metal Métal > Spank

Biographie > Tu la veux la calote hein ?

"Spank", ça veut dire fessée en anglais (si si, même que je suis allé vérifier dans le Harrap's édition de poche) et c'est surtout l'histoire de Tom (Maréchal Ferrand), Bob (Mitrailleur ès riffs), Brice (bassiste technique venu tout droit des Balkans) et Jean-Phi (chanteur, hurleur qui ne fait QUE dans la finesse - sic), quatre gus qui veulent monter the groupe, enfin un truc qui va leur permettre de se défouler et de passer dans une centrifugeuse un peu tous les styles de musiques qu'ils apprécient pour trouver le son de Spank.
Et c'est là que ça se complique, les goûts et couleurs de ces gaziers allant du metal bien bourrin à la musette californienne (si si, paraît que ça existe). Une fois quelques compos bien travaillées et chantées en français (paraîtrait que ça glisse plus doucement sur le papier), Spank se décide à livrer un premier essai. Une démo 4 titres sobrement baptisée Moment d'absence qui a pour objectif de brutalement fesser son auditeur.

Spank / Chronique EP > Moment d'absence

spank_moment_d'absence_artwork Un intro rentre-dedans bien comme il faut, des breaks instrumentaux qui arrachent les platines, ce premier maxi-CD signé Spank démarre plutôt fort, il faut le reconnaître. Mais le soufflet retombe pourtant très rapidement. Chant manquant quelque peu de coffre, une production honnête mais pas assez lourde et massive, l'éponyme "Moment d'absence" ne convainc pas. Le constat est dur mais même si la musique du combo reste percutante le texte pose problème. Déjà en anglais ça serait limite, mais là, en plus en français, c'est rude et assez décevant. D'autant que dans la structure même du morceau, les instrumentations sont plutôt en retrait pour laisser la place au chant, avec le résultat que l'on sait. Intention louable s'il en est mais qui n'a d'intérêt que si la sauce prend. Et là elle ne prend pas. Verdict similaire pour "Doux refrain".
Pour autant, Spank parvient à se relancer et faire de "Corps à core" (jeux de mot quand tu nous tient...) et d'"Explore", des titres plus que convaincants. Rageurs, bruts de décoffrage, ces deux titres font preuve d'une énergie assez communicative et bénéficient largement de la présence de quelques riffs de gratte bien placés et d'une section rythmique imposante, malgré la qualité de la prod. Le tout avec en petit bonus quelques fulgurances "brutal métal" qui en mettent plein les gencives. Cet EP navigue donc entre le bon et le moyen, voir le très moyen, surtout quand le groupe se laisse aller à ses délires en incluant une petite plage de musette. Décalé dira-ton, après... les goûts et les couleurs de chacun, c'est toujours très subjectif.
La volonté assumée d'en découdre, des riffs de bûcherons scandinaves, de l'énergie à revendre, Spank nous offre le temps de 4 titres autoproduits (deux très convaincant, les deux autres assez décevants), ce qu'ils ont dans le ventre. Sera-ce suffisant pour s'imposer sur une scène metal française foisonnante, l'avenir le leur dira.