper les foules de kids... D'ailleurs cet album est preque plus rock que métal, jamais on ne retrouve l'agressivité d'un "Raw", titre qui les a pourtant rangé dans la catégorie "néo-métal", celle-là même qui n'a plus trop de sens aujourd'hui... L'opus commence avec deux des titres les plus violents : "Open your eyes" et ses harmoniques artificielles et "Pressure" et ses riffs lourds, sa basse vrombissante et ses rythmes déhanchés. Mais la voix d'Aaron ne tombe jamais dans les graves qu'il maîtrise pourtant très bien. Les back vocals sont également très présentes, elles résonnent comme un lointain écho. La douceur mélancolique du chant prend toute sa dimension sur "Fade", l'état dépressif dans lequel semble constamment jouer et vivre le groupe transparaît un peu plus sur ce titre où la rage est contenue. Cette tristesse s'exprime par la musicalité du chant, par les sonorités et également par les paroles, on en vient presqu'à pleurer à l'écoute d' "Epiphany" ("cause it's always raining in my head") ou "For you" ("the silence is what killes me / I need someone to help me"). Cette amertume face au manque de communication entre êtres humains se transforme en rancune sur quelques passages, "Change", "Can't believe" ou "Suffer" en sont la preuve, c'est aussi sur "Can't believe" que s'exprime le plus nettement l'influence des Deftones sur la musique de Staind. Pour les passages plus aériens, plus calmes, il faut aller chercher chez Tool une telle pureté dans le chant ou du côté de Seattle pour l'ambiance "rock pluvieux"... Staind m'a également donné envie de réécouter Shovel (RIP). Outre "It's been a while" dont la simplicité et l'efficacité sont connues de tous, un autre titre bénéficie d'une aura particulière... "Outside", si le morceau commence tranquillement, le pont qui nous amène au somptueux refrain est superbe, ensuite, il est impossible de se défaire de la mélodie, dommage que la version live accoustique en bonus n'apporte pas grand chose (sauf un sticker "featuring Fred Durst from Limp Bizkit"). Au final, Staind nous livre un album chargé de peine, de douleurs, de relations torturées, un album composé de guitares lourdes ou éthérées, de rythmiques légères ou pesantes sur lesquelles se pose un chant magnifique plus homogène que par le passé, un album humain.